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Les violences s?intensifient
<B>L?IRAK</B> a replongé dans une situation de guerre mercredi avec la poursuite du soulèvement de la frange radicale de la communauté chiite du pays et l?intensification des combats dans le secteur sunnite, qui reste le plus hostile aux forces américaines presqu?un an jour pour jour après le renversement de Saddam Hussein.
L?armée américaine a notamment bombardé un complexe abritant une mosquée à Falloudja, où se seraient retranchés des insurgés sunnites. Des témoins ont fait état de 25 morts.
Depuis le début de l?insurrection des partisans de Moktada al Sadr dimanche, au moins 35 soldats étrangers, dont 33 Américains, et 200 Irakiens ont été tués.
L?armée américaine a beau répéter qu?elle mettra au pas ce jeune imam chiite, les alliés de Washington s?inquiètent de l?évolution des événements et des voix s?élèvent, y compris aux Etats-Unis, pour mettre en doute la stratégie militaire et politique du président George Bush, qui s?est entretenu par téléphone avec le Premier ministre britannique Tony Blair.
Alors que les chiites radicaux maintenaient la pression sur les forces alliées des Etats-Unis dans le centre et le sud de l?Irak, le ?triangle sunnite? à l?ouest et au nord de Bagdad a été le théâtre de violents affrontements entre rebelles et forces américaines, qui ont entrepris de ?sécuriser? les villes de Ramadi et Falloudja.
L?armée américaine a lâché deux bombes de 227 kg et tiré des missiles sur des insurgés abrités derrière le mur d?enceinte d?une mosquée de Falloudja, a indiqué le général américain Mark Kimmitt, selon lequel les rebelles ont fait perdre à ce lieu de culte son statut particulier.
<B>Appels à la guerre sainte</B>
Les Marines à l?origine de ce bombardement ont affirmé que les insurgés repliés dans l?enceinte de la mosquée Hadj Mouchine Abdoul Aziz al Koubaïssi avaient tiré sur les soldats américains. Dans un communiqué, les Marines ajoutent que le mur d?enceinte visé se situe à plusieurs centaines de mètres de l?édifice religieux et qu?aucune victime civile n?est à déplorer.
Selon l?armée américaine, cinq ?victimes? ont été dénombrées dans les rangs des Marines mercredi à Falloudja. Elle ne précise pas s?il s?agit de tués ou de blessés.
Dans la ville voisine de Ramadi couverte par le bruit des explosions et des colonnes de fumée noire, les mosquées ont diffusé des appels à la guerre sainte.
Les habitants sont restés terrés chez eux pour éviter les combats de ruelles entre insurgés masqués et forces américaines.
Le commandement américain a confirmé que 12 ?marines? avaient péri la veille lors d?un assaut de plus de sept heures contre leurs positions dans cette cille située à 110 kilomètres à l?ouest de Bagdad.
La capitale irakienne n?a pas été épargnée par les violences. Dans le quartier majoritairement sunnite d?Adhamia, des affrontements avec l?armée américaine ont éclaté après la tombée de la nuit. Des fusillades et des explosions ont retenti pour la deuxième fois en trois jours.
Toujours à Bagdad, un militaire américain a été tué par une grenade mercredi, portant à 433 le nombre de soldats américains tués au combat depuis le début de l?invasion en mars 2003.
Dans le même temps, une manifestation pro-sunnite a dégénéré à Haouidja, dans le nord de l?Irak, près de Kirkouk. Six à huit manifestants ont été tués lors de heurts avec les forces américaines et trois soldats américains blessés. L?état-major US a dit que des partisans armés s?étaient mêlés aux manifestants.
Ces accrochages avec les sunnites s?ajoutent au deuxième front ouvert depuis dimanche avec le soulèvement de ?l?armée de Mehdi? de Moktada Sadr.
Confrontés à la dégradation de la situation, les militaires ukrainiens ont évacué la ville de Kout, dans l?est du pays, ?dans le but de sauver la vie des soldats?, a précisé Kiev. La veille, un militaire ukrainien y avait été tué et cinq autres blessés.
Le Japon a indiqué pour sa part que ses soldats suspendaient leurs efforts de reconstruction à Samaoua, dans le sud de l?Irak, pour des raisons de sécurité.
La Bulgarie a convoqué à son ministère des Affaires étrangères les ambassadeurs des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, d?Espagne et de Pologne afin d?obtenir des renforts pour ses 450 soldats déployés à Kerbala, au sud de Bagdad.
Malgré les inquiétudes de leurs alliés et la poursuite des violences, les Etats-Unis affirment qu?ils mettront au pas Moktada Sadr et qu?ils contrôlent toujours la situation en Irak.
<B>Akram Saleh</B>
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