Publicité

A Bangui, la présence d?Aristide est un «problème secondaire»

5 mars 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La République centrafricaine, qui a offert l'asile au président déchu Jean-Bertrand Aristide, pourrait subir le même sort que Haïti si l'aide internationale ne s'accroît pas en sa faveur, prévient le ministre de l'Information de l'ancienne colonie française.

Le pays a été régulièrement secoué par des coups d'Etat, le plus récent ayant porté au pouvoir le général François Bozizé en mars dernier.

«Nous sommes sortis il y a quelques mois, bientôt un an, d'une crise très grave qui a failli faire très mal à l'unité nationale, comme en Haïti», a déclaré jeudi Parfait Mbay dans une interview à Reuters.

«Nous pensons qu'aujourd'hui, de la même manière que la communauté internationale est en train d'aider Haïti pour s'en sortir, elle doit aussi aider la Centrafrique», a-t-il ajouté, en espérant que la présence d'Aristide à Bangui permettrait de mieux faire connaître les problèmes de son pays.

LES CAISSES DE L?ÉTAT VIDES

De nombreux nuages économiques s'accumulent, tels que le non paiement des salaires, parfois pendant plusieurs mois, alors que les caisses de l'Etat pourtant riche en diamants et autres ressources naturelles sont quasiment vides.

Selon Mbay, le risque d'instabilité politique augmentera si rien n'est fait dans les six mois ou l'année à venir.

A la question de savoir s'il songeait à un risque de nouveau coup d'Etat, le ministre a répondu : «C'est très possible, d'autant plus qu'il y a beaucoup d'armes qui circulent dans le pays.»

Aristide est arrivé lundi en Centrafrique, accompagné de son épouse, de son beau-frère et de deux gardes du corps. Il vit dans un appartement au sein du palais présidentiel et n'a fait aucune apparition en public.

Il dispose de la télévision par satellite et d'un téléphone, mais avec interdiction de l'utiliser pour intervenir dans la poiltique haïtienne, a précisé Parfait Mbay.

«C'est un homme d'Etat», a ajouté le ministre. «Quand on le voit, il a toujours sa prestance et sa dignité.»

Mbay n'a donné aucune indication sur les projets d'Aristide, ni sur la durée de son séjour en Centrafrique, alors qu'on le donne partant pour l'Afrique du Sud.

«La situation d'Aristide, c'est vrai, c'est un problème qui arrive mais pour nous aujourd'hui, c'est un problème secondaire.»

«La préoccupation du président de la République et du gouvernement aujourd'hui, c'est de trouver des solutions pour faire face au problème des salaires, au problème des bourses ? les étudiants sont en grève ? et des retraites», a-t-il souligné.

Andrew Gray

Publicité