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Simin Lalumière : une planche de salut pour les détenus

9 mars 2004, 20:00

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A PARTIR de lundi prochain, dix bénévoles formés en artisanat depuis deux mois par la Craft Academy et par Kinouété, une autre ONG spécialisée dans la réhabilitation des détenus par la communication verbale, investiront cinq prisons chaque semaine pour mettre en oeuvre le projet intitulé ?Simin Lalumière?. Cette initiative est financée par le haut-commissariat britannique dans le cadre de son Small Grants Scheme.

L?objectif du projet pilote d?une année est de rendre aux détenus leur dignité à travers la réalisation de leur potentiel pour qu?ils soient financièrement indépendants à leur sortie de prison. Les prisons concernées par le projet sont la prison des femmes de Beau-Bassin, les sections garçons des Rehabilitation Youth Centres et Correctional Youth Centre, les prisons de Richelieu et de Petit-Verger.

Ainsi, les lundis et vendredis, les formateurs inculqueront des notions de base de dessin et de peinture aux détenus avant de passer à la peinture sur verre, aux travaux en papier mâché et au recyclage du plastique et du métal. Les autres jours, ils poursuivront leur formation sous les yeux avisés de Patricia Enouf et de Sophie de Robillard, directrice de la Craft Academy et responsable de Kinouété respectivement.

Réduire la pauvreté

Si le haut-commissariat britannique finance ce projet, a expliqué le haut-commissaire David Snoxell, c?est pour aider à alléger la pauvreté. Ainsi, les détenus formés à un métier pourront gagner leur vie et réduire la pauvreté dans leur communauté. Il est aussi persuadé que cette formation brisera la monotonie de l?univers carcéral et procurera une raison d?être aux détenus.

Samioullah Lauthan, ministre de la Sécurité sociale, approuve ce projet à 100 %. Il en est de même pour Arianne Navarre-Marie, son homologue de la Femme. D?ailleurs, l?an dernier, la ministre a fait une étude sur les besoins des détenues. Elle négocie actuellement avec le gouvernement indien pour que les bénévoles qui travailleront pour l?ONG Chrysalide disposent d?une formation d?accompagnement aux anciennes prostituées, droguées et malades du sida.

De tels projets de réhabilitation sont courants en Grande-Bretagne, a souligné Sir David Ramsbotham, expert en réforme pénitentiaire qui a cité le Fine Cell Work, projet de la Royal School of Needlework, formant les détenus en tapisserie et broderie. Une partie des recettes provenant de la vente aux enchères des travaux réalisés revient aux détenus. Le Koestler Trust, un autre projet, fait la promotion des arts et, chaque année, des compétitions avec des prix à la clé récompensent les détenus les plus méritants.

Le programme Toe to Toe du Shannon Trust permet aux détenus d?animer des cours d?alphabétisation pour leurs semblables. La semaine dernière, Sir Ramsbotham a lancé Start Up à la Chambre des Lords. Ce projet vise à transformer les détenus en entrepreneurs et leur permet de bénéficier d?un mentor à leur sortie pour les conseiller en affaires.

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