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Chirac promet un «appui engagé»

13 février 2004, 20:00

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«ça a été un moment spécial. Je suis très ému, très touché.» Telle a été la première réaction du Premier ministre, Paul Bérenger, à l?issue de sa rencontre hier avec le président français, Jacques Chirac, à l?Elysée. Le Premier ministre a fait une brève déclaration à la presse après avoir été raccompagné jusqu?au perron de l?Elysée par le président. Ce qu?il retient surtout de cet entretien est le «soutien énergique» de la France aux principales préoccupations du pays.

«Sur tout ce qui nous intéresse, nous bénéficions de l?appui engagé du président Chirac», a declaré Paul Bérenger, tout souriant. Le Premier ministre a notamment obtenu du président francais l?assurance d?une assistance pour l?industrie sucrière et le textile, deux piliers économiques qui font face à des difficultés. De même, les investisseurs francais soutiendront Maurice dans son ambition de se transformer en cyberîle. Par ailleurs, Jacques Chirac a évoqué l?idée d?une cogestion de Tromelin entre Maurice et la France. Une troisième réunion d?experts légaux sera organisée sur ce dossier.

Le Premier ministre s?est dit particulièrement sensible à « l?accueil chaleureux du président ». Cette rencontre était l?objectif principal de la visite officielle du Premier ministre en France. «Bienvenue à Paris», a lancé Jacques Chirac à Paul Bérenger en l?accueillant sur le perron de l?Élysée. Puis, montrant le ciel du doigt, il a ajouté : «On dirait presque un ciel mauricien». Le temps à Paris était effectivement radieux, malgré le froid. «Le ciel est avec nous», a répliqué Paul Bérenger à l?issue du déjeuner.

Avant le rendez-vous avec le chef de l?Etat français, le Premier ministre et les ministres Pradeep Jeeha, Nando Bodha et Jayen Cuttaree ont animé pour le patronat français un forum sur les opportunités d?investissement au siège du Medef. Il y avait salle comble. Cette rencontre, organisée avec le soutien du Board of Investment et de la Business Parks of Mauritius Ltd, avait pour principal objectif de vendre Maurice comme destination pour les activités dans les technologies de l?information et de la communication.

La présence du Premier ministre à cette rencontre a sans doute été un élément déterminant du succès de la rencontre. La maîtrise des dossiers, le franc parler et l?humour de Paul Bérenger ont plu. «Il ne parle pas la langue de bois», a observé un homme d?affaires français.

Le Premier ministre a effectivement impressionné par son franc parler. Ainsi, à une question sur les obstacles administratifs à l?investissement, il a admis que la corruption, plus particulièrement au niveau des collectivités locales, est sans doute une partie de l?explication au problème. «La tactique est de s?asseoir sur une demande de permis en espérant que l?investisseur descende du cocotier, dessane lor pied, comme on dit chez nous», a expliqué Paul Bérenger à l?assistance, étonnée par tant de franchise et amusée par la formule. Paul Bérenger a toutefois insisté que les lenteurs administratives ont été réduites et que c?est un dossier qu?il supervise personnellement.

À une question d?un représentant de Colas sur les infrastructures routières, la congestion et les plans du gouvernement à ce sujet, Paul Bérenger a commencé par dire que malgré l?escorte policière qui l?accompagne, il trouve que Paris aussi est très congestionnée, provoquant un acquiescement de l?assistance. Plus sérieusement, il a déclaré que l?idée maîtresse du gouvernement est d?aménager un métro léger entre Curepipe et Port-Louis. C?est la solution incontournable même si l?ampleur du projet nécessite encore des études. La décision définitive ne sera pas prise avant les élections générales, a-t-il indiqué.

«pas question de charters»

Le Premier ministre a aussi eu droit à une question d?un représentant de Star Airlines sur la politique d?accès aérien. Il a expliqué que les accords bilatéraux avec tous les pays prévoient des opérateurs multiples sauf celui avec la France, anomalie en passe d?être corrigée. Une fois le nouvel accord signé, il appartiendra à la France de désigner la compagnie qui desservira Maurice.

Il y met d?ores et déjà une condition : dans le nouvel arrangement, il ne faut pas que la compagnie nationale Air Mauritius perde ses 50 % de sièges. Paul Bérenger est aussi catégorique sur la question des charters : «Pas question de charters. Il faudra que ce soit des vols réguliers sur toute l?année. Pas question de prendre les meilleurs morceaux et de nous laisser les os», a-t-il prévenu. «La politique d?accès aérien est un dossier prioritaire dont je m?occuperai dès mon retour.»

Dans sa présentation liminaire, le ministre de la Technologie informatique et des télécommunications, Pradeep Jeeha, a mis en avant les nombreux avantages de Maurice dans ce domaine. Fiscalité allégée, main-d??uvre qualifiée pas chère, bilinguisme, connectivité à haut débit fiable et environnement et cadre de vie accueillants ont été les principaux atouts énoncés. «Maurice se tourne vers la France pour ses ambitions dans les nouvelles technologies», a renchéri Paul Bérenger. Le gouvernement a pris les mesures nécessaires pour créer le cadre qui permettra la concrétisation du projet de cyber-île, a-t-il poursuivi.

Dans l?après-midi, la délégation a mis le cap sur Toulouse où elle a visité les installations d?Airbus. Cette visite s?inscrit dans un contexte où Air Mauritius devra finaliser ses options pour l?achat de ses futurs avions. Paul Bérenger termine sa visite aujourd?hui en visitant le port autonome de Marseille. Il sera de retour au pays dimanche.

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