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Boeing et Airbus : le combat
Boeing et Airbus se livrent une bataille ouverte dans la perspective du remplacement par Air Mauritius de deux avions de sa flotte. Le marketing des deux géants de l?aéronautique se fait pressant. C?est un marché d?environ Rs 8 milliards qui est en jeu. La partie s?annonce serrée. L?issue devrait être connue dans quelques mois.
Le vice-président exécutif de Boeing, Laurette Koellner, a fait le déplacement à Maurice pour donner un coup de pouce à la campagne lancée par l?entreprise américaine depuis quelque temps. Elle a rencontré le Premier ministre hier. Il y a quelques semaines, c?était au tour d?Airbus d?accueillir le Premier ministre, Paul Bérenger, à son site de construction à Toulouse .
Boeing a abattu une carte capitale hier pour séduire. Elle a annoncé qu?elle est disposée à investir dans le secteur de la formation à Maurice. Ce type de participation industrielle a été proposé lors des rencontres qu?une délégation du leader mondial de l?aéronautique a eues avec le Premier ministre et des business leaders.
Cette participation s?appliquera tant à de petites entreprises qu?à de grosses compagnies manufacturières. En outre, Boeing s?est dit prête à offrir des solutions qui répondent aux besoins et attentes d?Air Mauritius dans sa stratégie d?exploitation commerciale.
«La vente de nos appareils n?était pas l?objet spécifique de notre visite à Maurice. Nous sommes venus voir les possibilités de cette coopération industrielle», a dit Laurette Koellner aux journalistes sans vraiment les convaincre.
L?opération de charme de Boeing est un exercice classique. Au Maroc, elle vient de faire une importante contribution financière à la Fondation Mohamed V. Or, la compagnie nationale d?aviation de ce pays lancera bientôt un appel d?offres pour l?achat d?une dizaine d?avions. Si Boeing éprouve le besoin de communiquer autour de son image, c?est sans doute parce qu?elle a un intérêt commercial à défendre.
LONGUEUR D?AVANCE
Pour Airbus, outre le facteur prix, le meilleur argument de vente repose sur la configuration actuelle de la flotte de la compagnie nationale. Celle-ci se compose de cinq Airbus A340, deux Airbus A319 et les deux Boeings 767 vieux de 16 ans, qui seront remplacés. Il est avantageux pour Air Mauritius de ne traiter qu?avec un constructeur, ne serait-ce que sur le plan de la formation des équipages. Ce facteur donne une longueur d?avance au consortium européen.
«Ce qui va déterminer notre choix, c?est la meilleure solution technologique et financière. Nous choisirons l?avion qui répond le mieux à notre stratégie et à notre réseau d?exploitation en Europe, enAsie, en Australie ou ailleurs», dit Arjoon Suddhoo, président d?Air Mauritius. «Les études pour le remplacement ont commencé depuis l?année dernière. Nous serons fixés sur notre choix d?ici septembre.»
Airbus a adopté une stratégie visant à élaborer des «familles d?avions» avec le même cockpit et les mêmes aspects techniques, systèmes à bord, et caractéristiques de vol. Ils peuvent être pilotés par les mêmes équipes. Au nombre de quatre au total, elles comprennent la famille A 320 (A318, A319, A320, A321), la famille des gros porteurs (A 300, A 310), la famille des long-courriers (A 330, A 340) et la toute nouvelle A380. Une situation qui permet à Airbus de ramener les coûts d?exploitation à la baisse.
DANS LA BALANCE
Si la stratégie d?Airbus est strictement technique et commerciale, dans les coulisses, on évoque des arguments stratégiques qui pourraient amener les politiques à arbitrer en sa faveur. Les relations étroites entre Maurice et l?Europe sont citées comme un élément qui pèsera lourd dans la balance. En particulier, la France s?est souvent montrée attentive à nos besoins à l?occasion de plusieurs discussions multilatérales.
Quant à Boeing, elle devra bénéficier d?un a priori favorable de la direction d?Air Mauritius. Certaines personnalités aux commandes de la compagnie nationale ont une grande admiration pour l?éthique des Américains en business. Et une aversion pour la manière de mener les affaires des Européens.
L?ambassade américaine soutient sans complexe les efforts déployés par Boeing pour essayer de rafler la mise. «Nous soutenons Boeing, comme nous soutenons toutes les compagnies américaines qui veulent opérer à Maurice», déclare un porte-parole de l?ambassade américaine à Port-Louis. D?ailleurs, John Price, l?ambassadeur américain, était présent à la conférence de presse donnée par la délégation de Boeing hier à l?hôtel Labourdonnais.
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