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Nation d?Eric Triton sort en France le 9 mars
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Nation d?Eric Triton sort en France le 9 mars
Vous lancez Nation votre premier album studio en France, comment vous sentez-vous?
Cela fait tellement longtemps que j?attends cette sortie. C?est l?aboutissement d?un rêve, d?une partie de rêve. C?est une autre porte qui s?ouvre pour moi. Mais, j?ai encore d?autres choses à accomplir.
Comment s?est construit cet album ?
Il a été réalisé en deux ans, avec deux réalisateurs : Malcom Burns (Midnight Oil, Emmylou Harris) à New York et Stuart Bruce en Angleterre. Je suis d?abord allé aux Etats-Unis, en février 2002, pour un mois d?enregistrement. Le résultat ne nous semblait pas satisfaisant à Universal et à moi. On trouvait qu?il manquait une couleur world. C?est à ce moment que nous avons rencontré Stuart Bruce qui a réalisé l?album de Susheela Raman. Et puis, il faut avouer que ce n?était pas évident pour moi. Pendant dix ans, j?ai joué en solo. Là, je me retrouvais en studio, avec dix musiciens qui faisaient ce que j?avais l?habitude de faire tout seul !
Comment s?est passé le reste de l?enregistrement?
Très bien ! L?album de Susheela Raman, produit par Stuart Bruce, était celui qui se rapprochait le plus de la musique de l?océan Indien. J?ai surtout apprécié, les sessions d?enregistrement avec les musiciens de Susheela Raman, issus de différentes nationalités. Il y avait des joueurs de tabla, des percussionnistes indiens et africains, un guitariste canadien, un bassiste américain et un batteur mauricien, à savoir Momo Manacourt.
A la fin du travail, ils savaient tous parler le créole ?
(Rires) Non, pas vraiment !!! Mais, ils ont tous compris ce que je voulais accomplir avec ma musique. J?ai pu profiter de cette période d?enregistrement, pour jouer d?autres instruments que la guitare : les percussions ou l?harmonica. C?était une période intense, très riche. J?ai appris à mieux écouter. J?ai appris à mieux comprendre le son, à ne pas perdre de temps. A faire simple.
Etes-vous satisfait du résultat ?
Oui, je suis satisfait de Nation, même si on a toujours tendance à vouloir perfectionner. C?est un album de studio avec douze titres en créole.
Avez-vous dû vous battre pour imposer le créole?
Non. C?est une chance énorme d?avoir pu enregistrer en créole. En fait, les gens de Polydor/Universal ont écouté Blues dan mwa, mon précédent album et Linité. Ils ont compris que c?était mon style et que je devais m?exprimer en créole. Cela m?a aidé à aller plus vite dans la composition des textes. Le créole, c?est tout ce qui me reste de mauricien. C?est le symbole de mon engagement envers mon île. Ma musique est à la fois africaine et indienne. La maison de disques ne fait pas de moi, un produit facile, même si par ailleurs, elle distribue des artistes de la Star Academy !
A qui s?adresse Nation ?
Nation s?adresse à tous ceux qui se sentent concernés par ce qui se passe à l?île Maurice. Je veux aussi prouver que l?on peut aller loin avec des compositions simples et la musique. Cet album, je veux en faire la preuve que nous ne devons pas nous sous-estimer. Il faut être soi-même.
C?est une déclaration d?amour à votre île?
J?aime bien Maurice. Il faut prouver que Maurice est un paradis. Cet album va donner de l?espoir aux musiciens mauriciens.
Propos recueillis par Marie-Noëlle Elissac-Foy
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