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Face à l?unilatéralisme, de Villepin propose un monde multipolaire
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Face à l?unilatéralisme, de Villepin propose un monde multipolaire
Le projet de faire émerger un monde multipolaire a dominé l?entretien que le ministre des affaires étrangères français a eu avec Luiz Inacio Lula da Silva à la base aérienne de Brasilia, avant le départ du président brésilien pour les zones inondées du nord-est du pays. Il a également servi de thème au discours que M. de Villepin a prononcé devant l?Institut Rio Branco, qui forme les futurs diplomates brésiliens.
Face aux grands « périls » mondiaux que sont le terrorisme, la prolifération nucléaire et les crises régionales, « la tentation de la force risque d?alimenter l?engrenage de la violence », a indiqué le chef de la diplomatie française dans son intervention. « L?histoire le montre : aucun pays, quelles que soient sa force et sa puissance, ne peut aujourd?hui assurer seul la stabilité du monde », a-t-il argué pour justifier son opposition à l?unilatéralisme.
Engagement accru du Brésil souhaité
Les Nations unies ont, aux yeux de M. de Villepin, un rôle crucial à jouer tout comme les nouveaux pôles tels que le G20 des pays émergents mené par le Brésil et les grands ensembles comme l?Europe, l?Amérique latine, l?Asie du Sud-Est ou l?Afrique de l?Ouest. « Nous faisons ensemble le choix du multilatéralisme pour un monde que nous voulons plus sûr et plus juste pour tous les peuples », a-t-il noté.
Pour M. de Villepin, dans ce contexte, « l?Amérique latine a vocation à incarner une voie, et l?histoire réserve au Brésil un rôle majeur : celui d?une grande puissance sur la scène internationale ». Il a estimé que c?est « un pays pionnier » notamment dans sa volonté de réconcilier l?économique et le social.
« Nous avons des responsabilités à exercer, chacun à notre place, le Brésil en Amérique latine et la France en Europe », a estimé M. de Villepin, estimant que « les perspectives d?intégration (régionale) soulèvent de grands espoirs et impliquent pour les gouvernements autant de responsabilités nouvelles ».
Responsabilités croissantes pour les pays émergents
Le Brésil occupe cette année et en 2005 un siège de membre non permanent du conseil de sécurité des Nations unies, lesquelles « doivent être renforcées et réformées », a indiqué le ministre français en apportant son soutien à la réflexion menée par le secrétaire général Kofi Annan.
M. de Villepin a précisé que la France et le Brésil ont prévu de « réfléchir en commun à la question d?un véritable Conseil de sécurité économique et social ». « Nous attendons des pays émergents qu?ils prennent des responsabilités croissantes : un engagement de leur part permettra aux Nations unies de devenir plus efficaces », a-t-il martelé, en rappelant les interventions de l?UE dans des missions de paix en Afrique et dans les Balkans.
La France souhaiterait une coopération accrue du Brésil avec l?ONU sur « la prévention, la gestion des crises et les opérations de maintien de la paix ». Le ministre a rendu hommage au rôle du Brésil en Afrique, plus particulièrement à travers son intervention au Congo, en Iturie, « une présence qui a pour nous valeur de symbole ».
Un nouveau partenariat doit être noué entre la France et le Brésil mais aussi entre l?Europe et l?Amérique latine, selon M. de Villepin. Le ministre a souligné que l?UE est l?un des premiers partenaires commerciaux du Brésil, « le premier investisseur et le premier pourvoyeur d?aide au développement ». L?UE et le Mercosur, le marché commun sud-américain (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), négocient un accord de libre-échange qui pourrait être conclu avant la fin 2004.
M. de Villepin a fait une allusion aux désaccords sur le dossier agricole en expliquant que l?Europe a déjà beaucoup fait pour « moderniser » sa politique agricole commune mais il a accepté l?idée d?aller plus loin pour prendre en compte les aspirations brésiliennes.
2003 Le Monde ? AFP Distribué par The New York Times Syndicate
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