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« Il faut dire notre fierté d?être Africains »
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« Il faut dire notre fierté d?être Africains »
Nous célébrerons l?Africa Day cette semaine. Quelle signification accorder à cette journée ?
L?Africa Day est associé à la dignité africaine. C?est une occasion pour nous de regarder vers l?avenir avec l?espoir de relever les défis. Cette journée nous permet de réfléchir sur notre identité et nos réussites sur le plan socioéconomique, de nous souvenir d?où nous venons et de dire notre fierté d?être Africains.
Quel est l?avenir des relations économiques entre l?Afrique du Sud et l?île Maurice ?
Nos relations sont très cordiales. Des liens très forts existent entre nos deux peuples. Nous voudrions voir nos niveaux de développement économique se propager dans la région, que ce soit au niveau de la Southern Africa Development Community (SADC) ou de la South African Customs Union (SACU). Cela se fera par des coopérations bilatérales et trilatérales. Cette dernière est une innovation sur la scène internationale en termes d?accord de coopération. Nous devons identifier les projets où les pays ont des intérêts communs et les faire décoller en donnant de l?emploi et en partageant nos ressources et nos talents dans l?unité.
Cette unité a joué au sommet de l?OMC à Cancun en septembre dernier?
Les choses ne se sont pas déroulées comme certains l?auraient voulu. Mais la diplomatie est ainsi faite que l?on peut faire de l?arm twisting derrière les rideaux. Des tentatives sont en train d?être faites au niveau bilatéral ou à travers des conventions pour amener le G 20 à changer de position. Ce n?est pas la technique de la carotte et du bâton, mais plutôt de la carotte et de la privation. On fait miroiter la carotte mais, si le pays ne cède pas, on retire le tout. Si le cycle de Doha doit progresser, il doit y avoir des compromis. L?Union européenne et les États-Unis, semble-t-il, sont prêts à revoir certains aspects de la question de subventions agricoles, par exemple.
Maurice dépend de cette structure de subventions. L?accord préférentiel avec l?UE sur le sucre en découle directement?
Voyons l?autre aspect des choses. Maurice a une industrie sucrière qui date de l?ère coloniale. L?Accord de Cotonou donne à Maurice un traitement préférentiel grâce à des conditions spéciales pour l?achat du sucre chaque année. Je suis certain que le leadership à Maurice a une vision qui dépasse la dépendance sur ce type de préférences. Il faut être réaliste et se dire que chaque économie doit changer pour rester compétitive. L?Afrique du Sud et Maurice sont les deux économies les plus développées dans la SADC. Elles se dressent peut-être parfois l?une contre l?autre parce que leurs positions divergent.
Maurice s?apprête à présider la SADC. Qu?attend l?Afrique du Sud de cette présidence ?
Maurice a présidé la SADC pour la dernière fois en 1994. Il est opportun qu?elle la préside à nouveau, à un moment où la SADC va travailler à la mise en ?uvre de son Regional Indicative Strategic Development Plan. Depuis l?an 2000, la communauté se restructure, nous voulons centraliser le secrétariat et le renforcer. Nous voulons lui donner les moyens nécessaires pour qu?il puisse traiter avec efficacité les questions d?intégration régionale et de développement. Maurice est un pays orienté vers l?action. Elle exercera très bien ses responsabilités vis-à-vis de la région et lui donnera le leadership pour lequel elle est reconnue.
Vous avez quand même choisi de négocier seul des Trade and Development Cooperation Agree-ments (TDCA) avec l?UE alors que les autres pays d?Afrique ont choisi la carte de l?unité. Pourquoi ?
Pour que l?on reste compétitif sur le marché international, il nous faut négocier un TDCA avec l?UE. L?économie d?autres pays n?en aurait pas bénéficié, s?ils avaient opté pour la même voie. Qu?allaient-ils obtenir après tout? Nous avons appris à être pragmatiques dans nos négociations.
L?Agoa III pourrait ne pas être voté. L?Afrique du Sud participe-t-elle au lobbying pour le faire voter?
L?Agoa ne peut pas être une fin en soi. Ce n?est qu?un moyen et une opportunité que l?Afrique australe doit utiliser pour poursuivre le chemin du développement et l?intégration dans l?économie globale. Pour un pays comme Maurice, il serait souhaitable que l?Agoa III soit voté. Mais on doit penser aux alternatives. Nous ne devons pas être dépendants uniquement d?un bloc économique ou d?un pays pour notre survie ou une reprise économique. Le principal partenaire de l?Afrique du Sud est l?UE, mais nous accordons aussi beaucoup d?intérêts à nos activités économiques en Afrique.
« Pour un pays comme Maurice, il serait souhaitable que l?Agoa III soit voté. Mais on doit penser aux alternatives. »
Propos recueillis par Rabin BHUJUN
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