Publicité

Boeing?Airbus : les grandes manoeuvres

30 mars 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

ENTRE LES deux géants de l?aviation civile, Boeing et Airbus, le ton monte et les missions se multiplient. La dernière ligne droite est entamée et l?objectif désigné, Air Mauritius, est désormais en vue.

En ligne de mire : un faramineux contrat de Rs 8 milliards pour le remplacement, dans l?immédiat, des deux Boeing 767 à bout de souffle et, à terme, beaucoup plus si les compagnies se découvrent des affinités. Au bout du compte, sept des neufs avions d?Air Mauritius pourraient être remplacés pour la somme globale de US$ 1 milliard.

La commande ferme pour les deux premiers avions sera passée en septembre. Des options pour les années à venir pourraient figurer dans ces contrats. Ce qui explique toute la logistique, les moyens de séduction déployés par les constructeurs pour convaincre et Air Mauritius et l?Etat mauricien, principal actionnaire de la compagnie d?aviation nationale. Preuves et études indépendantes à l?appui, les géants de l?aéronautique tentent de convaincre le client potentiel que son produit est bien ?le meilleur?.

Hier encore, Boeing organisait une conférence de presse au Domaine Les Pailles pour vanter les mérites de son modèle 777, et son nouveau 7E7 Dreamliner qui sera commercialisé en 2008. ?A nos yeux, une combinaison des modèles 777-300ER est idéale pour desservir les gros marchés que sont Londres et Paris. Le 777-200ER, qui offre moins de places que le 777-300ER, lui, sera parfait pour desservir les autres marchés d?Air Mauritius?, souligne Samir Belyamani, directeur régional de marketing chez Boeing.

Une autre solution pour Air Mauritius serait une combinaison de 777 et de 7E7 Dreamliner. D?ici quelques semaines, Boeing présentera la meilleure option pour le transporteur compte tenu de sa feuille de route, de l?état de ses finances, de ses ressources humaines et de sa stratégie de développement à long terme.

De son côté, Airbus n?a pas chômé. Avec son marketing très agressif, elle travaille étroitement avec la direction et les techniciens d?Air Mauritius pour répondre précisément à la demande. Ses modèles A340-300, A340-300E et A330-200, dit-elle, seraient l?idéal pour remplacer les deux 767.

Il est cependant naïf de croire que la décision d?Air Mauritius dépendra des seules qualités des avions Boeing ou Airbus. Une dose de considérations politiques et stratégiques intervient aussi dans ce business. D?une part, Boeing est épaulée dans sa démarche par les Etats-Unis et d?autre part, l?Union européenne et la France soutiennent Airbus.

Les Etats-Unis font du charme

Le fait que l?Europe représente un marché essentiel pour les exportations mauriciennes et qu?elle accorde des aides financières aux projets de développement de l?Etat, pèsera certainement dans la balance. Lors de sa visite officielle en France, en février, le Premier ministre Paul Bérenger a d?ailleurs été invité à Toulouse, à inspecter le site d?assemblage des avions Airbus.

Les Etats-Unis, eux, dévoilent leurs charmes, dont les avantages liés à l?Africa Growth & Opportunity Act (AGOA). L?ambassade américaine à Maurice ne se cache d?ailleurs pas pour faire du lobby en faveur du géant de Seattle.

Interrogé sur ces considérations géopolitiques, Miguel Santos, directeur des ventes internationales de Boeing, se montre plutôt embarrassé. ?La compagnie doit prendre sa propre décision. Certes, des considérations politiques sont présentes, répond Miguel Santos. Les relations entre Maurice et les Etats-Unis sont très anciennes. Mais mon objectif à moi est de vendre ce qu?il a de mieux à Air Mauritius. Pour le reste??

Au début du mois, Boeing a abattu une carte maîtresse en agitant la carte de la création d?emplois. Elle souligne que si Maurice achetait ses appareils, les bénéfices seraient considérables. ?Nous proposons un pac-kage. Il ne s?agit pas uniquement de vendre un avion et puis de partir. Nous offrons bien plus?, explique Bill Shaproski, directeur exécutif pour la région Afrique.

Boeing s?engage, en effet, à fournir du travail dans les secteurs de l?informatique et de l?externalisation (Business Process Outsourcing). Elle se dit aussi disposée à investir dans la formation et à inciter ?ses nombreux partenaires? à investir à Maurice.

Cette proposition a été avancée par Laurette Koellner, vice-présidente exécutive de Boeing, lors de sa rencontre avec le Premier ministre, le 5 mars. ?Nous faisons du bon travail de ce côté. Nous planchons maintenant sur les diverses possibilités?, souffle Bill Shaproski. Une stratégie systématique ?que nous appliquons dans les nombreux pays qui achètent nos avions?, ajoute-t-il. Chez Boeing, l?on appelle cela de la ?coopération industrielle?.

Cette stratégie n?a toutefois pas empêché Airbus de dépasser pour la première fois son concurrent au nombre des ventes commerciales en 2003.

Publicité