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Annan revoit son plan, Ankara en appelle à Powell

28 mars 2004, 20:00

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<B>KOFI ANNAN</B> s?est enfermé hier avec ses conseillers pour réviser son plan de réunification de Chypre et tenter de surmonter les divergences entre Grecs et Turcs, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Arrivé samedi dans la station suisse de Bürgenstock, près de Lucerne, où se tiennent les pourparlers sur la réunification de l?île, le secrétaire général des Nations unies travaille sans relâche sur son projet d?accord, précise-t-on de même source.

?Il pourrait y avoir des révisions considérables sur les détails, mais le fond du plan restera inchangé?, a déclaré un diplomate participant aux négociations.

De son côté, le ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gul, qui se trouve lui aussi dans la station suisse, a téléphoné hier au secrétaire d?Etat américain Colin Powell pour lui demander d?aider à surmonter les blocages, a-t-on appris de source diplomatique turque autorisée.

Lors de cette conversation, dans la nuit de samedi à hier, le chef de la diplomatie américaine a assuré son interlocuteur de l?attention que l?administration Bush porte aux pourparlers en cours.

L?enjeu de ces discussions est d?arracher un accord sur la réunification de Chypre, divisée depuis l?invasion de sa partie nord par l?armée turque en 1974, avant l?adhésion de l?île à l?Union européenne le 1er mai.

Plusieurs semaines de pourparlers entre Grecs, Turcs, Chypriotes grecs et Chypriotes turcs n?ont pas permis d?avancée notable sur le plan de réunification élaboré par le secrétaire général des Nations unies.

En l?absence d?accord, seule la République de Chypre, partie hellénophone de l?île reconnue par la communauté internationale, adhérera à l?Union européenne.

Cela pourrait cimenter la division de l?île et nuire au dossier de candidature européenne de la Turquie, seule puissance reconnaissant la République turque du nord de Chypre (RTCN).

Une des principales difficultés soulevées lors des discussions, qui ont débuté le 19 février, concerne la nature des dérogations à la règle européenne de liberté de mouvement que demandent les délégués chypriotes turcs.

Ceux-ci redoutent en cas d?application intégrale une absorption de la partie turque de l?île par les représentants de la partie grecque, plus riches et plus nombreux.

Les Chypriotes grecs insistent de leur côté pour qu?il n?y ait pas de dérogations permanentes alors que 180 000 membres de leur communauté qui avaient fui l?invasion de 1974 espèrent retourner chez eux.

De sources diplomatiques, on a souligné hier que les révisions sur lesquelles travaillent Kofi Annan et ses conseillers portent précisément sur les moyens de régler ce problème.

Le texte définitif d?un accord de paix devrait probablement être présenté aux négociateurs avant le terme des pourparlers de Bürgenstock, Kofi Annan ayant le mandat de ?remplir les blancs? laissés par les parties.

Le plan de paix sera alors soumis à référendum le 20 avril dans les deux parties de l?île. Le Premier ministre grec, Costas Caramanlis, était attendu hier sur les rives du lac des Quatre Cantons. Son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan en fait de même aujourd?hui.

<B>Michele Kambas</B>

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