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Peu de voix pour l?Electronic Voting Machine
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Peu de voix pour l?Electronic Voting Machine
Bharati Electronics Limited (BEL) a dû être déçue. C?est le scepticisme qui a semblé planer sur les représentants des partis politiques et de la commission électorale, réunis hier au sir Harilall Vaghjee Hall. La firme indienne y présentait son Electronic Voting Machine.
L?équipement a été conçu par BEL sur commande, conformément aux besoins du système électoral mauricien. Il devrait rendre plus sûr le scrutin et plus rapide l?annonce des résultats. Les quatre étapes du procédé de vote que sont l?impression des bulletins, le vote lui-même, le décompte et les résultats, sont ramenées à une simple touche. Il suffit à l?électeur d?appuyer sur une touche à côté du nom du candidat de son choix et le tour est joué.
Les sourcils froncés en permanence, le Premier ministre, Paul Bérenger, a semblé s?inquiéter en particulier des possibilités qu?offre le nouvel équipement de retracer les résultats par centre de votes. L?opposition a également émis des réserves. Citant des rapports défavorables au système, publiés par la presse étrangère, Arvin Boolell a évoqué des « zones d?ombres et beaucoup d?interrogations ». Sarat Lallah, voulait, lui, savoir s?il était possible pour un électeur de voter plus d?une fois : « Il nous faut des garanties que les élections ne pourront être truquées».
R. Jagannathan, le General Manager de la firme indienne, a eu fort à faire pour défendre son produit. Les représentants de BEL ont soutenu qu?il s?agissait d?une innovation dernier cri, qui avait fait ses preuves dans la Grande péninsule. C?est en effet ainsi que les Indiens votent depuis 1992. Une brève introduction de la compagnie, chiffres à l?appui, a réussi à convaincre l?assistance de sa crédibilité.
Le système proposé par BEL est différent de celui qui a été utilisé aux Etats-Unis et qui avait fait l?objet de rapports défavorables sur le plan de la sécurité. Il existe en effet plusieurs types d?Electronic Voting Machines. Contrairement au système américain, le système indien n?est pas muni d?une puce électronique, ce qui le rendrait plus sûr, assurent les fabricants.
Les sceptiques n?étaient pas que parmi ceux qui posaient les questions. Très silencieux, l?ex-juge Robert Ahnee a confié à l?express que s?il avait trouvé la présentation très bonne, il était persuadé que l?ingénuité des Mauriciens allait bien vite avoir raison du système ! Qu?à cela ne tienne, BEL est là pour une série de consultations et de démonstrations. Elle poursuivra sa campagne d?information sur son produit.
Pour ou contre ?
Il y aurait autant de voix favorables au vote électronique que de voix discordantes. Le plus grand souci est l?aspect sécurité. Peut-on falsifier les résultats des élections ? Les recherches entreprises aux Etats-Unis suggèrent que oui. Un modem peut fonctionner dans les deux sens il peut assimiler l?information ou la repousser. Il semblerait aussi que les compagnies qui fabriquent ces machines aient les moyens de faire un suivi des résultats des élections.
L?autre argument est le coût énorme de la nouvelle technologie. L?investissement vaudra-t-il la peine quand on sait qu?une grande partie de Mauriciens se méfient de tout ce qui s?appelle technologie, toute cyberîle que l?on soit? Et si ceux qui ne comprennent pas optaient tout simplement pour? ne pas aller aux urnes ?
Ceux qui se prononcent en faveur du vote électronique arguent que ces problèmes ne sont que conjoncturels. Le système actuel prête à confusion, disent-ils, et l?erreur humaine dans le décompte est plus que probable alors que le vote électronique éliminera tout risque d?erreur et améliorera le niveau d?exactitude. Les bulletins invalides seront choses du passé.
Le nouveau système aura surtout l?avantage de faire gagner du temps. Le vote, le décompte et les résultats pourront être rendu public le même jour.
A long terme, l?organisation des élections coûterait aussi moins cher. Les mêmes machines pourront être utilisées à plusieurs reprises, faisant de l?investissement initial une très bonne affaire. Plus besoin donc de faire imprimer les bulletins de votes.
Deepa Bhookun
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