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Vers des actions immédiates contre la congestion routière
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Vers des actions immédiates contre la congestion routière
EN OCTOBRE 2003, le trajet Rose-Hill ? Port-Louis se faisait en 42 minutes entre 7 heures et 7 h 30. Aujourd?hui, il faut compter 12 minutes de plus. C?est pratiquement dans la même marge que se situe l?augmentation aux autres heures. ?C?est catastrophique?, s?exclame le directeur général de Rose-Hill Transport, Sanjeev Goburdhun, qui produit ces chiffres. ?Il faut agir maintenant ou jamais.?
Le gouvernement a pris la mesure de la situation. Il faut des solutions immédiates, a décidé un comité réuni la semaine dernière sous la présidence du Premier ministre. Les techniciens du ministère des Infrastructures publiques et du Transport intérieur ont ainsi été invités à proposer des solutions possibles.
Plusieurs possibilités sont évoquées : introduction d?une voie à péage sur l?autoroute pour freiner la rentrée et la sortie des véhicules dans la capitale ; interdiction de rouler aux heures de pointe à certains conducteurs désignés selon l?année de l?immatriculation de leur voitures, limitation du nombre d?autobus à partir de Coromandel? Ses solutions pourraient être soumises au Conseil des ministres dès la semaine prochaine
Le péage serait introduit sur les routes à forte densité aux heures de pointe. L?objectif est de décourager les automobilistes à pénétrer dans Port-Louis en leur imposant une taxe, comme c?est le cas à Londres.
Le modèle singapourien de la route à péage intéresse le gouvernement. Communément appelé Electronic Road Pricing (ERP), il vise à imposer une taxe sur les véhicules pénétrant dans le centre-ville. Chaque véhicule doit se doter d?un gadget électronique installé dans la voiture. Cet appareil est activé par une carte magnétique vendue dans les stations-services. La carte est épuisée par le nombre de fois où le véhicule passe devant un appareil ultrasensible installé à l?entrée des centres-villes.
L?autre mesure, une sélection basée sur la plaque d?immatriculation, a fait ses preuves dans beaucoup de pays européens. Elle vise à restreindre le nombre de véhicules se dirigeant vers les centres-villes. Un calendrier est basé sur l?immatriculation des véhicules autorisés à y pénétrer à des heures de pointe. Cette mesure peut toucher jusqu?à 50 % de la flotte de voitures qui entre dans les centres-villes.
Ces deux mesures cadrent avec les conclusions des experts de la Banque mondiale (BM), dans le contexte de l?introduction du métro léger. Ces experts indiquent que la cause majeure de la congestion autour de Port-Louis et dans les hautes Plaines-Wilhems est la tendance à recourir à un mode de transport privé : voitures, motocyclettes, contract vans.
Limiter le nombre d?autobus
La flotte augmente en effet de 10 % annuellement (voir hors-texte). Les usagers des autobus recourent à leur propre moyen de transport pour de nombreuses raisons : horaires décalés, temps de trajet jugé trop long, manque de confort? Résultat : les routes n?arrivent plus à accommoder le nombre de voitures privées.
La troisième mesure cible les autobus. La limitation du nombre d?autobus qui entrent dans Port-Louis est évoquée comme une possibilité parce que certains ne sont remplis qu?à moitié parfois. La mesure consisterait à transporter ces passagers dans un seul bus.
Selon un relevé de la National Transport Authority (NTA), un bon nombre d?autobus se dirigeant vers Port-Louis n?ont plus à leur bord qu?une vingtaine de passagers à l?approche de Coromandel. Il est suggéré qu?une station soit installée à cet endroit pour transférer ces passagers dans un autre autobus. On estime que 30 à 40 autobus pourraient être retirés de la circulation à partir de Coromandel chaque jour.
Cette proposition soulève cependant des grincements chez les compagnies d?autobus. Sanjiv Goburdhun désapprouve toute mesure qui risquerait de décourager encore les usagers des autobus. Outre une situation financière difficile, les compagnies d?autobus déplorent chaque année un taux de 2 à 4 % d?usagers en moins. Cette décroissance est imputée à la présence des opérateurs illégaux.
Outre l?examen ces trois options, les hauts cadres de la NTA ont, de concert avec ceux du ministère, émis des recommandations. Celles-ci concernent la création d?une voie prioritaire pour les autobus entre Coromandel et Port-Louis, l?étude de faisabilité pout la construction d?une route prioritaire de Réduit au rond-point de Caudan et Port-Louis, l?extension du service express jusqu?à la cathédrale de Port-Louis, l?autorisation à la police d?accorder priorité aux autobus aux jonctions et ronds-points, l?élimination partielle des aires de stationnement et la création d?une troisième voie entre Réduit et Saint-Jean.
Le comité recommande aussi aux compagnies de revoir leurs horaires de manière à rationaliser l?utilisation du parc d?autobus. Il est ainsi recommandé de créer un terminus à Coromandel pour aider certains autobus à terminer leur trajet à cet endroit. L?introduction graduelle des autobus de 32 places dans les régions urbaines est aussi jugée nécessaire pour le service intra-urbain.
Le nombre de contract vans est jugé partiellement responsable de la congestion routière. Avec la fermeture de nombreuses usines, bon nombre de propriétaires de ces véhicules se tournent vers cette activité illégale. Le comité recommande que ces opérateurs soient autorisés à effectuer des Leasure trips afin de les décourager à prendre des passagers aux abords des arrêts d?autobus.
PARC AUTOMOBILE
Près de 300 000 voitures sur nos routes
L?expansion constante du parc automobile ? une moyenne de 10 % annuellement ? est en grande partie responsable du problème de congestion. De 190 867 en 1995, le nombre de véhicules enregistrés est passé à 270 450 au 30 juin 2003.
La moyenne des nouveaux véhicules annuellement enregistrés est de 10 000 ces cinq dernières années. Au 30 juin 2003, on a noté une croissance constante chez deux types de véhicules : les deux-roues (123 973) et les voitures (65 567).
Quant aux contract buses privés, leur nombre a augmenté par 200 % entre 1994 à 2003. Ils sont passés de 980 en 1994 et 2 820 en 2003.
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