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«Pénurie de pêcheurs» : Le ministre s?explique

20 février 2004, 20:00

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L?article intitulé «Une pénurie de marins bloque la campagne de pêche» paru dans votre édition du 19 février dernier est incomplet dans la mesure où votre journal n?a tenu compte que d?un seul son de cloche... Déjà, il y a quelques semaines, une réunion interministérielle sous la présidence du Premier ministre a été renvoyée sur son ordre en raison du caractère unilatéral d?un article publié dans l?express le matin. Cette fois, certains opérateurs, entre autres MM Hemraj Ghina et Ip Kwok Sheung, veulent donner l?impression que le gouvernement en général et le ministère de la Pêche en particulier ne s?intéressent pas à leurs problèmes, alors qu?en réalité depuis septembre 2000 ils n?ont cessé d?être accueillis au ministère et le Premier ministre a présidé plusieurs séances de travail à leur demande.

Dans l?article qui nous concerne, quatre bateaux nommément le Gentilly, le Hoi Siong no 5, le Shandrani et Talbot 4, seraient bloqués parce que les « marins mauriciens font défaut» pour reprendre les mots mêmes du journaliste de l?express qui en passant confond marins et pêcheurs. En fait, le Gentilly n?a pu appareiller depuis le 26 janvier 2004 en raison d?un problème de sécurité, le département de la Marine au ministère de Infrastructures publiques ayant objecté à son départ. Il est donc faux de dire que le Gentilly n?a pas appareillé à cause d?un problème de pêcheurs. L?article d?un autre journaliste de l?express, la semaine dernière, avait bien situé le problème. Cette semaine, j?ai dû accueillir les 54 pêcheurs de Gentilly qui attendent de pouvoir reprendre le travail à bord.

Talibot 4 qui n?a jamais fait appel ces trois dernières années à la main-d?oeuvre étrangère ne connaît pas de problème de main- d?oeuvre. Il sait « fidéliser » ses pêcheurs.

Hoi Siong no 5 est parti le vendredi 13 février pour sa campagne avec un détour dans un port malgache pour recruter des pêcheurs. Dans ce cas, le comité technique présidé par le ministre du Travail et de l?Emploi, a octroyé 30 % de la main-d?oeuvre requise pour le recrutement des pêcheurs malgaches et 70 % pour celui des pêcheurs mauriciens. Hoi Siong no 5 a fait fi de cette réglementation et ce bateau est parti avec seulement 9 pêcheurs mauriciens. Shandrani qui ne devait recruter que 30 % de la main d?oeuvre étrangère cherchait également à appareiller avec seulement 9 pêcheurs mauriciens. A partir de ces informations, vous pouvez comprendre qui joue au plus malin. Plutôt que de parler pénurie de pêcheurs dans l?article en question, il aurait été plus juste de parler de boycott de pêcheurs mauriciens par certaines compagnies de pêche pour une main-d?oeuvre étrangère malgache employée dans des conditions plus avantageuses financièrement pour les compagnies en question.

La conséquence inévitable de tout cela est que des pêcheurs mauriciens qui comptent plusieurs campagnes de pêche à bord des bateaux appartenant à M. Ip Kwok Sheung et à M. H. Ghina et qui ont fait preuve d?une conduite irréprochable au cours des dernières années sont laissés sur les quais à Trou-Fanfaron, sans emploi. Bien sûr, en pareille occasion, ils n?ont pas d?autre choix que de se tourner vers le ministère de la Pêche pour se plaindre et chercher une aide sociale qui dans les faits est hypothétique. Dans les meilleurs des cas, ils auront une aide éphémère pour un mois. Voilà à quoi tout cela rime.

Il faut aussi savoir que les opérateurs des bancs bénéficient de facilités dans le port. Les 4 000 tonnes de poissons pêchés sur les bancs sont réparties entre les mêmes compagnies de pêche depuis des décennies. Aujourd?hui, une tonne de poisson frigorifiée va chercher dans les Rs 50 000. Les chiffres sur les prises annuelles, de chaque compagnie, sont disponibles au ministère pour être vérifiés. Le prix du 1/2 kilo de poisson est fixé par ces mêmes compagnies qui sont les seules à connaître la marge réelle de profit réalisé. La Banque de développement a mis à leur disposition depuis deux ans plusieurs millions de roupies à 10 % d?intérêt. Le ministère a réduit l?importation de plusieurs espèces de poissons à leur demande pour favoriser l?écoulement de leurs prises.

Les opérateurs affirment que la pêche sur les bancs est en crise. Néanmoins certains opérateurs ont pu s?acheter un bateau, alors que d?autres ont fait construire une nouvelle unité.

Sylvio MICHEL

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