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Alain Juppé conserve ses fonctions politiques

4 février 2004, 20:00

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ALAIN Juppé, condamné à dix-huit mois de prison avec sursis et à dix ans d?inéligibilité dans l?affaire des emplois fictifs du RPR à la Mairie de Paris, a annoncé qu?il conservait ses mandats de député et de maire de Bordeaux ainsi que la présidence de l?UMP, ?pendant la durée de l?appel?.

L?ancien premier ministre Alain Juppé a tout d?abord déclaré que la décision du tribunal de Nanterre à son encontre l?avait ?bouleversé?. ?Je m?étais préparé à toutes les hypothèses mais pas à celle-ci, a-t-il remarqué. Je ne dis pas cela pour apitoyer qui que ce soit sur mon sort (...). Il y des personnes plus malheureuses que moi, des malades...?.

Il a reconnu avoir ?commis des erreurs, peut-être des fautes?, soulignant une ?espèce d?opprobre? sur sa vie politique. ?Je n?ai le sentiment d?être ni un bouclier ni un fusible. J?étais secrétaire général, j?étais président du RPR, pendant longtemps. Chacun le sait, j?assume mes responsabilités et je ne me défausse jamais, ni par en-dessous, ni par dessus. (...) Pendant vingt ans, tous les partis politiques ont eu des difficultés pour organiser leur financement. Tous. Beaucoup ont été condamnés, pas tous. Beaucoup d?organisations syndicales ont eu recours à ce qu?on appelle, à tort ou à raison, des emplois fictifs. Toutes n?ont pas été condamnées. (...). Voilà. Ça tombe sur moi, très bien. La loi doit s?appliquer à moi comme à n?importe quel autre citoyen. Qu?on m?autorise simplement à dire que je trouve que c?est un peu trop. (...) J?ai des convictions, des fidélités et j?ai aussi des responsabilités que j?assume?, a-t-il encore déclaré.

M. Juppé, qui avait dit le 13 janvier qu?il quitterait la politique s?il était condamné à une peine ?infâmante?, a ensuite expliqué pourquoi il était revenu sur ce choix. ?Ma première démarche a été de tourner la page tout de suite pour protéger ma femme et mes enfants des turbulences de la vie politique. C?était sans doute le chemin le plus facile?. Puis, a-t-il poursuivi, ?j?ai pris le temps de la réflexion, j?ai observé ce qui s?est passé autour de moi?. Rappelant ce sur quoi il s?est bâti ? études, diplômes, engagement aux côtés de Jacques Chirac ? l?actuel président de l?UMP a lancé : ?Est-ce que tout ceci mérite d?être rayé d?un trait de plume ? Je trouve que je ne le mérite pas?.

M. Juppé a donc expliqué qu?il conservait ses mandats de député et de maire de Bordeaux ainsi que la présidence de l?UMP, ?pendant la durée de l?appel?. ?Je fais appel et, comme l?appel est suspensif, je continue à exercer mes responsabilités. (...) Je vais essayer de montrer en appel que je peux, je l?espère, avoir un jugement différent, moins sévère, et qu?en même temps j?engage un processus qui permettra d?organiser la relève. Cet appel va me laisser quelques mois et je voudrais profiter de ces quelques mois pour organiser la relève, passer le témoin?, notamment à la tête de son parti parce qu??il faut un nouveau président à l?UMP?.

Interrogé sur l?hypothèse qu?il soit blanchi en appel, il a répondu : ?Je ne veux pas faire de plans sur la comète?. En revanche, a-t-il indiqué, si la décision d?appel ?confirme l?inéligibilité, je tournerai la page?.

Prié de dire si Jacques Chirac avait influé sur son choix, Alain Juppé a précisé avoir pris la décision de rester provisoirement en politique ?en conscience et seul?. Concernant les ?pressions? dont les magistrats du procès déclarent avoir été victimes, M. Juppé a déclaré : ?Il faut que ces enquêtes (en cours) répondent clairement à trois questions : y a-t-il eu oui ou non des pressions, et si oui lesquelles, qui les a faites et pourquoi, pour le compte de qui?.

?Moi, je demande la vérité bien sûr parce que c?est important pour mon procès aussi?, a souligné M. Juppé.

© Le Monde News Service

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