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Affaire de molletons : Vishnu Bundhun face à sa secrétaire
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Affaire de molletons : Vishnu Bundhun face à sa secrétaire
La scène est saisissante. Un ex-ministre est dans le box des accusés alors que sa Confidential Secretary témoigne en faveur de la poursuite, décryptant son agenda de rendez-vous. C?est ainsi qu?a démarré, hier, le procès intenté à Vishnu Bundhun, ex-ministre de la Sécurité sociale, en cour intermédiaire.
Vishnu Bundhun, ex-ministre travailliste, répond d?une charge d?entente délictueuse. Il est accusé d?avoir, en avril 1999, agi de connivence avec feu Sookdeo Rambaruth pour soutirer de l?argent à un dénommé Ishwarduthsingh Dabeesingh sur l?allocation de la fourniture des molletons alors que le contrat a déjà été alloué au beau-frère de ce dernier, Satyam Alleck.
Les magistrats Prithviraj Fekna et Shameen Hamuth-Laulloo ont ainsi entendu Jit Nor Ha Kong, l?ancienne secrétaire de l?ex-ministre. Vishnu Bundhun a retenu les services de Mes Guy Ollivry, QC, Yusuf Aboobaker, Senior Counsel, et Yanilla Moonshiram. La poursuite est représentée par Me Joanne Moutou-Leckning, Principal State Counsel. Elle était assistée hier de l?inspecteur Said Najeer.
Le pôle d?attraction a été l?agenda rouge de l?année 1999.
Me Moutou-Leckning : A qui appartient cet agenda?
Jit Nor Ha Kong : A moi.
Le 24 juillet 2000, vous avez remis cet agenda à l?enquêteur Rahman Mohamad Eshan de l?Economic Crime Office ?
Oui.
A la page du 5 avril 1999, je note : «Signature of contract, blankets. PAS Veerasamy». Qu?est-ce que ça veut dire ?
Cela concerne la signature pour la fourniture des molletons. Le cadre responsable est le Principal Assistant Secretary Veerasamy.
Qui vous a informé de ce rendez-vous?
Le chef de cabinet et le Principal Assistant Secretary.
Est-ce que vous avez informé le ministre ?
Le ministre dispose d?un agenda semblable au mien.
Est-ce que la signature du contrat a eu lieu ce jour-là ?
Oui. (Le 5 avril 1999)
L?échange de questions-réponses porte ensuite sur les procédures employées quand c?est le ministre qui fixe un rendez-vous. A la secrétaire d?indiquer que dans un tel cas, elle ne le transcrit pas dans son agenda.
Avez-vous déjà rencontré M. Dabeesingh en 1999 ?
Oui. Au bureau.
Il est venu dans quelle optique ?
Pour rencontrer le ministre.
Est-ce que vous connaissez Satyam Alleck ?
Non.
Est-ce que M. Dabeesingh est venu seul au bureau ?
Je me souviens de sa venue une seule fois et il était seul.
Cette première séance a démarré toutefois dans le cafouillage. En effet, la Principal State Counsel a commencé, dans un premier temps, la lecture d?une déposition que l?ex-ministre avait donné à l?assistant commissaire de police, Mozafar Ahmad Ramjaun, du défunt ECO. Toutefois, Me Ollivry, y a objecté arguant que sa déposition devrait s?en tenir aux accusations d?avril 1999 uniquement et non pas à toute charge subséquente.
La séance est levée. Et les deux parties se sont attelées pendant plusieurs minutes à discuter sur certains points, ce qui a suscité l?irritation du magistrat Prithviraj Fekna. «I am surprised that counsels are making it out now. We come here for the case and not for counsels to negotiate.»
Le procès a été renvoyé au 3 mars. Entre-temps, la poursuite communiquera les dépositions de trois nouveaux témoins, dont le secrétaire du Central Tender Board, Deolall Bahadoor.
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