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Pravind Jugnauth séduit
À moins d?un mois du budget, le ministre des finances, Pravind Jugnauth, vient de remporter une petite bataille d?une importance certaine. Celle de l?image. À la sortie des négociations tripartites, jeudi dernier, syndicalistes et patrons étaient unanimes. Pravind Jugnauth a bien géré les négociations et a su concilier, dans la mesure du possible, les positions divergentes des trois camps.
Déjà à la sortie de la première session, début mai, les mines étaient moins crispées qu?à l?habitude. On a trop souvent l?impression que les syndicalistes et le patronat entrent dans le Vaghjee Hall, à Port Louis, en pensant qu?ils pénètrent dans une arène. Rien de ça pour la première session des tripartites, ni pour la deuxième tenue jeudi dernier. Au fur et à mesure qu?on s?installe, Pravind Jugnauth fait sa petite ronde, il serre la main de tous ses interlocuteurs. Les sourires sont francs, l?ambiance amicale. Les hostilités peuvent commencer?
Une nouvelle approche
Mais il n?y en aura pas. Il faut faire différemment. Paul Bérenger avait laissé sa place de président des négociations tripartites à Sushil Khushiram, ministre de l?Industrie et des services financiers. Pravind Jugnauth choisit de prendre la relève en dirigeant les négociations. Il adopte également une position plus souple, surtout vis-à-vis des syndicats.
« Il s?est montré conciliant. D?habitude le gouvernement se contente de proposer un taux de compensation qui demeure très proche de celui de l?inflation, mais cette fois-ci il a fait un geste qui a été apprécié. De plus, alors que d?autres ont remonté dans le passé le plancher du salaire minimum de Rs 100 ou un peu plus, Pravind Jugnauth a consenti à faire un effort de Rs 300 », explique Radhakrishna Sadien, président du Mauritius Trade Unions Congress.
Toolsiraj Benydin, qui avait été un féroce adversaire de Paul Bérenger sur plusieurs dossiers quand ce dernier était ministre des finances, semble apprécier mieux le successeur. « C?est une nouvelle approche qui constitue un progrès dans le dialogue social », dit-il en déplorant le manque d?engagement et de dialogue de Bérenger envers les syndicats quand il était aux Finances.
Pravind Jugnauth ferait également un bon arbitre selon ses interlocuteurs. Gérard Garrioch, président de la Mauritius Employers?Federation reste préoccupé par la générosité relative de Pravind Jugnauth mais reconnaît son habileté à mener les négociations. « Tout s?est déroulé dans une bonne ambiance où il a donné la parole à tout le monde. »
Aux Finances, Pravind Jugnauth ne s?était pas encore créé une image, elle existe désormais. C?est celle d?un ministre qui privilégie le dialogue et qui tend à être sensible à l?impératif de justice sociale. Le premier budget de Pravind Jugnauth lui donnera l?occasion de confirmer cette image et même de la consolider.
Mais a-t-il seulement les moyens de le faire ? Pravind Jugnauth a le choix entre poursuivre une politique économique austère ou présenter un budget résolument social. À un peu plus d?un an des élections générales? ou peut-être moins, c?est une question qui doit préoccuper au plus haut point Pravind Jugnauth.
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