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Cinq usines de textile appellent l?état à la rescousse

15 février 2004, 20:00

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LA SITUATION financière de cinq usines textiles, où travaillent 2 500 ouvriers, se détériore. Les démarches qu?elles ont initiées ces dernières semaines auprès de leurs organismes bancaires n?ont pas abouti. Elles demandent au gouvernement d?intervenir afin que les banques soient plus flexibles quant aux prêts consentis, en attendant que la Textile Emergency Support Team (TEST) finalise son audit.

Mookeshwarsing Gopal, président de la Mauritius Export Processing Zone Association (MEPZA), reste malgré tout confiant. La situation, dit-il, ?n?est pas désespérée?.

Plusieurs usines, poursuit-il, sont pleinement engagées dans ce processus à la suite de l?étude effectuée sous la houlette de la TEST auprès d?une quarantaine d?usines textiles. Les recommandations de cette étude concernent les restructurations du processus de production, de la gestion financière, du système de marketing et de la formation.

?Les problèmes de ces usines datent de quelques mois déjà. Leurs démarches auprès des banques n?ont pas donné grand-chose. Il importe que le gouvernement intervienne pour que l?on puisse trouver une solution. Il faut éviter d?autres fermetures et des pertes d?emplois?, dit Mookeshwarsing Gopal.

Ces usines connaissent, selon lui, de graves problèmes de liquidités. Malgré des carnets de commandes remplis, elles peinent à les assurer en raison de leurs problèmes financiers. Il est donc vital que les banques leur offrent beaucoup plus de facilités pour leurs opérations.

?Plan de sauvetage formidable?

Selon le président de la MEPZA, une période moratoire doit être accordée à ces usines, qui exportent leurs produits vers l?Europe et les Etats-Unis, en attendant que la TEST statue sur leur sort. En raison de ces problèmes, dit-il, ces usines risquent de ne pas pouvoir commander des matières premières à temps pour honorer leurs commandes. Pour respecter leurs délais, il leur faudra en effet acheminer leurs produits par avion, ce qui leur reviendra plus cher.

?La flexibilité des banques est d?importance vitale en attendant les recommandations de la TEST. C?est un plan de sauvetage formidable. On y croit, d?autant que d?anciens clients qui avaient décidé de s?approvisionner dans des pays du Sud-Est asiatique repassent des commandes chez nous?, dit-il.

Directeur de la Southern Textiles Ltd, ce dernier est de ceux ayant gardé la foi dans la zone franche, malgré les difficultés qu?éprouve le secteur de la bonneterie. Pour preuve, il vient d?investir Rs 70 m dans l?amélioration du système de production de son usine. C?est aussi le cas pour des groupes qui se portent bien, à l?instar du groupe Star Knitwear, de la Compagnie mauricienne de Textile, de Shibani Knitting Co. Ltd, de Sentosa Enterprises Ltd, de Floréal Knitwear Ltd, du Palmar Group of Companies et de Beachwear Exports, qui ont de vastes programmes d?extension et de recrutements.

?Comme à la Southern Textiles Ltd, d?autres usines ont investi dans des programmes de restructuration. Le secteur peut encore créer de nombreux emplois car ces restructurations vont lui permettre d?être plus compétitif sur le marché mondial.? D?autant, dit-il, qu?il existe des usines à la recherche de 3 000 ouvriers, notamment des machinistes, mais qui n?arrivent pas à recruter.

Cependant, à cause du sentiment d?insécurité d?emploi, ainsi que du niveau de salaire et des conditions de travail, les gens réfléchissent deux fois avant de décider de travailler dans les usines de la zone franche. Résultat : la plupart des secteurs importants, à l?exception de la zone franche, ont enregistré un taux de croissance et d?investissement positif l?an dernier.

S?il est vrai qu?il y a eu fermetures d?usines, d?autres ont ouvert leurs portes, dit Mookeshwarsing Gopal. L?an dernier, seulement 3 000 pertes d?emploi ont été recensées, l?effectif de la zone franche étant passé de 90 000 à 87 000.

L?enquête effectuée par la Mauritius Employers Federation en décembre dernier indique que la majorité des entreprises de la zone franche estiment que l?emploi dans ce secteur restera quasiment inchangé.

S?il est vrai que le business mood semble vouloir s?améliorer légèrement par rapport à l?année dernière, le secteur reste moins optimiste que celui du commerce au détail ou au gros. La raison est liée à la libéralisation de l?environnement commercial et à la compétition des économies émergeantes, qui ont un impact considérable sur ce secteur.

Cependant, aussi surprenant que cela puisse paraître, et malgré la férocité de la compétition internationale, le degré de confiance dans les marchés étrangers est plus élevé cette année qu?en 2003. Cela s?explique par la reprise des économies internationales, qui commence à se profiler à l?horizon depuis l?an dernier.

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