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Remise en liberté de Marcelin Azie : les débats reportés au 19 février

28 janvier 2004, 20:00

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LA POLICE a objecté hier à la motion de remise en liberté sous caution de Marcelin Azie devant le tribunal de Bambous. Ce dernier est provisoirement accusé d?assassinat et de viol de Nadine Dantier. Le cadavre de l?étudiante à l?université de Maurice, portée disparue le 25 juin 2002, avait été retrouvé le lendemain sur un terrain vague à 1000 mètres de son domicile à Albion.

Sur demande de la défense, assurée par Me Rama Valayden, les débats autour la remise en liberté du prévenu sont reportés au 19 février. L?avocat attend une réponse à la lettre adressée au Forensic Science Laboratory de Pretoria, en Afrique du Sud, concernant leur ?lenteur? à délivrer les résultats des tests d?ADN. Me Valayden doit aussi convoquer certains témoins de la défense qui disent avoir joué au football avec le prévenu dans l?après-midi du crime.

Au sortir du tribunal, la déception se lit tant sur le visage des proches de Marcelin Azie que des parents de feue Nadine Dantier. La contrariété provient du fait que toutes les hypothèses entretenues par la presse sur la teneur du rapport préliminaire des tests d?ADN réalisés par le FSL d?Afrique du Sud n?ont pas été rendues publiques à ce stade.

Pourtant, dans la matinée et des deux côtés, on s?attend à un développement dans cette affaire qui tient les Mauriciens en haleine depuis sept mois. Bien que Me Rama Valayden, pris par une autre affaire, ait demandé à la magistrate Razia Janoo de reporter la motion de libération sous caution d?Azie pour l?audience de après-midi, Shirley François la soeur d?Azie garde le sourire tout en fixant la camionnette blindée de la police, où se trouve son frère.

?Mo confiant ki mo frère pou sorti lors caution.? Avis partagé par sa tante, qui ragaillardie par les supputations de la presse concernant la teneur des tests d?ADN, évoque la sottise légendaire de son neveu qui, à l?en croire, serait encore puceau et couard sur les bords. Pendant ce temps, Josselet Azie se rapproche du véhicule pour échanger quelques mots avec son aîné menotté, en polo et denim gris.

Jean-Yvon et Caroline Dantier et leur fille Isabelle ainsi que trois autres parentes, partis se rafraîchir, regagnent l?enceinte du tribunal. Jean-Yvon Dantier, malgré un air serein, grille cigarette sur cigarette. Pour lui aussi, il ne fait pas de doute qu?après l?audience du jour, lui et les siens seront fixés sur le contenu du rapport préliminaire des tests d?ADN.

?Nous sommes à un carrefour et on va bifurquer à droite ou à gauche.? Son épouse est moins catégorique. Elle s?attend à tous les scénarios par rapport au nombre de suspects.

Survient un flottement du côté de la police quand la magistrate Janoo signifie qu?elle ne veut pas que Marcelin Azie patiente dans la cour afin de ne pas attirer la foule. Les policiers emmènent ce dernier déjeuner et reviennent une demi-heure après.

Les journalistes s?approchent de Marcelin Azie. Il bredouille sa conviction d?être libéré en raison, dit-il, de son innocence. Sur le pourquoi de son auto-accusation, il explique qu?il a paniqué car il n?avait jamais jusque-là eu de démêlées avec quiconque.

Le pluie oblige les personnes présentes aux abords du tribunal à se réfugier à l?intérieur. Le surintendant Lutchoomoonien Marden du Central Criminal Investigation Department, précède Kishore Pertab, l?avocat des Dantier. Me Valayden arrive peu après 13 heures, échange quelques mots avec son client, avant de se tourner vers la famille de Marcelin Azie. Il leur recommande de ne fournir aucun échantillon de sang à la police, ayant eu vent qu?elle avait l?intention de prélever un deuxième échantillon sanguin sur un de leurs proches qui vit à Rodrigues. ?Personne pas donne disang. La police bisin suive procédures habituelles et prévenir moi.?

Aveux spontanés

Toutes les parties étant présentes, les débats de la motion de remise en liberté commencent. Me Rashid Ahmine, Principal State Counsel, assisté de Me Pretty Ramphul, interroge d?abord le surintendant Marden sur l?enquête. Celui-ci rappelle que Nadine Dantier rentrait chez elle à Albion par autobus. Ce 25 juin, comme d?habitude, elle descend à l?arrêt d?autobus. Elle s?apprête à marcher jusqu?à son domicile quand elle est attaquée et entraînée sur le terrain vague qui se trouve à 1000 mètres de sa maison.

Aux questions de Me Ahmine, le surintendant répond que le Rodriguais, Marcelin Azie, qui vit à Maurice depuis huit ans, est arrêté et interrogé le 28 juillet 2003. Au cours de l?interrogatoire, il avoue avoir violé, sodomisé et étranglé la jeune étudiante.

Au cours de la reconstitution des faits le jour même de son arrestation, c?est volontairement qu?il désigne aux enquêteurs l?arrêt d?autobus où Nadine Dantier descend d?habitude de même que les lieux du crime. Marcelin Azie est ensuite traduit devant le tribunal de Bambous, où une accusation provisoire est retenue contre lui, avant qu?il ne soit examiné par les Drs Mohungoo, Sooreefan et Motet. A une question sur la coopération du suspect avec la police, le surintendant Marden déclare qu?il n?a pas remis tous ses vêtements aux enquêteurs.

Au moment de ce triste événement, Marcelin Azie vit chez une tante à Camp-Créole, Albion. Il travaille comme maçon dans la cour de l?église catholique située vis-à-vis de l?arrêt d?autobus où descend Nadine Dantier. Le 20 juillet 2003, il disparaît d?Albion pour aller habiter chez une tante à Les Salines. A une question de l?avocat de la poursuite, le surintendant Marden déclare que Marcelin Azie est déjà fiché à la police concernant deux cas de vol.

Q: Des échantillons du sang d?Azie, de ses cheveux, de ses poils pubiens et d?autres indices trouvés sur les lieux du crime ont été envoyés au ?Forensic Scientific Laboratory? de Pretoria en Afrique du Sud ?

R : Oui.

Q : Dans le but d?effectuer des tests d?ADN ?

R : Oui.

Q : Est-ce que la police a obtenu les résultats d?ADN ?

R : La police n?a reçu qu?un rapport préliminaire des résultats des tests d?ADN le 16 janvier 2004.

Q : La police attend-t-elle un rapport final et complet de l?Afrique du Sud ?

R : Oui.

Q : Est-ce que la police a terminé son enquête dans cette affaire ?

R : L?enquête n?a pas encore été bouclée.

Q : La police doit enquêter sur d?autres aspects de cette affaire ?

R : Oui.

Contre-interrogé par Me Valayden, le surintendant Marden évoque quatre raisons pour objecter à la motion de remise en liberté sous caution de Marcelin Azie. Il met d?abord en avant la gravité du délit commis. Il argue ensuite qu?en cas de libération, le prévenu peut se réfugier à Rodrigues, ne pas se présenter en cour et influencer des témoins.

A une autre question de Me Valayden qui veut savoir si Marcelin Azie a tenté d?influencer les témoins dans les deux cas de vols où il a été impliqué, le surintendant Marden répond par la négative.

Pressé des questions, le surintendant révèle que la police a encore deux témoins à interroger dans le cadre de cette affaire.

Q : Les résultats effectués par le ?Forensic Science Laboratory? de Maurice ont-ils été ?of no forensic value? ?

Me Ahmine objecte à cette question. Toutefois le surintendant Marden répond qu?il n?en est pas au courant. Il ajoute que ledit rapport se trouve peut-être dans le dossier. Il indique aussi que le rapport préliminaire des tests d?ADN réalisés en Afrique du Sud et reçu le 16 janvier 2004, est actuellement entre les mains du Directeur des poursuites publiques. Le rapport complet des analyses devrait parvenir aux autorités dans un mois ou deux.

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