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Le Maghreb passe en force !
POUR la première fois dans l?histoire de la Coupe d?Afrique des Nations, qui en est pourtant à sa 24e édition cette année, deux pays du Maghreb, la Tunisie et le Maroc en l?occurrence, s?affronteront en finale de la compétition. Le derby est prévu pour dimanche à Radès.
Dans un stade du 7-novembre chaud bouillant entièrement acquis à sa cause, la Tunisie de Roger Lemerre n?a pas raté son rendez-vous avec l?histoire. Elle a éliminé le Nigeria 5-3 au terme d?une séance de tirs au but particulièrement pesante. A la fin du temps réglementaire, les deux équipes étaient à égalité 1-1.
Le match s?est résumé à une affaire de penalties. Peu après l?heure de jeu, le milieu offensif de Bolton, Jay Jay Augustin Okocha, ouvrit le score en deux temps, des onze mètres, consécutif à une vilaine faute de Jaidi sur le Gunner Kanu. Mais il était écrit que la Tunisie ne laisserait pas passer sa chance. Aussi, le pays organisateur égalisa à six minutes de la fin par l?entremise de son capitaine Badra, qui concrétisa un penalty généreusement accordé par l?arbitre béninois Coffi Codja dans le sillage d?une faute peu évidente d?Olofinjana sur Jaziri.
L?exercice délicat des tirs au but fut l?occasion pour le gardien vétéran de la Tunisie, Ali Boumnijel, 37 ans, de se réconcilier avec son peuple, lui qui avait été crucifié par la presse tunisienne après son mondial coréen raté. Le N° 1 de Rouen, club de la troisième division française, arrêta le tir d?Odemwingie, deuxième shooteur nigerian. Il revint ensuite à un défenseur, l?excellent Hagui, de propulser les rouges en finale.
Dimanche, contre son voisin marocain, la Tunisie tentera d?inscrire pour la première fois son nom au palmarès de la plus prestigieuse compétition continentale. Les Aigles de Carthage avaient précédemment échoué deux fois en finale. D?abord en 1965, quand ils s?inclinèrent 3-2 aux dépens de la grande équipe du Ghana. Ensuite en 1996 quand, confrontés à l?Afrique du Sud chez eux, ils ne purent jamais confirmer leur statut de favoris, s?inclinant 2-0.
Cette finale aura des allures de revanche pas seulement pour la Tunisie, mais également pour son sélectionneur, Roger Lemerre, lequel n?a sans doute toujours pas digéré son échec à la Coupe du monde 2002. A la tête d?une équipe de France présentée comme la grandissime favorite, il fut éliminé dès le premier tour après des échecs successifs contre le Sénégal 0-1, l?Uruguay 0-0 et le Danemark 0-1. Lemerre fut personnellement tenu pour responsable de la débâcle des bleus. Condamné par l?opinion publique, humilié par la presse, lâché par les fédéraux, il céda sa place à Jacques Santini. Le technicien français n?a pu s?empêcher, hier, de savourer son bonheur.
Dans l?autre demi-finale, à Sousse, le Maroc n?a fait qu?une bouchée d?une décevante équipe du Mali, 4-0. Youssef Mokhtari, auteur d?un doublé, a été le grand bonhomme du match. Il s?est distingué une première fois à la quinzième minute en concrétisant un coup franc bien enveloppé avant de remettre ça à l?heure de jeu sur une frappe du gauche imparable. Youssef Hadji, à la 80e, puis Nadil Baha, dans les arrêts de jeu, tuèrent pour de bon le match. Le Mali devra repasser.
La finale de dimanche, contre l?ennemi juré tunisien, sera l?occasion, pour le Maroc, de renouer avec son passé. Equipe phare du continent, les Lions de l?Atlas n?ont plus décroché la timbale africaine depuis 1976. Vingt-huit ans de disettte, ça se soigne forcément. Reste maintenant à savoir si la Tunisie l?entendra de cette oreille.
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