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Bataille rangée entre « faux policiers » et « pirates »
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Bataille rangée entre « faux policiers » et « pirates »
Qui ment ? Mohamad Zair Sultan, 20 ans, gérant d?un magasin de disques ou Benul Taroo, 21 ans, fils du chanteur Balik Taroo ? Le premier déclare avoir été agressé samedi dernier par Benul Taroo et neuf autres personnes qui se faisaient passer pour des policiers de la brigade antidrogue. Ces derniers l?auraient dépossédé de ses bijoux en or valant Rs 130 000 et de sa recette de Rs 40 000. Le fils de l?artiste soutient mordicus que le commerçant fabule et que c?est plutôt lui qui s?est fait malmener par les sbires de ce dernier, lorsqu?il lui a reproché de vendre des copies piratées du dernier album de son père Balik. Entre faux flics et vrai pirate, la brigade criminelle de Port-Louis Sud a fort à faire. En effet, plusieurs protagonistes de cette affaire rocambolesque se font toujours attendre, avec leurs avocats, afin de consigner une déposition en bonne et due forme.
Les choses s?enveniment
Tout commence samedi dernier, en fin d?après-midi. Benul traverse la gare Victoria pour se rendre place de l?Immigration et rentrer chez lui à Batterie-Cassée. En faisant un crochet par la rue Dumas, il entend une voix familière diffusée par des haut-parleurs d?un magasin de disques. C?est celle de son père, Balik, qui égrène les notes de son dernier tube, Natcho Didi. Un vendeur le hèle : « Zéness, CD ? » Benul conclut la transaction et remet les Rs 150 réclamées par le vendeur. Mais en ouvrant le coffret, il se rend compte que le sigle de la Mauritius Society of Authors (Masa) ne figure pas sur le disque.
« Je me suis dit que le CD avait été piraté et j?ai sommé le vendeur de me rendre mon argent. Mone dire li pirate sa, line dire mwa vine guet so boss. Mo dire li rane mwa mo casse mais li coumance pousse mwa », raconte Benul. Les choses s?enveniment : quatre hommes entourent Benul, le giflent et le rouent de coups. « Mo fine réussi galoupé, sauvé allé. Mone alle rode éne téléphone public pou appel mo bane frer, pou amenn mwa lopital? Mo ti gagne griffé lor mo la gorge tout. »
Lorsque ses frères, accompagnés de quelques amis, arrivent un peu plus tard, Benul leur montre le magasin en question et ses agresseurs. « Mone désane, mone dire alla li mem fine bate mwa. Zot fine cachiète endan. Mo bane frer ine nek fine zour zot car après noune alle station pour gagne ene Form 58 », soutient Benul. « Mais le policier censé délivrer le formulaire était absent. Nous nous sommes alors rendus à l?hôpital Jeetoo pour que je me fasse examiner. » Entre-temps, la police arrive au magasin pour rétablir l?ordre. En effet, plus d?une cinquantaine de curieux sont massés sur place et bloquent la circulation. Ivan Drak, un proche des frères Taroo, qui se trouve dans la foule est arrêté pour vol et damaging property by band.
Démêler le vrai du faux
Depuis, Benul, ses frères et amis sont recherchés. « Mo mem pane rentre endan sa magasin là », déplore l?aîné des frères Taroo, Balik. Avec l?aide de son avocat, Me Rama Valayden, Benul a informé la Masa du trafic allégué de Mohamed Zair Sultan. Ce dernier préfère quant à lui garder le silence sur toute cette affaire. « Mo pas envie écrire narien lor la », lâche-t-il. Pourtant, il a affirmé à la police que dix hommes qui se faisaient passer pour des membres de l?Anti Drug and Smuggling Unit (Adsu) ont fait irruption dans son magasin. Ils ont alors fouillé dans ses tiroirs et l?un d?entre eux lui a subtilisé ses cinq chaînes et ses trois bracelets en or, a emporté Rs 40 000 et saccagé un présentoir d?une valeur de Rs 7 000.
Quant à Ivan Drak, il croupit en cellule en attendant les dépositions des frères Taroo, et espère être libéré sous caution cette semaine grâce à l?intervention de son avocat, Me Jean-Claude Bibi. À charge maintenant pour la police de démêler le vrai du faux. Pour mettre un frein au problème du piratage, la Masa compte utiliser des codes-barres pour différencier les ?uvres originales des contrefaçons.
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