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Ariel Sharon risque une crise gouvernementale majeure

4 février 2004, 20:00

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LE PREMIER ministre israélien, Ariel Sharon, a pris le risque d?une crise gouvernementale majeure en confirmant son intention de démanteler 17 des 21 colonies juives de la bande de Gaza.

Selon la télévision publique, Ariel Sharon a même affirmé à ses proches qu?il n?hésiterait pas à provoquer des élections anticipées au début de l?été s?il arrivait à la conclusion que, faute d?une majorité parlementaire et au sein de son gouvernement, il ne serait pas en mesure d?appliquer son plan.

Les dernières législatives ont eu lieu fin janvier 2003. La fin de la législature actuelle est normalement prévue en novembre 2007.

Le premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï, s?est félicité du projet de M. Sharon, une réaction qui contraste avec celles d?autres responsables palestiniens qui ont exprimé la crainte que le chef du gouvernement israélien ne se livre à une ?opération de relations publiques?.

?Nous accueillons favorablement tout processus menant à un retrait de l?occupation des terres palestiniennes?, a affirmé M. Qoreï à Ramallah, en Cisjordanie.

M. Sharon a confirmé son intention de démanteler 17 des 21 colonies de la bande de Gaza. ?J?ai pris cette décision et j?entends l?appliquer?, a-t-il déclaré à la radio.

?Je pense qu?à long terme il est préférable pour Israël qu?il n?y ait plus de colonies juives dans la bande de Gaza?, a-t-il expliqué au quotidien Maariv.

Face aux menaces de l?extrême droite de quitter le gouvernement, M. Sharon a fait un appel du pied à l?opposition travailliste. ?S?ils font l?erreur de quitter le gouvernement, je devrai créer une autre coalition, car il y a un pays qu?il faut gouverner.?

L?appel aux travaillistes

Shimon Pérès, le chef de file de l?opposition travailliste, s?est déclaré, mardi, prêt à soutenir le gouvernement d?Ariel Sharon, bien que n?en faisant pas partie, si celui-ci suit la voie de la paix, allusion à sa volonté d?aller vers une évacuation des colonies de peuplement de la bande de Gaza.

?Nous sommes disposés à soutenir le gouvernement, même sans en faire partie, tant qu?il sera sur la voie de la paix?, a déclaré Shimon Pérès, qui, à 80 ans, a été réélu mardi à la présidence du Parti travailliste jusqu?à la fin 2005.

Le numéro deux du cabinet, Ehoud Olmert, a indiqué que le plan de démantèlement des colonies serait ?applicable d?ici quatre ou cinq mois?.

Un sondage publié mardi montre que 59 % des Israéliens approuvent le plan de M. Sharon, contre 34 %. Mais les 7 500 personnes vivant dans les 21 colonies de ce territoire palestinien semblent bien décidées à tout faire pour contrecarrer leur premier ministre.

Les responsables des deux formations ultras, alliées de M. Sharon, le Parti national religieux et l?Union nationale, menacent eux de rejoindre l?opposition.

Par ailleurs, une quinzaine de députés, sur les quarante du Likoud de M. Sharon, entendent faire échec à son plan devant les institutions du parti.

Apparemment, le leader de la droite a adopté une idée-clé de l?opposition de gauche : la préservation du caractère juif d?Israël, face au taux de croissance démographique des Arabes d?Israël et des Palestiniens.

M. Sharon envisage même de faire passer sous souveraineté palestinienne des localités arabes israéliennes en échange de l?annexion par Israël de zones de Cisjordanie, selon des sources proches de la présidence du Conseil.

Mais ce projet ? aussitôt dénoncé par des élus arabes israéliens ? ne se réaliserait que dans le cadre d?un accord de paix avec les Palestiniens, qui dans l?état actuel paraît hautement problématique.

Des sondages réalisés au sein de la population arabe israélienne ont montré qu?une forte majorité refuse de faire partie d?un Etat palestinien et veut que leurs localités restent en Israël, tout en se considérant palestinienne de c?ur.

Selon la radio israélienne, les chefs de cabinet des premiers ministres israélien et palestinien, Dov Weisglass et Hassan Abou Libdeh, vont se rencontrer pour préparer un sommet entre MM. Qoreï et Sharon.

© Le Monde News Service

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