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La proportionnelle Un rapport voué à l?échec
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La proportionnelle Un rapport voué à l?échec
«Les commentaires d?Ivan Collendavelloo sur la formule préconisée par le MSM a tout l?air d?un missile. Tout laisse croire que le rapport du Select Committee finira au fond d?un tiroir. » Réaction d?un ministre du Mouvement socialiste militant (MSM) qui résume on ne peut plus clairement le désaccord qui existe entre les deux principaux partenaires de la majorité gouvernementale sur la question de l?introduction de la représentation proportionnelle.
L?entourage du MSM interprète cette divergence comme « un désir du MMM d?aller seul aux prochaines élections ». Ivan Collendavelloo, président du Select Committee sur la réforme électorale et secrétaire général du MMM, explique ce désaccord par le fait que que cette instance ne pouvait outrepasser ses attributions. Il ajoute que « ce n?est que sur le tard qu?une proposition a émergé de l?esprit d?un de nos membres ». Entendez de l?esprit d?Emmanuel Leung Shing, ministre de la Justice et porte-parole du MSM au sein de cette instance.
Ainsi après environ deux ans de débats au sein du Select Committee présidé par Ivan Collendavelloo, tout laisse penser que l?on est à nouveau à la case départ. La dernière réunion de ce comité s?est d?ailleurs soldée par une divergence et deux thèses émanant de la majorité gouvernementale. Et c?est sur une proposition de Madun Dulloo que le comité est parvenu à sauver la face. Le rapport a été déposé au secrétariat de l?Assemblée nationale vendredi.
Alors qu?il avait envisagé au départ de divulguer ses préférences, le comité s?est ravisé. Il a finalement choisi de porter les deux propositions, celle du MMM et celle du MSM, à la connaissance de la Chambre sans se prononcer.
Accord sur le fond pas sur la forme
Mais, s?il n?y a eu aucun accord sur la forme, tout le monde s?accorde cependant à reconnaître que la présente formule de First Past the Post ne rend pas justice à la démocratie. Le rapport note qu?en 1982, le Parti travailliste, qui avait pourtant obtenu 30 % de suffrages, ne fut représenté que par quatre Best Losers. Que ce même parti, n?a fait élire en 1991, que trois de ses candidats avec 39,3 % de voix. Quatre ans plus tard, ce fut au tour de l?alliance MSM-RMM de faire les frais de ce déséquilibre entre le soutien populaire et le nombre de représentants à l?Assemblée nationale. Au scrutin de décembre 1995, elle n?a obtenu aucun député alors qu?elle avait récolté 20 % des suffrages. Par contre, le parti de Gaëtan Duval qui n?avait obtenu, à ces mêmes élections, que 6 % des suffrages, fut crédité d?un siège de Best Loser. Le Hizbullah eut également droit à un siège de Best Loser avec seulement 2 % de suffrages.
Mais malgré tout, les deux partenaires au pouvoir n?arrivent pas à se mettre d?accord sur la façon de corriger cette situation que tout le monde qualifie d?injuste. Le MMM préconise pour sa part que l?octroi de 30 sièges additionnels s?effectue selon la formule en cours à Rodrigues et uniquement sur la base d?une Party List déposée avant le scrutin. Dans un tel cas, les sièges seraient accordés selon un calcul calqué sur celui utilisé à ce jour pour l?octroi des sièges de Best Losers.
Le MSM n?est toutefois pas d?accord. Il suggère que ces sièges soient octroyés d?abord aux meilleurs perdants puis, en cas de besoin, à ceux alignés sur la Party List. Pour le calcul, il préconise que l?exercice se fasse d?un trait à partir du nombre de voix obtenues par le parti et du suffrage exprimé sur l?ensemble des circonscriptions.
Refus du MMM. Les mauves sont d?avis que cette formule, en cours aux Seychelles et au Mexique, risque de créer le chaos.
Alors que le MMM propose que six des douze premières places sur la Party List soient réservées aux femmes, le MSM trouve cette demande injustifiée. « Nous refusons toute idée de positive discrimination. La femme ne réclame pas de traitement de faveur, elle veut tout simplement être traitée sur un pied d?égalité », explique Emmanuel Leung Shing.
Madun Dulloo, député de l?opposition et membre de ce comité, est lui aussi d?avis qu?aucune suite ne sera donnée à ce rapport. «Je pense qu?il n?y aura aucun débat sur la question. Je considère de plus que dans la situation économique actuelle, le gouvernement à mieux à faire que d?augmenter le nombre de députés. »
Pour certains observateurs, le désaccord sur ce dossier était à prévoir. Un proche du MSM rappelle que la direction de ce parti a longtemps résisté à toute idée de représentation proportionnelle. Ce qui pousse les avertis à dire que le dossier risque fort de moisir au fond d?un tiroir.
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