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Le culte des fougères

28 janvier 2004, 20:00

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<B>DEBOUT</B> devant une planche sur laquelle est rangée toute une variété de fougères, Sylvie Prosper enlève une à une les chenilles qui attaquent les plantes dans sa serre. ?Mes plantes, je les traite comme des enfants?. C?est sa façon à elle de communiquer aux autres sa passion.

La culture des fougères, qui était autrefois un passe-temps, s?est transformée petit à petit en commerce, grâce à la publicité qui se faisait chaque jour de bouche à oreille. Sylvie, qui ne s?attendait pas à toucher un si grand nombre de clients en très peu de temps, est aujourd?hui satisfaite du résultat de ses efforts. ?J?étais encore jeune lorsque j?ai commencé à cultiver des plantes à Chemin-Grenier. Et au fil du temps, je ne pouvais plus m?en passer. Maintenant, je leur consacre parfois toute ma journée.?

Pour avoir de bonnes récoltes, Sylvie est d?avis qu?il n?est pas nécessaire d?épandre des fertilisants régulièrement sur les fougères. Elle croit qu?il faut laisser la nature faire son ?uvre.

?L?expérience m?a montré que les fertilisants dessèchent les fougères qui sont des plantes fragiles, surtout lorsqu?elles sont exposées trop longtemps au soleil.?

Pas de mauvaise surprise

Aussi, pour les autres plantes telles que les palmistes, le lait caillé et les sapins, qu?elle vend aux clients, elle prend beaucoup de précautions. ?Je préfère refuser poliment de vendre une plante de mauvaise qualité afin d?éviter au client d?avoir des surprises à long terme.?

Pour Sylvie, cultiver des plantes sur une petite échelle comme elle le fait depuis des années, n?est pas un moyen sûr pour gonfler le budget familial. ?Il faut, de temps à autre, répondre aux besoins des clients qui cherchent de nouvelles variétés. Pour y arriver, il faut impérativement investir?, rappelle notre interlocutrice.

Sur le marché des fleurs, qui devient de plus en compétitif, la fleuriste estime que les fougères rares connues sous le nom de Napoléon, Plume géante, Grosse plume, Royale, Soleil, Carotte, Mètre, Queue d?autruche ne peuvent être vendues à prix réduits. ?On prendrait alors le risque de dévaloriser ces espèces.?

Elle déplore l?attitude de certains fleuristes qui veulent attirer des clients à n?importe quel prix.

Sylvie, devenue populaire à Chemin-Grenier et à Mahébourg grâce aux expositions organisées par le National Women Council, ne compte pas s?arrêter en si bon chemin. Elle rêve d?une plus grande superficie dans sa cour pour planter d?autres variétés. ?J?espère pouvoir le faire un jour?, dit-elle, optimiste. En attendant, Sylvie se contente de sa serre où elle veille jalousement sur ses plantes.

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