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La comptabilisation des langues orientales pour le CPE avalisée

14 février 2004, 20:00

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Le Conseil des ministres a donné vendredi son accord pour amender l?Education Regulations 1957 afin que les langues orientales soient comptabilisées pour le CPE (Certificate of Primary Education). Ces amendements visent à « clarifier la position concernant la reconnaissance des langues orientales-arabes pour l?admission en Form I », indique un communiqué.

« C?est une technicité visant à définir avec précision le grade aggregate afin qu?il n?y ait pas d?ambiguïté », explique à l?express-dimanche le ministre de l?Éducation, Steven Obeegadoo. Il ajoute que « Le grade aggregate est le total des grades obtenus par un élève au CPE dans ses cinq meilleurs résultats ».

A partir de cette année, il y aura six matières au CPE : l?anglais, le français, les sciences, les mathématiques, l?histoire, la géographie et une langue orientale. Les cinq premières matières sont obligatoires et la langue orientale est optionnelle. Seuls les cinq meilleurs résultats du candidat seront pris en compte, même s?il a opté pour six matières.

Le ministre Obeegadoo est monté au créneau jeudi pour dissiper tout malentendu concernant la comptabilisation des langues orientales. Depuis des semaines, ce sujet donne lieu à de vives polémiques à travers le pays. « Il faut arrêter de formuler des opinions à partir d?informations erronées mais à partir de la réalité », soulignele ministre.

Introduction du créole

Le 3 février dernier, lors d?un rassemblement au Foyer de l?Amitié, à Rose-Hill, les représentants de différentes organisations proches de l?enseignement catholique ont exprimé avec virulence leur opposition à la comptabilisation des langues orientales. Ils arguent que l?enfant qui choisit la langue orientale est avantagé. Ils avancent aussi qu?un échec en anglais, en mathématiques ou en français peut être compensé par une bonne note en langue orientale. Ensuite, ils mettent en doute la qualité de la préparation des questionnaires d?examens et celle de la correction des épreuves de langues orientales et affirment que des organisations socioculturelles seraient impliquées dans l?organisation des examens. Enfin, ils réclament l?introduction du créole comme matière.

Lors de sa rencontre avec la presse jeudi, Steven Obeegadoo a réfuté ces allégations. « Un enfant prenant six sujets aura moins de temps pour préparer l?examen dans chaque sujet .» Le ministre ajoute que le taux de réussite en langue orientale démontre que ces matières ne sont pas si faciles.

Steven Obeegadoo concède qu?un élève avec quatre « A » et un « B » dans les cinq matières obligatoires peut profiter d?un éventuel A en langues orientales pour obtenir une place dans un collège d?État. Mais il ajoute que ce cas de figure est plus une exception qu?une règle. « Le nombre de ces cas est inférieur à celui des places réservées pour les meilleurs élèves dans ces langues dans les collèges d?État et au Mahatma Gandhi Institute. »

D?ailleurs, avec la comptabilisation des langues orientales au CPE, le gouvernement a supprimé les 550 places réservées aux meilleurs candidats en langues orientales dans les collèges d?État et au MGI.

Quant à l?allégation selon laquelle des organisations socioculturelles s?occuperaient des examens, Steven Obeegadoo déclare que c?est faire injure au Mauritius Examinations Syndicate. Le ministère précise que la comptabilisation des langues orientales au CPE figurait déjà dans le programme gouvernemental du MSM-MMM en l?an 2000.

Durant la semaine, une quinzaine d?organisations socioculturelles ou religieuses se sont insurgées contre cette levée de bouclier contre les langues orientales. Ils ont lancé une mise en garde au gouvernement contre toute tentative de faire marche arrière. Ils ont été rejoints par la Government Hindi Teachers? Union, menée par Suttyudeo Tengur, et la Government Teachers? Union de Jugdish Lollbeeharry.

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