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Un médecin de l?Etat accusé de négligence

19 mars 2004, 20:00

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Varsinee, âgée de six ans, est décédée à l?hôpital du Nord des suites d?une infection généralisée. Ses parents, Soobashchand et Soonina Kissoonah, sont convaincus qu?elle n?a pas reçu le traitement approprié. Ils reprochent au Dr Shanmuganathan Ponraj, neuro-chirurgien et médecin traitant de Varsinee, d?avoir été négligent.

A la demande du couple, le ministère de la Santé a demandé un rapport au Dr Ramesh Modun, qui a traité la petite auparavant. Celui-ci fait un constat très sévère. Ses observations portent sur la qualité des soins et l?attitude des neurochirurgiens face à la détérioration de l?état de santé de la fillette pendant son hospitalisation.

Le ministère a également demandé une enquête préliminaire, laquelle a mené à la conclusion que l?enfant est décédé des suites d?une septicémie, ce que confirme le Dr Modun. Le Medical Council a par ailleurs enclenché les procédures pour une enquête plus approfondie.

Depuis sa naissance, la petite Varsinee Kissoonah a enduré pas mal d?épreuves. Bébé, elle présente les signes d?une malformation congénitale au niveau de la colonne vertébrale et du cerveau. Sur son dos, se trouve une petite bosse alors qu?elle a un excès d?eau (liquide céphalorachidien) dans le cerveau.

Il est donc impératif de drainer le liquide en excès sinon cela entraînera un grossissement de la tête. A huit jours de sa naissance, Varsinee subit une première opération pour enlever la bosse sur son dos. S?ensuit une opération bien plus délicate à l?âge de cinq mois : un tube sera placé à l?intérieur de son cerveau pour drainer l?excès d?eau. L?opération pratiquée par le Dr Modun est un succès.

« C?était une enfant en bonne santé et bien gaillarde», se rappelle son père, technicien au CEB. En effet, en dépit de ces petites complications neurologiques, l?enfant grandit normalement. Son traitement régulier à l?hôpital ne l?empêche pas de fréquenter la maternelle et de commencer l?école primaire comme tous les enfants de son âge. «C?était une enfant qui s?intéressait à tout et elle travaillait bien à l?école. »

FIÈVRE PERSISTANTE

Mais la situation se corse vers août de l?année dernière. Un matin, à son réveil, Varsinee a les cheveux tout trempés et son oreiller l?est encore plus. Ses parents l?emmènent immédiatement à l?hôpital du Nord où le Dr Ponraj recommande son hospitalisation. «Doctère Ponraj finne réouvert so la tête pour remette tube là en place. »

A partir de cette période, la fillette souffre régulièrement de maux de tête. « Li ti pé gratte so la tête beaucoup. Li ti bien nerveuse», explique son père. Le va-et-vient entre l?hôpital et leur maison devient plus fréquent.

Varsinee sera finalement hospitalisée le 19 janvier de cette année. Elle développe une fièvre persistante et son état empire de jour en jour. Le 14 février vers 9 heures, elle rend l?âme aux soins intensifs.

« Mo pa konpran ki fer sa lafiev-la parski li ti korek ler li rent lopital », s?interroge son père. De plus, à la veille de la mort de Varsinee, une dispute aurait éclaté entre les médecins dans la salle d?opération. « Ce soir-là, le Dr Ponraj a même réagi de façon agressive envers nous », raconte le couple.

Sur les conseils de certains médecins et après avoir réuni certaines informations, les Kissoonah décident de porter plainte au ministère de la Santé pour négligence médicale. « Dr Ponraj was irascible, hot tempered and as such it was very difficult to communicate with him », écrit Soobaschand Kissoonah dans une lettre au ministère.

Interrogé hier matin, le Dr Ponraj nie avoir fait preuve de négligence en ce qui concerne le cas de Varsinee. «Ces allégations sont infondées. Je maintiens que depuis son admission en janvier, l?enfant a eu tous les soins appropriés. Le traitement a été donné correctement», explique le neurochirurgien.

Ce dernier rappelle qu?il a opéré plus de 300 patients jusqu?ici et précise qu?il a déjà soumis son rapport sur ce cas au Regional Health Director de l?hôpital. Le Medical Council a déjà adressé dans le passé un « severe warning » au médecin pour négligence médicale. Le dossier avait été référé au Medical Tribunal qui s?est rangé du côté du Medical Council.

Les Kissoonah sont pour leur part déterminés à connaître la vérité sur la mort de leur enfant. «Si après toutes ces enquêtes, le ministère trouve qu?il n?y a pas suffisamment de preuves pour établir qu?il y a eu négligence médicale, je suis prêt à faire une demande pour l?exhumation du corps de mon enfant », prévient Soobaschand Kissoonah.

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