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Madagascar ouvre son espace économique aux investisseurs
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Madagascar ouvre son espace économique aux investisseurs
<B>MAURICE</B> repart à la conquête de l?espace économique de Madagascar après la crise qui a frappé le pays en 2002? Une importante délégation d?hommes d?affaires accompagne le Premier ministre lors de sa prochaine visite dans la Grande île prévue entre le 4 et 7 avril. Outre la présence des représentants des institutions du secteur privé (Joint Economic Council, Chambre de commerce et de l?industrie, Chambre d?agriculture?), plusieurs opérateurs venant de divers champs d?activités seront de la partie.
Le Premier ministre, lui, voit grand. Il envisage déjà une ambitieuse alliance stratégique entre l?Inde, Maurice et Madagascar sur laquelle pourrait déboucher cette mission. Les opérateurs se veulent, eux, plus modestes, même s?il y voient un énorme potentiel à exploiter.
Le gouvernement en place depuis 2002 dans la Grande île n?a jamais caché ses ambitions économiques. Le pays a grandement besoin d?investissements étrangers pour redémarrer l?activité dans tous les secteurs après plusieurs années de marasme économique. Dès son installation, il s?est mis à concevoir des programmes les uns plus ambitieux que les autres. Il y a d?abord les incitations fiscales. L?Etat a procédé à l?enlèvement complet de la taxe sur plus de 300 items touchant aux travaux publics, aux équipements et aux engrais pour l?agriculture, aux industries en général, au transport, aux technologies de l?information et des communications (TIC) et aux appareils électroménagers, parmi d?autres.
Les retombées de ces mesures sur l?investissement ne sont pas encore perceptibles. Les incitations ont néanmoins donné un véritable coup de fouet à l?importation des produits concernés. ?Cela a causé la ruée vers les devises, accentuant du coup la dépréciation de notre monnaie?, affirme Ramiandrasoa Vola-Razafindramiandra, le conseiller économique affecté à l?ambassade de Madagascar à Maurice. En attendant la rentrée de recettes à l?exportation, le gouvernement malgache aura à gérer un problème monétaire assez complexe.
Les décideurs politiques dans la Grande île ont aussi amendé les lois sur la propriété foncière, chose considérée comme taboue dans un pays ancré dans ses traditions. C?est la première fois de son histoire que Madagascar autorise les étrangers à devenir propriétaires de terrains. Il y a certes plusieurs paramètres à respecter. Le gouvernement maintiendra un pouvoir discrétionnaire afin d?assurer une distribution intelligente des ressources foncières. Les terrains seront accordés selon l?importance les projets de développement soumis.
Par ailleurs, des terres agricoles sont toujours disponibles à bail pour les exploitants intéressés. La politique économique la plus ambitieuse est sans nul doute la mise en place des Pôles intégrés de croissance (PIC). Il s?agit d?un concept dont la réalisation bénéficie du soutient technique et financier de l?International Development Association (IDA), une agence de la Banque mondiale.
Les PIC sont en fait des sites qui ont été identifiés pour abriter une vaste palettes d?activités. L?Etat malgache et le bailleur de fonds vont mettre en place les infrastructures de base, dont le port et l?aéroport si besoin est. Trois endroits ont été identifiés. A Nosy Be, dans la partie Nord-Ouest de la Grande île, les développements seront axés sur la pêche, le tourisme, et l?artisanat.
<B>Opportunités dans l?agro-industrie</B>
Dans le Sud-Est à Fort-Dauphin, les activités seront développées autour de l?exploitation minière (notamment celle des gisements de pierres précieuses) et du tourisme. Le troisième PIC sera créé à Ansirabe, Antananarivo. La zone franche, les TIC, l?agro-industrie, le tourisme y seront exploités.
Les opérateurs mauriciens sont déjà au courant de ces possibilités. Une délégation d?un comité conjoint secteur privé-secteur public (Comité de coordination et de Suivi?CCS) qui s?était rendu à Madagascar la semaine dernière avait d?ailleurs manifesté un fort intérêt pour ce projet.
La partie mauricienne était surtout intéressée par le développement hôtelier et l?agro-industrie. Les industriels mauriciens voient déjà le projet local de Seafood Hub s?harmoniser avec les opportunités dans l?agro-industrie dans l?île voisine.
Madagascar promet aujourd?hui la stabilité politique et sociale aux investisseurs étrangers. Il leur offre également un environnement d?affaires nettement plus convivial que les hommes d?affaires étrangers ont connu jusqu?ici.
Les réformes au niveau de la logistique de facilitation et d?accompagnement ont donné des résultats probants, notamment avec la mise en place du Guichet unique pour les investissements et le développement des entreprises (GUIDE), soit l?équivalent du Board of Investment (BOI) mauricien. ?Les opérateurs mauriciens ont visité cette structure et ont été agréablement surpris de ce one-stop-shop?, fait savoir le conseiller économique Vola-Razafindramiandra.
Les investisseurs mauriciens pourront dorénavant compter sur un pilier additionnel : une convention politique et légale pour mieux protéger leurs investissements. Un accord dans ce sens sera signé entre les gouvernements de deux pays lors de la visite du Premier ministre.
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