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Vivre en appartement
«Le métier de syndic est très ingrat ! » C?est ce qu?affirment tous les administrateurs d?appartements qu?ils soient privés ou gérés par la National Housing Development Company Ltd (NHDC). Et pour cause, ils sont les seuls à être accusés quand les choses ne vont pas dans les appartements. Au moindre problème d?étanchéité, d?électricité ou de dysfonctionnement d?une conduite d?eau, ils sont montrés du doigt. Parfois, c?est la présence de fourmis ou de souris dans les chambres qui provoque un litige. Si dans les appartements privés, les syndics s?en tirent plutôt bien, c?est loin d?être le cas dans ceux de la NHDC. « Syndic c?est ène la monnaie zété ! », lance amèrement un résident du complexe de Pointe-aux-Sables. « Narien zotte na pas faire », affirme un autre. « Ici syndic même na pas éna et quand nous gagne problèmes, zotte dire nou alle NHDC Rose-Hill et quand nou alle là-bas, zotte dire nou alle guette nou syndic ! Zotte lave la main avec nous et zotte faire nous couma boule ping-pong », confie une résidente du complexe de Poste-de-Flacq.
La copropriété : une notion récente
Au complexe de Beau-Vallon à Mahébourg, le syndic, nous dit-on, a dépassé son mandat de trois ans et, de ce fait, ne détient pas de statut légal. D?ailleurs, les résidents ont depuis longtemps cessé de payer la cotisation mensuelle obligatoire avec pour résultat la coupure d?eau par la CWA et les conséquences que l?on imagine. « Nous faisons toutes les démarches possibles pour redresser la situation et élire un nouveau syndic, mais nous avons les mains liées car, selon la loi, nous devons avoir recours à la justice. Le pire, c?est que la NHDC ne nous aide pas pour tout cela. Entre-temps, la situation empire », affirme Eroll Kodye, un des résidents, lui-même ex-syndic.
Qui peut mettre de l?ordre dans tout ce fouillis ? Tous les regards convergent vers la NHDC. À cela, Richard Toulouse, Estate Officer de la NHDC, répond : « Il est important de faire ressortir que la NHDC est une entreprise publique. Elle n?est ni une autorité et encore moins un tribunal comme le croient de nombreuses personnes ». Ce qui est sûr, c?est que l?absence d?une autorité digne de ce nom donne lieu à de nombreux abus comme cela a été le cas il y a dix jours. En effet, la police a dû intervenir dans un appartement du complexe de Poste-de-Flacq pour interpeller un groupe d?hommes et de femmes qui s?adonnaient à des activités louches. On ne parle même pas des nombreux problèmes de cohabitation entre voisins. « La notion de copropriété est assez récente à Maurice pour certaines catégories de personnes. La plupart des gens préfèrent avoir leur propre maison et leur jardin. Il leur faut un temps d?adaptation », concède Richard Toulouse.
Désiré Guildhary, président de l?association des syndics et lui-même syndic des appartements NHDC de Vacoas, estime qu?en tant qu?entreprise publique, la NHDC doit s?intéresser aux problèmes que rencontrent les résidents : « Je peux comprendre que l?objectif premier de la NHDC est avant tout de résoudre le problème du logement, mais a-t-on seulement pensé que des individus avec des habitudes et des cultures différentes doivent cohabiter et que ce ne sera pas toujours facile ? La MHC qui accorde des emprunts aux acheteurs d?appartements et la NHDC qui en construit et les gère, doivent être partie prenante de nos problèmes et prendre leurs responsabilités, surtout en cas de conflits ! », affirme Désiré Guildhary. C?est un avis que partage Eroll Kodye : « Le syndic a de trop lourdes responsabilités, surtout en ce qui concerne les frais des recours en justice, notamment pour exiger qu?un résident paie sa cotisation. Comme les syndics sont souvent des habitants du complexe, c?est très délicat pour eux de traîner un des copropriétaires, voire un voisin, en justice. Je pense que l?on aurait pu nous épargner cela et nous permettre de nous limiter à la gestion du complexe », souligne-t-il.
D?où la décision de certains propriétaires d?appartements de confier l?administration du complexe à un syndic professionnel. Ce que ne souhaite pas encourager Désiré Guildhary. « Il est souhaitable qu?un syndic soit un résident du complexe, parce qu?il s?agira pour lui de défendre aussi ses intérêts ! », dit-il.
Face à la dégradation de la situation dans les complexes NHDC, le gouvernement étudie la possibilité de renflouer les caisses des syndics en débloquant Rs 16 millions. Cet argent serait géré par la NHDC qui serait chargée de le redistribuer. Mais ce serait la première et dernière fois que l?état interviendrait, préviennent les autorités.
Il y a aussi les recommandations du rapport du juge Rampersad Proag, chargé d?étudier cette question, mais ce rapport a connu le même sort que la plupart des recommandations d?autres commissions d?enquête. Il a fini dans un tiroir.
« Le syndic a de trop lourdes responsabilités, surtout en ce qui concerne les frais des recours en justice. »
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