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L?Eglise fait de la résistance au critère social
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L?Eglise fait de la résistance au critère social
CE N?EST pas encore un non catégorique. Mais selon certaines l?Eglise serait réfractaire à la proposition du gouvernement à l?effet que le critère social soit pris en compte pour les admissions à la place de celui, religieux, jugé désormais illégal. Ce critère social est d?ailleurs également rejeté par Suttyhudeo Tengur qui a porté l?affaire du critère religieux devant la justice.
Selon l?Etat, ce nouveau critère devrait favoriser les meilleurs élèves des Zones d?éducation prioritaires (ZEP). Mais un haut responsable de l?Eglise catholique explique : ?Les pauvres ne doivent pas être utilisés comme un objet de troc afin de permettre à l?Eglise d?avoir ses 50 % d?élèves pour qu?elle se tienne tranquille. Nous ne pouvons pour l?instant répondre par oui ou par non car nous ne sommes en présence d?aucune proposition claire sur ce critère social. Nous aurions aimé que le gouvernement précise sa pensée.? Il ajoute : ?Nous ne voulons pas d?une méthode qui contourne le Privy Council.? En faisant manifestement référence au commentaire de Suttyhudeo Tengur, paru dans un bulletin syndical, selon lequel ?le critère social est une tentative de l?Etat pour contourner le jugement du Privy Council.?
L?ecclésiastique souligne aussi que l?Eglise est totalement disposée à promouvoir l?éducation des classes défavorisées tout en estimant que ce but ne peut être atteint par les moyens que le gouvernement préconise. Le porte-parole de l?Eglise insiste : ?Ce n?est pas à travers un simple critère social que nous viendrons en aide aux pauvres et il faut du temps pour mettre au point une formule idéale.?
Le dialogue entre les responsables de l?éducation catholique et les autres partenaires de l?Eglise est loin d?être achevé. Il faudra plusieurs mois pour dessiner le nouveau plan éducatif catholique.
?Difficile dans la pratique?
D?ici là, les autorités catholiques espèrent rencontrer le Premier ministre, Paul Bérenger, pour en savoir plus sur ce que souhaite l?Etat pour sortir de la crise. Elles font ressortir que la proposition faite par l?Etat au sujet des ZEP est difficilement applicable dans la pratique.
Joint au téléphone pour un commentaire à la critique de l?Eglise sur le manque de précisions dans la proposition gouvernementale, le ministre de l?Education, Steven Obeegadoo, soutient que celle-ci n?a ?rien de flou et elle est parfaitement claire?. ?L?Eglise est totalement libre d?admettre ses élèves comme elle veut.?
Quant à Suttyhudeo Tengur, il rejette en bloc le critère social sous sa forme actuelle. ?Que le gouvernement vienne nous dire de quoi il parle ! Pour l?instant, c?est trop vague. Le critère social est actuellement bourré d?immoralité et d?incertitudes au lieu d?être transparent et de susciter la confiance des parents. Or pour l?instant, nous n?avons aucune indication dans ce sens.?
Suttyhudeo Tengur n?est pas non plus pour ?mélanger les élèves performants avec les autres?. A la place, il propose d?échanger le critère social par un autre prônant la méritocratie. ?Les élèves moins performants ont besoin de programmes adaptés à leurs besoins.?
Une opinion non partagée par l?Eglise qui est en faveur d?un mélange d?aptitudes. Elle a d?ailleurs fait sienne cette école de pensée puisque le recrutement d?élèves en difficultés figure dans ses critères de recrutement (low achievers-hardship cases) depuis plusieurs années.
Le syndicaliste Tengur s?interroge aussi sur la non surveillance de l?application des 50 % de places réservées par les autorités. ?Qui dit que les critères utilisés par les collèges privés sont conformes à la Constitution ? Là où il n?y a pas de contrôle, il y a de l?abus.? En conséquence, il souhaite que le gouvernement nomme un comité pour surveiller l?admission des élèves dans ces établissements.
STATUT
?Ce n?est pas la guerre des langues?
?Ce n?est pas la guerre des langues. Il y a beaucoup de faussetés et de démagogie autour de l?inclusion des langues orientales au ?Certificate of Primary Education??, soutient le président de la GHTU. Il souligne que le français et l?anglais garderont leur statut en précisant que les langues orientales ne sont qu?optionnelles. ?Il n?y a pas de comparaison possible entre le français et les langues orientales.? Il estime aussi que certains induisent l?opinion publique en erreur ?en connaissance de cause?. ?C?est une attitude dangereuse pour tous et particulièrement pour les enfants mauriciens.? Suttyhudeo Tengur précise également que le gouvernement avait, en 2001, rendu publique son intention d?inclure les langues orientales aux examens du CPE en 2004. ?Tous les partenaires de l?Education étaient d?accord mais un tapage conjoncturel fait surface pour déstabiliser la société.?
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