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Le militantisme musical de Bob Marley
?LE RASTAFARISME n?est pas une culture, c?est une réalité.? Guidé par cette vérité, Bob Marley a initié le monde au reggae. Une conscience politique évidente. Un mysticisme apparent. Ingrédients de sept albums percutants qui, plus de vingt ans après sa mort, sont source d?inspiration et de médiation. Son parcours fulgurant débute le 6 février 1945. Un cheminement orienté et nourri par la visite de Hailé Selassié, dernier empereur d?Ethiopie ? berceau du rastafarisme ? en Jamaïque. C?est la conversion. Bob Marley adopte la philosophie des dreadlocks.
Chantre de l?amour et de la paix universels, l?auteur-compositeur-interprète se mue en visionnaire, en prophète. Son influence s?étend jusqu?à la classe politique. En 1975, quand il propose au Premier ministre de la Jamaïque d?alors, Michael Manley, d?organiser un concert gratuit, celui-ci fait coïncider la date avec les élections générales. Une décision qui vaudra à Bob Marley, sa femme Rita et son manager, d?être pris pour cible par des hommes armés, soupçonnés d?être à la solde du leader de l?opposition d?alors, Edward Seaga.
Tout le monde s?en sort. En signe de défi, Bob Marley n?annule pas le concert et se présente sur scène le bras en écharpe.
En 1976, c?est déjà le début de la fin. L?artiste annule plusieurs dates de sa tournée européenne. Les médecins ont diagnostiqué un cancer au gros orteil de son pied droit. Pris par le tourbillon médiatique, Bob a négligé une blessure qu?il s?est faite lors d?un match de foot à Paris, opposant les Wailers à des journalistes français.
De retour en Jamaïque, il est sollicité par les factions rivales pour l?organisation d?un concert marquant la fin des hostilités entre le Parti travailliste et le People?s National Party. C?est durant ce concert intitulé One Love, que Bob Marley persuade le Premier ministre Manley et le leader de l?opposition Seaga de monter sur scène et de se serrer la main. C?est du jamais vu en Jamaïque. Cette initiative vaudra à Bob Marley de recevoir la médaille de la paix décernée par les Nations unies, en juin 1978.
Deux ans plus tard, l?artiste est à nouveau sur une plate-forme politique. Il est la tête d?affiche des célébrations de l?accession à l?indépendance du Zimbabwe. Dans l?assistance, un invité de marque : le Prince Charles.
En septembre 1980, Bob Marley est victime d?un malaise alors qu?il fait du jogging à Central Park, à New York. Il vient tout juste d?entamer une tournée mondiale, avec les Commodores de Lionel Richie en première partie. Les médecins sont formels. Les cellules cancérigènes ? que l?on pensait avoir traitées ? ont attaqué les poumons et le cerveau. Bob Marley se battra contre la maladie pendant huit mois avant de succomber dans un hôpital de Miami le 11 mai 1981.
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