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Maya, victime des pétards
Maya Nudurchand n?est plus. Brûlée par des pétards pendant le réveillon, cette femme de 63 ans a rendu l?âme samedi dernier après avoir subi d?atroces souffrances. Habitant Cité Barkly, à Beau-Bassin, elle exprimait ses meilleurs v?ux à un voisin debout sur le pas de sa porte, lorsqu?un paquet de pétards a atterri à ses pieds. Sa longue jupe en nylon, matière hautement inflammable, a alors pris feu, brûlant grièvement ses jambes. « Elle traversait la cour lorsqu?un voisin lui a souhaité une bonne année. Pour ne pas être impolie, elle est allée à sa rencontre. C?est alors que l?accident est survenu. Les pétards ont explosé sous sa jupe. La bouteille utilisée par un deuxième voisin pour maintenir les pétards sur le sol a volé en éclats, blessant ma mère par la même occasion. Il a fallu onze points de suture pour recoudre la plaie », raconte Namita, la benjamine de la disparue.
Douze cas de brûlures
Admise au service des grands brûlés de l?hôpital Candos, Maya a été terrassée par une septicémie, infection générale due à la prolifération de bactéries dans le sang. Malgré elle, elle est devenue ainsi l?une des premières victimes connues des pétards. Depuis le réveillon, douze cas de brûlures et autres blessures liées à ces explosifs ont ainsi été répertoriés par la Consumer Protection Unit (CPU). Ce département du ministère du Commerce enquête sur ces accidents depuis la publication, dans l?express samedi du 3 janvier 2004, du drame vécu par une habitante de Cap-Malheureux. Un feu d?artifice a explosé aux pieds de cette quinquagénaire. Gravement atteinte, le pied presque en lambeaux, la malheureuse a été envoyée à l?étranger par ses proches pour subir une greffe. Des cas d?enfants blessés aux yeux par des morceaux de pétards ont aussi été signalés.
Malheureusement, déplore un cadre de la CPU, les familles affectées par ces drames ne veulent pas communiquer les détails sur les pétards qui ont causé ces accidents. « Ils ont peur que la police n?engage des poursuites contre eux », indique un officier. Même la famille Nudurchand n?a pas jugé bon de porter plainte contre le voisin fautif ou de tenter de savoir quel type de pétard avait causé la perte de Maya. « Maman a dit qu?elle ne voulait pas porter plainte et nous a enjoints de faire de même. Vous savez, notre voisin a l?habitude d?allumer des pétards chaque année. Ce n?est en fin de compte qu?un accident. Et puis, nous allons vivre dans cette même rue pendant longtemps. On ne veut pas envenimer nos relations », confie un proche de la victime.
Respecter le mode d?emploi
Cette omerta n?arrange pas la CPU. Certains détails lui auraient permis de savoir quel genre de pétard est potentiellement à risque. En effet, chaque modèle est soumis aux contrôles stricts de la SMF et du Mauritius Standards Bureau (MSB) avant d?être commercialisé. S?il le faut, une deuxième étiquette est apposée par le commerçant pour alerter les consommateurs sur les dangers encourus lors de la manipulation. « Les pétards sont à l?origine d?accidents si l?utilisateur ne respecte pas le mode d?emploi. Même s?il n?y a pas de règlements quant à l?endroit où les pétards doivent être utilisés, le public devrait faire un peu plus attention », commente un officier de la CPU. Alors que les proches de Maya Nudurchand expliquent que les « gros pétards chinois » qui ont provoqué la perte de la malheureuse avaient été maintenus sur le sol par des pierres et une bouteille, le voisin incriminé explique qu?il les avait attachés à sa porte d?entrée. Parfois, il suffit d?un rien pour que des réjouissances se transforment en drame. La prudence doit être encore et toujours de mise.
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