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Le village sous l?eau
RIVERAINS et visiteurs ont été pris de court le lundi de Pâques, à Chamarel. En effet, en ce jour de fête, la surprise a été de taille. Il avait à peine plu mais les rivières étaient en crue. En l?espace de quelques heures, les routes étaient devenues impraticables.
Vendredi, les rues de Chamarel étaient toujours couvertes de boue et de cailloux.
Des morceaux de bois et des feuilles mortes jonchaient les berges des ruisseaux. Jackie Lenoir, un habitant du village, a utilisé ses pelleteuses pour déblayer une partie de la route.
Selon Rico L?Intelligent, conseiller du village, la situation était pire lundi après-midi. ?Les routes du village étaient impraticables. Beaucoup de touristes ont été bloqués dans le village?, raconte-t-il. Celui-ci affirme que la situation aurait été pire, si les collégiens n?étaient pas en vacances.
La rivière qui coule sous le pont Causeway avait quitté son lit pour tout inonder sur son passage. Or, les bus scolaires traversent obligatoirement sur ce pont pour regagner le village. D?ailleurs, les autres ponts du village étaient couverts par leau.
C?est vers 19 heures que les touristes ont pu quitter Chamarel. Les chauffeurs de taxi ont voulu jouer la prudence au lieu de prendre la route.
Josianne Faro a eu peur pour sa vie et sa famille. L?eau d?un ruisseau avait envahi sa cour. Elle avait acheté des matériaux de construction pour la somme de Rs 6 000 mais tout a été emporté par les eaux. ?Les macadams sont éparpillés à l?arrière de la maison alors que le sable est introuvable. Si je n?avais pas barricadé ma maison avec des feuilles de tôle, mes meubles auraient été abîmés?, déclare-t-elle.
Selon le conseiller du village, les habitants ont eu très peur. Un triste souvenir les hante. Ils se rappellent que le 25 février 1998, dans une situation similaire, le Père D?Arifat avait été emporté par les eaux alors qu?il traversait un pont, qui porte aujourd?hui son nom. Le cadavre avait été repêché le lendemain. Rico L?intelligent soutient que les conditions, le jour de Pâques, étaient pareilles à celles de cette triste soirée de 1998.
Pourtant, les averses qui avaient arrosé le village de Chamarel, n?étaient pas torrentielles. ?L?eau dévalant des montagnes a emporté beaucoup de bois et de feuilles mortes sur son passage. C?est ainsi que les cours d?eau ont grossi. Autrefois, la Special Mobile Force envoyait des hommes, de temps en temps, pour faire le nettoyage mais plus maintenant. Je lance un appel au responsable de la SMF pour faire le nécessaire?, commente Rico L?intelligent.
D?autre part, dit-il, un système d?évacuation des eaux est inexistant dans le village. Il y a trois ans le gouvernement avait promis des drains. ?L?eau a stagné sur la route parce qu?il n?y a pas de drains. Le gouvernement doit faire le nécessaire car ce sont toujours les habitants qui paient les pots cassés?, déclare le conseiller.
Sunil Ragoonut, conseiller auprès d?Alan Ganoo, député de la circonscription, affirme de son côté que le projet de drains à Chamarel tient toujours. D?ailleurs, dit-il, la National Development Unit a tenu une réunion lundi pendant laquelle cette question était à l?agenda. De plus, ajoute-t-il, le projet a pris du retard parce qu?il faut agrandir les rues de Chamarel.
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