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La TEST veut créer un noyau industriel compétitif même après 2005

17 février 2004, 20:00

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Vous avez lancé le ?Corporate Debt Restructuring Committee? (CDRC) la semaine dernière. Quel est l?objectif de ce nouveau comité ?

Il ne s?agit pas véritablement d?un nouveau comité mais d?une nouvelle étape logique du programme de restructuration de l?industrie de textile-habillement initié par la Textile Emergency Support Team (TEST). Comme vous le savez nous avons lancé la TEST en juillet 2003 afin de répondre à un besoin urgent de l?industrie de se restructurer pour survivre au démantèlement de l?accord multi-fibre, entre autres.

Un peu plus d?une quarantaine d?entreprises ont participé au programme, dont la première étape a consisté à réaliser un audit des principaux problèmes génériques de ce secteur. Nous en avons identifié cinq : les procédés de production, la gestion financière, le marketing international, la planification stratégique et budgétaire et le rehaussement du niveau de la main-d??uvre.

La TEST s?est attelée à résoudre ces problèmes spécifiques. Dès le diagnostic établi, l?Export Processing Zones Development Authority (EPZDA) et le National Productivity and Competitiveness Council (NPCC) ont immédiatement commencé à travailler sur les procédés de production au sein des entreprises.

Actuellement, quelque 25 d?entre elles sont engagées dans des programmes visant à améliorer les procédés de production en tenant compte des conclusions des exercices d?audit.

La TEST planche aussi sur des propositions concernant le marketing international et nous finalisons un plan pour la planification stratégique et budgétaire. Le CDRC vise, lui, à s?attaquer au problème financier des entreprises.

<B>Quel est le mode de fonctionnement du CDRC et comment, concrètement, aidera-t-il les entreprises ? </B>

Le CDRC qui concerne davantage l?aspect de soutien financier a été présenté la semaine dernière aux 42 entreprises ayant participé au programme de la TEST. Toutes les entreprises ayant participé à la première étape du programme, soit l?audit des problèmes, sont éligibles pour le volet de restructuration de la dette.

Le CDRC est présidé par le Managing Director de la Banque de Maurice, Anil Gujadhur. Les deux coprésidents de la TEST, Rajakrishna Chellapermal, du ministère des Finances, et moi-même faisons également partie du comité.

Nous travaillerons sur la base de plans d?actions (ou de workouts dans notre jargon) que nous élaborerons pour chaque entreprise. Ces plans de restructuration financière comprendront des conditions sur lesquelles toutes les parties concernées, soit les banques commerciales, la Banque centrale, et les entreprises auront à s?accorder.

Les entreprises, avec l?aide de consultants, élaboreront leur propre business plan identifiant leurs besoins financiers mais aussi leurs projets pour améliorer les procédés de production, notamment. Ces business plans seront soumis à une équipe de consultants spécialisés dans la restructuration financière recrutés par le CDRC.

A partir du business plan des entreprises l?équipe de consultants élaborera un package financier qui sera discuté avec l?entreprise concernée, les banques et toute autre institution financière concernée. Une fois agréé, le package sera soumis au CDRC pour le feu vert final.

<B>Quels seront les éléments de ce package de restructuration financière ?</B>

Il ne s?agira pas uniquement de proposer une restructuration de la dette. Il faudra prendre en considération les efforts réalisés par l?entreprise pour améliorer ces procédés de production. Comme expliqué plus haut, nombre d?entre elles sont déjà embarquées avec l?EPZDA et le NPCC dans des projets visant à améliorer leurs procédés de production. Ce sera pris en compte.

Le package pourrait comprendre des mesures comme le rééchelonnement de la dette, l?injection de capitaux propres, le gel du repaiement des intérêts et du capital et la conversion des dettes en prise de participation.

Mais j?insiste que le package est une combinaison de mesures financières accompagnée d?un engagement de la part des entreprises à restructurer leurs procédés de production.

En fait, quand un package sera approuvé cela voudra dire que le CDRC pense que les mesures préconisées sur le plan de la production et sur le plan financier représentent de très bonnes chances pour l?entreprise de s?en sortir.

Le critère principal pour bénéficier d?un programme de restructuration financière est donc de montrer qu?on fait son ?homework? en interne?

Il faut que le projet ait une chance de succès : c?est cela le critère principal. Il faut qu?on arrive à se dire que cette entreprise a un avenir même si elle passera par une période de transition difficile. Nous voulons aider à construire des entreprises viables et compétitives.

En fait, ce que nous voulons faire au niveau de l?entreprise découle de notre vision pour l?industrie du textile-habillement en général. Nous voulons asseoir sur des bases solides le noyau d?une industrie du textile et de la confection qui sera compétitive même après le démantèlement de l?accord multi-fibre, au-delà de l?AGOA 3 et aussi dans le contexte d?un accord de partenariat économique avec l?Europe.

<B>Vous parlez du noyau de l?industrie textile mais elles ne sont que 42 entreprises à participer à la TEST ?</B>

Ce n?est pas important pour le moment. Mais en même temps, ces 42 entreprises représentent une partie très importante de notre future core industry. Ce qui est primordial, ce n?est pas le nombre mais plutôt ce que cela pourrait représenter à l?avenir et ce que cela pourrait déclencher.

<B>Est-ce que la solvabilité est un critère ? </B>

Je le répète, nous nous intéressons aux entreprises qui sont ?sauvables? d?après les indicateurs que nous avons établis lors de la première phase d?audit. Il faut qu?elles aient un fort potentiel d?amélioration et un package financier acceptable.

<B>Quelle est l?importance de l?aspect financier par rapport aux autres types de difficultés, notamment au niveau de la gestion ou du marketing ? </B>

Une entreprise aura beau se débrouiller sur tous les plans mais sans une restructuration financière rien ne marchera, rien ne sera même envisageable. Accablée par la dette et les charges financières, une entreprise ne peut dégager de ressources ne serait-ce que pour payer un consultant pour améliorer ces procédés de production.

La restructuration nécessaire dans l?industrie du textile-habillement ne peut être menée par les entreprises seules. Les banques seules ne peuvent pas aider non plus car il y a des policy issues à considérer, d?où le rôle central de la Banque de Maurice au sein du CDRC. Isolément, aucun des stakeholders ne peut agir, d?où l?approche intégrée et commune privilégiée par la TEST dès le départ.

Chacun doit apporter sa contribution. Les banques et institutions financières doivent jouer le jeu à condition que les chefs d?entreprises acceptent de faire leur part à leur niveau. Ce n?est que de cette façon que nous réussirons cette restructuration dont nous parlons depuis des années.

<B>Quand le CDRC se mettra-t-il au travail ? </B>

Rapidement. Nous nous rencontrerons dès la semaine prochaine. Nous savons qu?il y a déjà une entreprise qui est prête à soumettre son business plan. Trois ou quatre autres ont aussi déjà commencé à préparer les leurs.

<B>Quel est le délai entre la réception du ?business plan? et l?application d?un package de restructuration financière ? </B>

C?est difficile à dire. Néanmoins, nous serons guidés par la notion d?urgence. Il faut trouver des packages qui sont acceptables pour toutes les parties concernées. Il faudra faire vite tout en prenant toutes les précautions nécessaires et en agissant de manière responsable. La tâche n?est pas aisée.

<B>Il y a cinq entreprises en difficulté qui disent avoir un urgent besoin de soutien financier et ne pouvoir attendre la TEST?</B>

Elles auront à passer par la TEST. Toutes les entreprises qui souhaitent bénéficier d?un programme de restructuration financière devront passer par la TEST et passer par la première étape d?audit. Comme je l?ai expliqué la TEST a une méthodologie et des objectifs. Il ne s?agit pas uniquement de donner une aide financière. Il s?agit d?un programme de restructuration en profondeur qui implique aussi une restructuration financière.

?Chacun doit apporter sa contribution. Les banques et institutions financières doivent jouer le jeu à condition que les chefs d?entreprise acceptent de faire leur part à leur niveau. Ce n?est que de cette façon que nous réussirons cette restructuration dont nous parlons depuis des années.?

Propos recueillis par Stéphane SAMINADEN

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