Publicité
Le partenaire incontournable
Les relations économiques entre Maurice et la France s?étendent au-delà d?un simple partenariat commercial. Maurice est le 7e partenaire de la France parmi les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique), 11e en Afrique et 34e pays avec lequel L?Hexagone partage le plus lourd déficit commercial. Mais notre pays est plus qu?un client ou fournisseur de biens et services.
La France souffre d?un déficit commercial chronique face à Maurice. Un chiffre qui oscille entre Rs 2 et Rs 3 milliards durant les dernières années. Rien que durant les premiers six mois de 2003, la France avait effectué Rs 5,55 milliards d?achats à Maurice. Un quart des exportations mauriciennes durant cette période était destiné à la France. Un tel déficit entre deux pays alarmerait vite celui qui en souffre. Mais la France n?a jamais choisi une politique agressive pour favoriser la pénétration de ses produits sur le marché mauricien.
Une attitude qui ne s?applique pas toutefois pour la vente d?avions. Air Mauritius va devoir, à moyen terme, renouveler sa flotte. L?achat de sept appareils coûterait près d?un milliard de dollars. De quoi susciter le plus vif intérêt du groupe européen Airbus. Intervient alors la diplomatie économique française ! Ce n?est pas nécessairement le directeur d?Airbus qui vantera les mérites de ses avions, mais le Premier ministre ou le président français. Ils expliqueront à nos dirigeants pourquoi le choix d?Airbus pourrait être judicieux.
A défaut de vendre beaucoup à Maurice, la France a choisi d?y investir massivement. L?exemple le plus récent et marquant est la participation de France Télécom (FT) dans le capital de Mauritius Telecom (MT) en 2000. Avec la bénédiction des deux gouvernements, MT a cédé 40 % à FT, représentant le montant faramineux de 261 millions d?euros (Rs 8,6 milliards.) La France devient ainsi un partenaire stratégique dans le développement des technologies de l?information et de la communication (Tic) à Maurice. Maurice cyberîle est en partie l??uvre de la France. Une action qui lui rapportera gros quand les Tic prendront l?essor recherché.
Besoins en assainissement
Il n?y a pas que dans les Tic que la France s?installe à Maurice. L?énergie, l?infrastructure, l?assainissement des eaux sont tout aussi importants. Pascal Lamy, le commissaire européen au commerce le disait la semaine dernière : « Maurice a des besoins en assainissement et l?Europe pourrait lui proposer des aides dans ce domaine. » L?aide en question pourrait bien venir de L?Hexagone qui, dans un premier temps, établirait les besoins exacts pour le pays pour ensuite proposer les services des entreprises françaises spécialisées. Encore une fois, il est question de milliards.
Après l?avion viennent les transports en commun. Maurice nourrit depuis quelque temps l?ambition de se doter d?un métro léger. GEC-Alstom, le constructeur du fameux T.G.V. (train à grande vitesse) et des métros en France, pourrait être parmi les premiers en piste. Ailleurs, les Rs 12 milliards d?investissement prévues par le Central Electricity Board sur la période 2003-2012, pourraient bien aller en partie à l?achat d?équipement et au financement d?expertises techniques par Electricité de France.
Soucieuse de permettre à la Réunion de mieux profiter des opportunités mauriciennes, la France a même réussi à avoir l?aval de l?Union européenne pour la création d?une zone de complémentarité économique entre la Réunion et Maurice. Les entreprises réunionnaises, comme le groupe Bourbon à travers les hypermarchés Jumbo et le groupe Apavou avec ses cinq hôtels, sont déjà très bien implantées à Maurice. Cette collaboration s?étendra à d?autres secteurs comme l?agroalimentaire et l?ingénierie avec l?entrée en opération de la zone de coopération économique. Les affaires entre la France et Maurice n?ont pas de raison de mal se porter.
Publicité
Publicité
Les plus récents