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Quatorze policiers massacrés par des rebelles à Haïti
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Quatorze policiers massacrés par des rebelles à Haïti
LE GROUPE d?insurgés haïtiens qui s?est emparé vendredi du port des Gonaïves a affirmé que 14 policiers avaient été tués en tentant de reprendre samedi le contrôle de la quatrième ville du pays. Des journalistes sur place ont déclaré qu?un convoi de policiers avait tenté de pénétrer dans la ville, ce qui a déclenché les affrontements.
Les radios locales ont cité des rebelles, parlant de 14 policiers tués dans des affrontements avec les insurgés du ?Front pour le départ d?Aristide?, qui réclame la démission du président Jean-Bertrand Aristide. Le bilan n?a pu être confirmé de sources indépendantes. Il n?y aurait pas de victimes dans les rangs rebelles.
Mais les informations restent confuses pour savoir qui contrôle réellement la ville. Les troubles aux Gonaïves marquent un nouveau cap dans la crise politique que traverse Haïti depuis des mois. Des manifestations sont régulièrement organisées par l?opposition pour réclamer le départ d?Aristide. Les adversaires politiques du président l?accusent de corruption et de mauvaise gestion.
A Port-au-Prince samedi, le chef de l?Etat a annoncé devant une foule rassemblée dans le bidonville de Cité-Soleil que la police avait pénétré aux Gonaïves pour rétablir l?ordre. Il a promis que le gouvernement ?désarmerait les terroristes?. Un peu plus tard, des milliers de ses partisans ont défilé dans la capitale pour lui exprimer leur soutien.
Le porte-parole du gouvernement, Mario Dupuy, a affirmé de son côté sur les radios locales que la police contrôlait à nouveau les Gonaïves, ce qu?a démenti un porte-parole des insurgés, Wynter Etienne.
Incendie et barricades
Les rebelles ont attaqué jeudi soir un commissariat du port et selon la Croix-Rouge, sept personnes au moins y auraient péri dans une fusillade. Le groupe d?insurgés, dont le nombre s?élève à plusieurs centaines, a incendié le lendemain le domicile du maire et libéré de nombreux détenus.
Alors que la police et les rebelles s?affrontaient samedi dans un secteur de la ville, des habitants manifestaient par milliers pour réclamer le départ d?Aristide dans une autre partie du port, ont témoigné des journalistes. A midi toutefois, selon les radios, les rues de la ville étaient calmes. Des civils exultaient alors que des policiers fuyaient la ville à pied.
Des membres du front d?opposition ont dressé des barricades sur une route à l?extérieur de la ville à l?aide de voitures renversées, de troncs d?arbre et de pierres, ont déclaré des témoins. Le ?Front pour le départ d?Aristide?, d?abord connu sous le nom d?Armée cannibale, a longtemps été une milice rangée aux côtés d?Aristide.
Mais le meurtre, en septembre, du chef de la milice, que ses proches imputent à Aristide, a déclenché un revirement du groupe armé. Plusieurs dizaines de personnes ont péri dans des affrontements entre les miliciens et la police ces derniers mois.
Les Gonaïves, dont la population est estimée à 200 000 habitants, est aussi connue comme la ville de l?Indépendance, puisqu?il y fut proclamé l?indépendance d?Haïti d?avec la France en 1804. Aristide a été le premier président démocratiquement élu d?Haïti en 1991 avant d?être renversé par un coup d?Etat militaire. Il est revenu au pouvoir grâce à l?intervention des Etats-Unis en 1994 puis a été réélu en 2000.
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