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Philippe moothoosamy
Qu?est-ce que la malaria ?
C?est une maladie tropicale provoquée par un parasite transmis à l?homme par un moustique, l?anophèle gambiae femelle. Elle se traduit par de la fièvre, des frissons, des maux de tête, des courbatures et autres symptômes.
Pourquoi faut-il en avoir peur?
Parce que la malaria, appelée aussi paludisme, est l?une des maladies qui tue le plus au monde, avec 1,5 à 2,4 millions de morts par an. Neuf cas sur dix se trouvent en Afrique, surtout des enfants. Selon l?Organisation mondiale de la santé, la malaria affecterait entre 300 et 500 millions de personnes dans le monde chaque année.
Malheureusement, les trois conditions pour une épidémie sont actuellement réunies à Maurice. Nous avons d?abord l?homme, puis le vecteur, c?est-à-dire, le moustique et puis le parasite, le plasmodium. Or, personne ici ne semble vouloir prendre ce risque d?épidémie au sérieux.
La situation est-elle si alarmante ?
Oui. D?autant que nous avons maintenant chez nous le type falciparum, la variété la plus mortelle de la maladie, qui attaque le cerveau. D?ailleurs, on ne sait pas vraiment d?où viennent ces cas. On présume que cela vient d?une petite Comorienne venue se faire soigner ici.
Notre système de contrôle sanitaire laisse-t-il à désirer ?
Non. Mais il y a des erreurs humaines. Au contrôle sanitaire de l?aéroport, les voyageurs donnent bien souvent des adresses incorrectes, et l?on a beaucoup de mal alors à faire leur suivi médical. Il est toutefois inadmissible qu?on ne puisse pas retracer les Mauriciens. Cela est d?autant plus dramatique, que nous n?avons pas de malaria indigène à Maurice depuis des années. Les cas rapportés jusqu?ici sont tous des cas introduits. Mais si l?on ne les contrôle pas sérieusement, ils deviendront vite des cas indigènes.
Doit-on alerter l?opinion publique ?
Oui. Beaucoup de personnes refusent de faire une prise de sang par ignorance du danger. D?autres refusent qu?on désinsectise leur maison. Il est vrai que la méthode du DTT-pétrole qu?utilise le ministère de la Santé, est archaïque et toxique. Mais les risques d?une propagation de la maladie sont réels, car l?île est petite, les gens circulent beaucoup et les moustiques aussi.
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