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Le plan d?action contre le sida cible les toxicomanes
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Le plan d?action contre le sida cible les toxicomanes
FACE À la transmission accrue du virus HIV chez les toxicomanes, les autorités se devaient de réagir. Le ministre de la Santé a présenté hier le ?HIV-AIDS Action Plan for injecting Drug Users?.
Les dernières statistiques sont alarmante : 77 % des cas enregistrés en 2003 concernent les drogués contre 27 % en 2001. Par contre, la ma-ladie a été transmise par le biais de relations sexuelles dans 19 % des cas en 2003 contre 64 % en 2001. Ce qui constitue une nette régression et un renversement de la tendance initiale. La toxicomanie est devenue la cause principale de la lutte contre la propagation du virus HIV.
Le plan d?action démontre l?approche multidisciplinaire et intégrée qu?a voulu adopter le gouvernement. Plus de mesures ?piecemeal? où chacun travaille dans son coin. Divers ministères notamment de la Santé, des Droits de la femme et du Bien-être de la famille, de la Jeunesse et des Sports et de la Sécurité sociale travaillent pour la mise en application du plan d?action. Plusieurs ONG oeuvrant auprès des toxicomanes, des malades du sida et des prisonniers ainsi que des travailleurs sociaux les assistent.
Une journée de discussions a eu lieu au Domaine Les Pailles entre une trentaine de représentants de ces secteurs. ?L?objectif que nous nous sommes fixé avec ce plan d?action, c?est d?empêcher la transmission du virus par échange de seringues parmi les drogués durant les cinq prochaines années?, explique Ashok Jugnauth.
Hôpital spécialisé
Le plan d?action révèle une stratégie à court terme, enclenchée depuis fin 2003 et une action à moyen et à long termes couvrant la période 2004-2008. Il s?articule autour de trois axes : (i) ?supply reduction strategy?, (ii) ?demand reduction strategy? et (iii) ?harm reduction strategy?.
La stratégie visant à réduire la fourniture des drogues comprend un renforcement de l?arsenal légal pour empêcher l?entrée des drogues dans le pays et leur distribution. Les autorités songent aussi aux moyens de réduire les plantations de gandia et d?empêcher toute tentative de blanchiment d?argent. Afin de diminuer la demande, l?accent est mis sur la prévention.
La prévention constitue d?ailleurs le gros morceau du plan à court terme. Une campagne de sensibilisation intensive et régulière dirigée vers les groupes les plus vulnérables et les prisons est envisagée. Le plan fait aussi mention de la nécessité d?une étude pour évaluer les facteurs sociaux conduisant à l?abus des drogues dans la communauté.
Les autorités envisagent la transformation du Lotus Centre situé à l?intérieur de la prison de Beau-Bassin en un ?full-fledged operational treatment centre?. La construction d?un hôpital spécialisé à l?intérieur de la prison est également envisagée, afin que les détenus toxicomanes aient le traitement approprié.
La distribution des seringues sur une base pilote à un ?targetted group? retient l?attention dans le plan à long terme. Ceux qui sont insensibles aux campagnes de prévention seraient concernés par cette mesure. L?idée, déjà évoquée dans le passé, avait suscité des remous. Elle risque de nouveau d?être sujette à controverse.
Plusieurs membres de l?assistance nous ont confié hier que ce plan d?action apporte l?espoir de faire régresser la propagation du virus parmi les drogués, à condition que tous y collaborent. Les intervenants ont reconnu la nécessité d?un travail collectif et ont lancé un appel aux ?key stakeholders?. Ashok Jugnauth a, pour sa part, mis en lumière la nécessité de ?créer des partenariats solides avec tous les stakeholders incluant la société civile?. Un comité a été institué pour faire un suivi de la mise en pratique des mesures contenues dans le plan d?action.
PROGRAMME DE PRÉVENTION
Des jeunes volontaires de Cassis s?activent
- ?Outreach programme?. A Cassis, on est déjà passé à l?action pour limiter la propagation du virus HIV parmi les toxicomanes. Pour y arriver, 70 jeunes de la région encadrés par Cadress Runghen, travailleur social de la localité et coordinateur de la National Prevention Unit de la NATRESA, s?activent depuis l?année dernière. Et Cassis est certainement une localité à risques, l??AIDS Secretariat? ayant recensé quelque 80 cas de séropositifs. Ces jeunes, tous des volontaires, ont reçu une formation de ?community group leader?. Actuellement, ils font discrètement du porte-à-porte.
Les responsables de la National Prevention Unit de la NATRESA ont compris que les causeries en salle ne suffisent pas. ?Ils apportent l?information à la porte des habitants et la formule est concluante?, explique Cadress Runghen. En même temps, une enquête est en cours pour connaître l?étendue du problème de la drogue dans la région. Une fois l?enquête bouclée, la NATRESA prévoit une grande campagne de sensibilisation pendant cinq jours dans la localité. Le programme de prévention cadre avec le plan d?action du gouvernement. Il comprend plusieurs volets et s?échelonnera sur plusieurs mois.
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