Publicité

La technologie gage de la parité

5 mars 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Azna Sairally, 24 ans. Cette jeune femme dispense des cours d?informatique aux membres du Conseil National des Femmes Entrepreneurs de Maurice. Depuis la création du cybercafé de cet organisme, soixante femmes ont déjà été formées aux rudiments de l?informatique sous la houlette de Azna Sairally. Cette dernière avoue qu?après son Higher School Certificate, elle ne savait pas vers quelle filière s?orienter. «J?ai alors décidé d?obtenir un diplôme à l?Université de Maurice en suivant des cours à temps partiel. C?était juste pour voir au début. Il y a aussi beaucoup de débouchés. C?était très intéressant. J?ai continué pour obtenir ma maîtrise,» raconte Azna.

Tout comme elle, Vidoula Callychurn, assistant system analyst au ministère de l?Information et de la Technologie, était indécise à la fin de ses études secondaires. Consciente de l?importance des études tertiaires, elle décide de se lancer dans l?informatique. «Tout le monde parle de l?importance de la technologie. Moi, j?étais nulle. Je n?avais même pas d?ordinateur chez moi à l?époque. Cela ne m?a pas découragé. J?ai décidé d?avoir un diplôme en informatique», explique Vidoula, vingt-six ans.

Pour ses parents, l?informatique était un monde totalement inconnu. Elle est la première de sa famille à se laisser tenter par ce fabuleux univers. Vidoula leur parlera beaucoup de son choix. «Ma première élève a été ma mère», avoue attendrie, la jeune femme. Après ses études, elle travaille pendant un moment comme enseignante dans un collège. Mais elle s?ennuie. «Je stagnais. Je n?apprenais pas grand-chose car c?est un éternel recommencement. Après deux ans, je suis partie et j?ai pris de l?emploi au Ministère», ajoute-t-elle. Enfin, elle trouve ce qu?elle cherchait.

Des défis professionnels la motivent à toujours apprendre davantage. La constante évolution de la technologie évite, en effet, la routine. Cette habitante de Bon Accueil est au tout début de sa carrière professionnelle.

A vingt-six ans, Ananda Devi Maywah est une jeune femme timide, à la voix douce. Employée au Centre for Information Technology System de l?Université de Maurice, elle occupe le poste d?analyste-programmeur. «Je fais partie d?une équipe qui développe des logiciels pour les besoins de l?université», explique Ananda Devi Maywah. En avril, cela fera deux ans qu?elle travaille à l?université de Maurice. Ses parents l?ont vivement encouragé à faire des études en informatique.

«Le secteur de la technologie offre de plus en plus d?emplois. Les autres secteurs sont, pour la plupart, déjà saturés. La technologie n?est pas monotone. Il y a toujours quelque chose de nouveau à faire. La routine n?existe pas. Dans mon métier, la créativité est aussi très importante», souligne la jeune femme.

Azna, Vidoula et Ananda Devi soulignent qu?elles n?ont pas l?impression que la technologie soit un univers macho. «Je ne pense pas que les femmes soient en retard dans ce secteur. Elles obtiennent les mêmes diplômes que les hommes. Cependant certains postes exigent d?elles qu?elles travaillent un peu jusqu?à tard. Cela décourage de nombreuses femmes,» explique Azna. C?est pour cela que beaucoup de femmes se résignent au professorat. Vidoula et Ananda Devi partagent le point de vue d?Azna.

Toutefois, elle avoue que dans la partie technique, notamment tout ce qui touche aux réparations, les hommes sont privilégiés. «Les gens imaginent plus facilement un homme réparant un ordinateur qu?une femme. Mais le secteur de la technologie est vaste et il y a tout aussi bien de la place pour les hommes que pour les femmes. Il suffit d?avoir les compétences», souligne Vidoula. Et à Ananda Devi d?ajouter que «la complexité d?un projet est le même pour tous».

Dans une île où les femmes sont majoritaires, de plus en plus d?entre elles s?orientent vers la technologie. Le temps où la technologie était l?apanage des hommes, est définitivement révolu. Dorénavant, elles prouvent quotidiennement qu?elles n?ont rien à envier à leurs pairs masculins.

Publicité