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Desbro menace de vendre son usine aux Malgaches
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Desbro menace de vendre son usine aux Malgaches
Desbro, le principal fabricant mauricien de fers de construction, menace de mettre la clé sous le paillasson, de licencier ses 272 employés dont 110 stagiaires et de vendre à Madagascar des équipements encore emballés dans leurs 400 caisses d?origine. Elle ne peut tolérer plus longtemps les inexplicables lenteurs administratives et les ingérences de l?Etat. Après avoir frôlé la banqueroute, cette entreprise connaît une certaine prospérité grâce à une nouvelle direction. Elle investit Rs 8 millions dans la modernisation de ses équipements et de son système de production. Elle s?exaspère toutefois car une demande d?augmentation des prix, en date du 12 février 1979, attend toujours une réponse officielle. Elle est pourtant motivée par une hausse des prix des matières premières sur le marché mondial. ?Si nous étions des importateurs, nous aurions eu la réponse attendue dans les 48 heures?, se plaint Desbro. Les producteurs sont la cinquième roue de la charrette. On les traite comme des voleurs et des vilains. L?Hôtel du Gouvernement veut les mettre en faillite comme il le fait pour les compagnies d?autobus. Il n?est pas question de faire faillite à cause d?une poignée de fonctionnaires attendant on ne sait quoi. L?Etat n?a pas à dire au secteur privé comment diriger une entreprise. On veut étatiser Desbro sans lui donner des subsides.
MM. Mario Julienne et Francis Masson expliquent que Desbro doit digérer une hausse de Rs 506 par tonne de matières premières importées et une augmentation salariale sans pouvoir augmenter ses prix contrôlés par l?Etat. La demande d?augmentation est examinée successivement par trois ministères (Prix, puis Commerce et enfin Industrie) ainsi que par des comités conjoints à deux de ces ministères. De là elle prend la direction de négociations tripartites. Celles-ci propose une augmentation des prix insuffisante de Rs 425 par tonne. Les Finances exigent ensuite d?étudier le dossier. En dernier lieu, c?est le Bureau du Premier ministre qui exige d?être mis au parfum. On perd du temps dans des broutilles alors que Desbro a déjà réclamé une nouvelle révision des prix pour juillet 1979. On oublie volontiers que Desbro permet une économie annuelle de devises étrangères d?une valeur de dix à quinze millions de roupies.
Desbro a acheté des équipements d?une usine indienne. Elle ne les déballera que lors qu?elle recevra la garantie de pouvoir opérer avec la latitude voulue. En attendant elle peut toujours les vendre à une usine étrangère pouvant travailler avec un gouvernement plus compréhensif et moins dictatorial. Desbro accuse, au mieux, certains fonctionnaires de protéger indûment des importateurs au détriment de producteurs locaux.
Les instituteurs sont également mécontents depuis la publication du Rapport Richard. Ils se mettent en grève, paralysant l?enseignement primaire. Les grévistes, au nombre de 5 000, répondent à un mot d?ordre de la GTU et de l?UPST. Ces deux syndicats n?ont guère apprécié une déclaration parlementaire de Seewoosagur Ramgoolam. Les collèges privés sont également affectés par une grève d?enseignants, solidaires aux 21 collègues licenciés par le collège Impérial de Curepipe. A l?université, de même, une majorité d?étudiants refusent toujours de reprendre les cours. Même des Senior Teachers ne suivent pas la consigne de leur syndicat de ne pas se mettre en grève. Des instituteurs rencontrent Sir Seewoosagur Ramgoolam et lui réclament la publication de la partie du Rapport Richard ayant trait à la restructuration syndicale. La Riot Unit prend position, depuis, devant les bureaux de l?Education à la rue Edith-Cavell, Port-Louis.
Loin de toute cette agitation syndicale et scolaire, Emmanuel Juste présente aux lecteurs de l?express le livre d?André Masson, Chants de l?exil et photos mystiques, le résultat de la quête inlassable d?Absolu que poursuit l?auteur depuis des décennies. Des pages de pure beauté, de pure souffrance, de souffrance insoutenable présente dans chaque poème. Les Chants de l?Exil est la résonance de toute une vie. La mort chez Masson devient rédemption, re-naissance. André Masson demande pardon aux siens (sa femme et ses six enfants). Pardon de s?être noyé pour n?avoir pas su marcher sur les eaux.
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