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Plaidoyer pour les collèges confessionnels
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Plaidoyer pour les collèges confessionnels
La proposition faite par le gouvernement au Bureau d?éducation catholique de recruter ses élèves selon un critère social, si elle est fort louable, n?en est pas moins surprenante : est-ce le rôle de l?Etat de donner des leçons de morale à l?Eglise ? Le contraire nous aurait paru plus acceptable. L?Etat ne doit pas oublier que c?est lui qui a en premier la responsabilité de s?occuper des exclus et non seulement des riches, comme il le fait actuellement en accordant des terrains à bail aux projets de collèges privés et payants ! Bien sûr, nous avons le programme des Zones d?éducation prioritaires mais est-ce que l?Etat a besoin d?aide pour réussir ce programme ? Il est indéniable que le gouvernement a dernièrement investi dans les nouveaux collèges SSS, et selon certains, sans prendre en compte certaines infrastructures existantes. Et pour remplir ces collèges, il doit nécessairement prendre les élèves qui auraient auparavant opté pour les collèges confessionnels.
Les collèges confessionnels ont un parcours irréprochable jusqu?à présent. Beaucoup de nos juges, hauts cadres et même de ministres ont reçu leur éducation d?un collège confessionnel. Ceux qui ne pouvaient avoir une place dans un collège d?élites genre Royal se tournaient vers ces collèges confessionnels pour ne pas avoir à fréquenter les collèges privés gratuits. La gestion de ces derniers était et est toujours contestable vu qu?ils évoluent dans un système unique au monde : ils sont remboursés intégralement des frais de gestion sans vrai contrôle sauf celui plutôt déficient de la Private Secondary Schools Authority. A part quelques collèges ?sub standard?, on ne voit pas une fin prochaine à ce système qui profite avant tout aux propriétaires de ces collèges.
Les collèges confessionnels et d?autres comme le collège Islamic ou Hindu Girls ont, eux, une gestion non profitable et sont dirigés par des ?board of trustees? ou ?governors? qui ont pour seul souci la qualité de l?éducation. On n?a jamais pu accuser ces collèges de détourner les subsides, ni de faire du business sur la tête des élèves et des enseignants. Etant de plus supervisés par les autorités religieuses, on voit mal ces institutions donner dans le mercantilisme malsain qui existe ailleurs.
L?éducation catholique a donc contribué énormément au pays. Cela fut rendu possible grâce au système décrit plus haut mais aussi grâce à la liberté laissée à ces collèges de recruter leurs enseignants. La liberté de recruter les élèves est, elle, une autre histoire qu?il est préférable de ne pas discuter ici. Les SSS, quant à eux, sont toujours à l?essai et personne ne garantit son succès, surtout après les manifestations dans certains de ces établissements. Pourquoi ne pas conserver certaines libertés sauf celles de recruter des élèves catholiques ? L?Eglise pourra ainsi montrer le chemin à d?autres. Si le critère social, véritable piège pour l?Eglise devant ce choix cornélien, est proposé, pourquoi ne pas l?accompagner d?une deuxième critère : celle de la méritocratie académique. Car il n?existe pas que des pauvres illettrés ! Ainsi, l?Eglise conservera son côté charitable et de l?autre renouera avec sa contribution passée et présente envers l?éducation nationale.
B. Jasodanand
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