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Des proches du suspect chez la victime

20 février 2004, 20:00

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Droguée puis violée, la victime, une jeune femme de 22 ans, allègue avoir reçu hier la visite des proches du suspect, Altaf Bhat. Ces derniers lui auraient demandé de retirer sa plainte au lendemain de la comparution du ressortissant indien en cour. Mais c?est hors de question, répond-elle.

Altaf Bhat est l?ex-employeur de la victime, Yasmeen (prénom fictif). Un ami qui travaille également pour Altaf Bhat l?ayant recommandée, elle rencontre le suspect le 11 janvier. Elle est embauchée comme vendeuse dans un stand dans la cour de Super U à Grand-Baie. Son salaire : Rs 1500 par mois. Et le lendemain, elle tient son stand de 8 heures à 22 heures.

Altaf Bhat lui confie qu?il est à la recherche d?une autre vendeuse. Yasmeen pense tout de suite à sa s?ur avec qui elle partageait jusqu?à mardi dernier un domicile à Pamplemousses en compagnie de son beau-frère et son mari.

Le vendredi 13, la jeune femme se rend au travail en compagnie de sa soeur. Sachant que Yasmeen a exercé comme chef dans le passé, Altaf Bhat lui parle d?un projet de préparation de plats à emporter. Il lui assure qu?il a obtenu l?accord de son propriétaire pour mettre un stand devant son appartement à Chemin 20 pieds, Grand-Baie. L?Indien lui promet de la rétribuer pour ce travail supplémentaire.

Le lendemain, Yasmeen et sa s?ur visitent la cuisine d?Altaf Bhat. Elles se mettent à la tâche jusqu?à 19 heures. Le suspect les invite à revenir dimanche pour cuisiner et convie également leurs maris respectifs. Les couples s?y rendent et le même jour l?Indien prête un téléphone cellulaire à Yasmeen.

Mais son beau-frère et sa s?ur se disputent. Yasmeen ne se rend pas au travail les deux jours suivants. Entre-temps, la brouille prend de l?ampleur et sa s?ur refuse de continuer à travailler.

«SI MO PAS TI FAIBLE MO TI POU LUTTER»

Yasmeen se rend compte qu?elle ne pourrait continuer seule et décide de récupérer ses gages de quatre jours. Mercredi, jour férié, elle se rend chez Altaf Bhat. A Grand-Baie, elle lui téléphone avant de se rendre à son appartement. «Monne trouve impé bizarre ki li diman moi si mo tout sel mais mo pas fine casse la tête are ça. Mo ti lé récupère mo cash.»

Une fois chez son ex-employeur, ils discutent de tout et de rien pendant une heure. A chaque fois qu?elle tente d?abréger leur conversation, Altaf remet un autre sujet sur le tapis.

Après avoir siroté une boisson gazeuse glacée, Yasmeen se sent faible. Elle se rend au lavabo. «Monne lave mo figure et ler mo relevé, mo senti li derrière moi. Là, line commence dire moi kitchose ki pas bisin, li fine tini mo la main et caresse moi. Monne saye sauvé mais line pousse moi lor lilit et appuie lor moi fort. Si mo pas ti aussi faible, mo ti pou lutté are li. Are mo papa mo pas fine peur lutter parski li ti batte maman. Mais là, mo ti abatte net.»

L?Indien l?aurait alors violée en prenant soin de ne pas éjaculer en elle. Il se serait ensuite confondu en excuses en lui demandant de ne rien révéler.

Quand elle réclame son argent, il lui remet Rs 200 en lui disant que la différence lui sera remise deux jours plus tard.

Dans l?autobus, Yasmeen, en larmes, envisage de ne rien dire à son mari de peur qu?il ne la quitte. Puis, elle avoue tout. «Vous savez, je ne suis pas née de la dernière pluie. Mes parents étaient des gens ouverts. Je me suis bien amusée, bien promenée durant ma jeunesse. J?ai eu de nombreuses propositions de mariage avant d?accepter celle de mon mari. Mais jamais je n?aurais cru que j?aurais vécu un viol. Mo fine gagne choc. Sèlement ceki fine passe là-dans ki conné ki ressenti», confie la jeune femme. Son mari et elle se rendent ainsi à la police pour consigner une déposition.

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