Publicité
Rumsfeld aurait approuvé les méthodes d?interrogatoire en Irak
Par
Partager cet article
Rumsfeld aurait approuvé les méthodes d?interrogatoire en Irak
Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a lui-même approuvé un projet destiné à autoriser l?usage de méthodes d?interrogatoire non conventionnelles pour obtenir des renseignements au sujet de l?insurrection irakienne, croit savoir le New Yorker. Ces méthodes, d?abord utilisées en Afghanistan auprès de membres d?Al Qaïda, sont à l?origine du scandale des sévices infligés aux détenus irakiens de la prison d?Abou Ghraïb, dans lequel Rumsfeld a été personnellement mis en cause, explique l?hebdomadaire sur son site Internet.
Interrogé sur le sujet, Jim Turner, porte-parole du département de la Défense, s?est refusé à tout commentaire, expliquant qu?il n?avait pas pris connaissance de cet article. Le projet classé secret, précise l?auteur, autorisait à tuer, à capturer ou à interroger les personnalités dites de valeur dans le cadre de la lutte antiterroriste.
Largement utilisées en Afghanistan, ces pratiques ont été appliquées en Irak avec davantage de modération et uniquement ? dans un premier temps ? dans la traque de Saddam Hussein et la recherche des armements non conventionnels.
A mesure que l?insurrection gagnait en intensité et que les pertes américaines s?accumulaient, Rumsfeld et Stephen Cambone, sous secrétaire à la Défense chargé du renseignement, ont décidé de les étendre aux interrogatoires pratiqués dans la prison d?Abou Ghraïb, affirme le New Yorker, qui se fonde sur les déclarations de plusieurs responsables des services de renseignement encore en service ou non.
Le projet aurait été mis en oeuvre après des attentats qui ont visé en août le siège des Nations unies à Bagdad et l?ambassade de Jordanie.
Selon un responsable des services de renseignement cité par l?hebdomadaire, Rumsfeld et le général Richard Myers, chef d?état-major interarmes, l?ont personnellement approuvé mais pourraient ne pas avoir été informés des détails de sa mise en oeuvre. Le numéro un du Pentagone, souligne l?auteur de l?article, a laissé à Cambone le soin de préciser les méthodes d?interrogatoire. La principale consigne était ?attrapez qui vous devez. Faites-en ce que vous voulez?, explique sous le sceau de l?anonymat, le responsable des renseignements, soulignant que ces méthodes avaient permis d?accroître la moisson d?informations.
La CIA, qui avait approuvé l?usage de techniques spécifiques pour les interrogatoires de dirigeants d?Al Qaïda après les attentats du 11 septembre 2001, s?est opposée à leur application en Irak a et a refusé d?y coopérer, selon le New Yorker.
Le Pentagone a annoncé vendredi que l?armée américaine avait désormais banni plusieurs procédés utilisés en Irak, telles la privation de sommeil, la privation sensorielle et les ?positions de stress?.
Jeremy Pelofsky
Publicité
Publicité
Les plus récents