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Changement politique en Inde : l?offshore mauricien dans l?attentisme
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Changement politique en Inde : l?offshore mauricien dans l?attentisme
Les résultats des dernières élections en Inde ont prit les marchés de court. Peu d?investisseurs étrangers accordaient une chance au Congrès. Avec la venue d?une nouvelle équipe gouvernementale, c?est l?attentisme, voire l?inquiétude, qui s?installe dans les milieux des affaires. La juridiction de l?offshore mauricienne, qui sert de transit par excellence pour les investissements étrangers vers la Grande péninsule, est concernée au plus haut niveau.
?Les investisseurs préfèrent attendre d?autres développements politiques avant de s?aventurer. Les marchés veulent prendre la mesure de l?impact du soutien des communistes au gouvernement du Congrès?, commente Uday Gujadhur, le Managing Director de Multiconsult, l?une des principales Offshore Management Companies (OMC) à Maurice. ?Nos clients adoptent généralement une attitude de wait and see. Mais nous n?avons pas reçu jusqu?ici des instructions pour annuler des transactions en cours sur l?Inde?, précise-t-il toutefois.
Les milieux des affaires craignent en effet que la participation des partis gauchistes (en tant qu?allié interne ou externe) à l?alliance dirigeante puisse ralentir, ou même remettre en question, le processus de réformes enclenché par le Bharatiya Janata Party (BJP). Les inquiétudes tournent principalement autour du programme de privatisation. Le précédent régime avait même institué un ministère qui allait être responsable des désinvestissements publics.
La mise en vente des actifs de l?Etat a beaucoup galvanisé les marchés financiers. ?Au cours de ces derniers neufs mois, il y a eu un regain des investissements étrangers vers le marché indien. Un ralentissement dans le processus de privatisation enverrait un mauvais signal aux investisseurs étrangers?, constate Uday Gujadhur
Enthousiasme non partagé
Les communistes s?opposent à la privatisation pour des raisons idéologiques. Si l?on ne peut pas imputer de tels motifs au Congrès, il n?en demeure pas moins vrai que ce parti ne partage pas l?enthousiasme de son prédécesseur sur la question. Le parti de Sonia Gandhi s?engage, selon son manifeste électoral, à consolider les entreprises publiques dans les secteurs stratégiques et à éviter que la vente des biens de l?Etat ait comme motivation première de dégager des revenus pour financer le budget du gouvernement.
D?autres réformes pourront être touchées par une influence trop prononcée des communistes sur les politiques économiques. Les entreprises s?inquiètent que la nécessaire refonte des lois du travail puisse prendre un mauvais coup. Les entrepreneurs ont longtemps souhaité un marché de travail plus flexible afin de mieux gérer les restructurations, les recrutements et les compressions de personnel.
Il y a certes des raisons d?espérer. C?est bien le Congrès qui a initié la libéralisation de l?économie indienne au début des années 1990. ?Les marchés accueilleront positivement une éventuelle nomination de Manmohan Singh, le père de la libéralisation économique de l?Inde, au poste de ministre des Finances?, estime Couldip Basanta Lala, le directeur d?International Financial Services (IFS), une OMC qui traite principalement sur le marché indien.
Il y a donc une chance pour la continuité. Le BJP s?était largement inspiré de la philosophie économique du Dr Manmohan Singh. Dans une certaine mesure, le Congrès pourra reprendre les politiques qui furent les siennes durant la première moitié des années 1990. ?Ce n?est que le prochain budget qui pourra donner une indication claire de l?orientation économique du nouveau gouvernement?, affirme cependant le directeur d?IFS.
Déjà, le prochain ministre des Finances indien devra s?attaquer à une vaste réforme de la fiscalité directe et indirecte. Le successeur de Jaswant Singh aura la responsabilité de mettre en ?uvre les recommandations d?un comité du défunt Parlement (composé de membres de tous bords politiques) sur le système de taxation.
L?une des principales propositions est de ramener tous les services sous le filet fiscal. La taxe sur les capital gains des titres cotés en Bourse est également concernée. Le changement vise à encourager les investissements à long terme dans les actions. ?Cela ne concerne pas vraiment les gestionnaires de portefeuilles qui ont, eux, une approche plus active et un horizon plus étroit?, explique Uday Gujadhur.
Les marchés boursiers restent très volatiles ces jours-ci. Les cours avaient plongé après l?annonce du résultat final des élections. L?indice du Bombay Stock Exchange (BSE) avait atteint son niveau le plus bas en sept mois en raison des craintes d?un ralentissement économique. La chute était équivalente à des pertes de US$ 75 milliards, en termes de shareholder wealth.
Les cours ont toutefois repris hier matin. Les investisseurs ont probablement réalisé que les sentiments ?post-élections? ne peuvent camoufler les bons résultats des sociétés cotées. ?Les fondamentaux des entreprises demeurent positifs et n?ont pas changé avec le changement politique. Seules les perceptions ne sont plus les mêmes?, commente le Managing Director de Multiconsult.
Le nouveau régime ne semble pas être impressionné par le comportement du marché. ?C?est au gouvernement et non pas aux fluctuations de décider sur la politique économique?, déclarait à The Economic Times of India un porte-parole du Congrès.
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