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« Il nous faut être indépendants »
<B>Quelles sont les retombées de la récente visite de John Bourn, le directeur de l?audit anglais ?</B>
Nous avons pu discuter des différentes façons de profiter de l?expertise que l?audit britannique possède, afin d?améliorer nos compétences. Il a proposé d?accueillir des stagiaires du bureau mauricien pour suivre des formations au centre d?études de l?audit anglais. Il pense même dépêcher certains de ses officiers pour des sessions de formation à Maurice. Mais tout cela nécessite des financements dont ni le bureau anglais, ni le mien ne disposent pour l?instant.
<B>Vous a-t-il suggéré de nouvelles idées liées au fonctionnement de l?audit à Maurice ? </B>
Dans les réunions internationales des audits du gouvernement, les Supreme Audit Institutions, on parle souvent de l?importance pour l?audit d?être perçu comme une institution indépendante. Que l?on sache que personne ne dicte notre conduite ou s?ingère dans nos affaires. John Bourn s?est attardé sur ce sujet.
<B>Mais votre indépendance est déjà garantie par la Constitution?</B>
Il nous faut être totalement indépendants de l?exécutif. Pour le moment, nous dépendons de lui. Notre budget est contenu dans celui du ministère des Finances. Le dernier rapport de l?audit n?a pas eu grand-chose à reprocher à ce ministère. On pourra me dire qu?on ne le critique pas parce qu?on dépend de lui. John Bourn a soulevé la question de l?indépendance avec le Premier ministre et le vice-Premier ministre. Ils m?ont semblé, tous deux, très attentifs à cette suggestion.
<B>Quel serait le nouveau mode de fonctionnement du Bureau de l?audit ? </B>
On peut penser à l?Independent Commission against Corruption. C?est un comité parlementaire qui décide de son budget, supervise et contrôle ses activités. Dans les autres pays, c?est un Public Accounts Committee (Pac) qui se charge du vote du budget et des attributions du Bureau de l?audit.
<B>Il faudrait donc donner de nouvelles attributions au Pac ? </B>
Le Pac existe et il fonctionne. Mais le gouvernement ne lui accorde pas assez d?intérêt parce qu?il est présidé par un membre de l?opposition. Il faut un Pac avec des députés expérimentés de l?opposition et du gouvernement. Ils détermineront ensemble le programme de l?audit et identifieront les dossiers dont ils veulent que l?audit se saisisse. L?exercice annuel sera conservé, mais nous évaluerons aussi la progression de projets spécifiques. Les députés seront nos meilleurs collaborateurs car ils connaissent bien les problèmes qui naissent sur le terrain. Ils pourront ainsi mieux nous diriger vers eux.
Propos recueillis par R. B.
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