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« La contrefaçon est un crime et doit être puni ! »
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« La contrefaçon est un crime et doit être puni ! »
L?affaire Ralph Lauren fait couler beaucoup d?encre. Quelle est votre appréciation des événements ?
Je dois avant tout préciser que nous ne combattons aucune marque en particulier mais la contrefaçon en général. Quand on sait le nombre de contrefacteurs qui agissent à Maurice, j?ai honte pour mon pays. Je connais nombre d?industriels étrangers et mauriciens qui souhaitent investir à Maurice mais vu l?ampleur de la contrefaçon, je comprends qu?ils hésitent et préfèrent aller placer leur argent dans d?autres pays.
Cette situation précise dure depuis quelques années déjà et il doit bien y avoir quelqu?un qui l?a laissée pourrir. Selon vous où se situent exactement les responsabilités ?
Elles sont, en fait, partagées. Il y a d?abord celle du propriétaire de la marque qui n?a pas peut-être pas pensé à la protéger correctement à Maurice. Il y a aussi celle des autorités qui n?ont sans doute rien vu venir et qui, aujourd?hui, se retrouvent quelque peu dépassées par les événements. La faute incombe aussi aux consommateurs qui en toute connaissance de cause se font complices. Savez-vous que si vous débarquez en Italie avec une montre d?une marque italienne, vous risquez de vous faire arrêter ? Si l?objet se révèle être contrefait, il y a des chances que vous soyez condamné à payer le double de la valeur de son prix en cours dans ce pays.
Vous oubliez les employés qui risquent d?être les plus grands perdants.
Pas du tout, je suis conscient que 6 000 personnes risquent de perdre leur emploi mais la loi doit être appliquée. Et puis tout le monde sait que les Mauriciens ont une énorme capacité de recréer. Je suis certain que les entreprises concernées ont les moyens intellectuels pour se relancer en créant des produits originaux et bien mauriciens sans avoir à aller copier ailleurs. Elles pourront ainsi garder leurs employés. Tout n?est qu?une question de volonté. L?important avant tout, c?est que justice soit faite et que le pays n?ait plus à avoir honte d?être qualifié de république de la contrefaçon.
C?est un problème qui existe depuis longtemps à Maurice?
En poussant le raisonnement à l?extrême, si on permet de copier illégalement des produits de consommation et des logiciels ou que l?on utilise de manière frauduleuse une marque ou un logo, on devrait aussi pouvoir autoriser la contrefaction des billets de banque et des cartes d?identité. Pourquoi pas ? La loi, c?est la loi et j?estime que justice doit être faite sans aucune partialité. Et croyez-moi, je suis choqué que certaines organisations puissent l?être quand on décide d?appliquer la loi.
Quels sont les objectifs de votre association ?
La Registered Trademark Holders and Retailers Association (RTRA) est née en septembre 2002 dans le but d?interdire complètement la contrefaçon à Maurice et de faire comprendre aux consommateurs que cette pratique est un crime. Et que s?ils achètent des articles contrefaits, ils deviennent complices d?un délit. Il faut savoir que la contrefaçon est un fléau qui, au même titre que la drogue, doit être combattu avec force car non seulement elle détruit la confiance dans une marque, mais elle nuit aux petites et moyennes entreprises qui investissent gros dans la création. C?est une insulte à la propriété intellectuelle. Le pire, c?est qu?elle porte atteinte à l?image même du pays qui la tolère. C?est moralement inacceptable et c?est cela que nous combattons.
Quelles sont les procédures pour avoir l?autorisation d?exploiter une marque internationale à Maurice ?
Il faut qu?il y ait un contrat entre le propriétaire de la marque ou son représentant et l?entreprise ou l?individu à Maurice. Parmi les accords possibles, on relève que le premier accorde au second le droit de vendre, de fournir, de distribuer des biens ou des services qui sont associés à la marque et qui de ce fait, peut utiliser le nom du propriétaire ainsi que son logo (N.d.l.R : dans certains cas, le franchisé peut reproduire la conception et le décor du bâtiment du franchiseur de même que les techniques de commercialisation). En contrepartie, le franchisé est tenu de verser régulièrement une somme d?argent au franchiseur et de respecter à la lettre le cahier des charges et les règles imposées par celui-ci. L?idée est que le produit doit pouvoir être retracé en cas de problème. Quelqu?un doit en assumer la responsabilité.
Quelles solutions proposez-vous pour combattre ce que vous qualifiez de fléau à Maurice ?
Il faut être réaliste et ne pas prétendre éradiquer la contrefaçon à Maurice d?un coup de baguette magique. La vigilance est de mise et tout le monde doit être partie prenante. Quant aux autorités, elles doivent être fermes. Je prône la tolérance zéro en ce qui concerne la contrefaçon. Au lieu d?un petit cartel mafieux qui profite d?une situation illégale, je préfère de loin que ce soit l?île Maurice toute entière qui soit gagnante avec une activité économique saine.
« Je prône la tolérance zéro envers la contrefaçon et tout le monde doit être partie prenante pour éradiquer ce fléau. »
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