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Le bestiaire se remplume
UN aigle à trois têtes se présente en effet en demi-finale de la 24e édition de la CAN, marquée par le déclin du roi des animaux. Les Lions indomptables du Cameroun, doubles tenants du titre, ont été dévorés tout cru dimanche par les ?Super Eagles? du Nigeria, alors que la veille les Lions de la Teranga sénégalais, finalistes de la dernière édition, n?avaient pas fait le poids face aux Aigles de Carthage tunisiens.
Un combat aérien de toute beauté s?annonce mercredi en demi-finale entre Tunisie et Nigeria. Jamais sacrés, les Aigles de Carthage croient plus que jamais en Roger Lemerre qui, repoussant les oiseaux de mauvais augure, a réussi à briser le signe indien face à un Sénégal qui ne lui avait pas porté chance, quand il avait été opposé aux coqs français lors de la Coupe du monde 2002 en Asie.
Très venimeux en 2004, le volatile est un véritable serpent à plumes, puisque le Mali, aigle lui aussi jusqu?au bout des serres, défiera dans l?autre demi-finale le dernier rescapé des majestueux quadrupèdes : les Lions de l?Atlas marocains.
Seul lion maghrébin, celui de l?Atlas revient de loin, puisque sans son renard des surfaces Marouane Chamakh, il se serait fait surprendre dimanche soir en quart par le Fennec algérien.
Depuis dix ans, la Coupe d?Afrique des nations n?a plus jamais souri à un aigle, même royal. Mais les augures semblent favorables cette année, puisque le dernier rapace sacré, le Nigeria, l?avait été en 1994, justement sur le sol tunisien.
L?homme n?a plus guère sa place dans ce bestiaire africain. Les Pharaons d?Egypte, empruntés dans leurs bandelettes, n?ont pas survécu au premier tour. Les ?Warriors?, les guerriers du Zimbabwe, sans leur gâchette Benjani forfait sur blessure, sont eux aussi rentrés à la maison.
Il en va de même pour les ?Harambee Stars? du Kenya qui ont pourtant enregistré la première victoire de leur histoire dans une CAN, alors que le ?Syli? national guinéen est tombé en quart face aux Aigles maliens.
Les ?Bafana Bafana? sud-africains, sacrés en 1996, ont joué eux aussi les mauvais garçons. Le dard des ?Amavubi?, les Guêpes du Rwanda pour la première fois présentes en phase finale, n?était pas assez acéré, la pointe de vitesse des Etalons du Burkina Faso n?a pas suffi, et les arbres étaient trop rares pour permettre aux Ecureuils du Bénin, néophytes de l?épreuve, d?échapper aux prédateurs.
Quant aux Léopards de la République démocratique du Congo, rebaptisés les ?Simbas? (les Lions), ils ont trop vite perdu leur canine la plus acérée. Après l?expulsion de Lualua, ils se sont cassé les dents sur la Tunisie.
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