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Les perspectives semblent meilleures au secteur privé

27 janvier 2004, 20:00

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LA PROCHAINE réunion de travail entre le gouvernement et le secteur privé prévue pour le samedi 31 janvier s?inscrit dans un contexte où les indicateurs économiques continuent à envoyer des signaux mitigés. Il y a une tendance perceptible à l?amélioration mais les mauvaises nouvelles persistent et certains dossiers qui fâchent n?ont toujours pas été résolus.

Le dernier bulletin du Central Statistics Office (CSO) annonce une croissance de 5,1 % pour 2004. C?est mieux que les 4,4 % enregistrés en 2003 mais somme toute insuffisant pour renverser la tendance du chômage, le problème prioritaire sur le plan économique. A ce chapitre, le CSO déclare que le taux de chômage se maintient à 10,2 %.

Malgré le taux de croissance conservateur du CSO ? la Mauritius Commercial Bank avait prévu un taux de 5,8 % ? la reprise économique mondiale devrait améliorer la conjoncture. Le ministre de l?Industrie, Sushil Khushiram, et d?autres observateurs bien placés estiment que cette reprise se traduit déjà par une recrudescence des commandes dans la zone franche. La performance financière de l?industrie du textile-habillement devrait s?améliorer.

Malgré tout, le CSO prévoit une contraction de 2 % de la zone franche alors que d?autres sources soutiennent que ce secteur devrait enregistrer une croissance positive de 2 à 3 %. Les analystes divergent sur cette question.

Globalement toutefois, le secteur privé devrait faire part au gouvernement samedi de sa perception que les perspectives en 2004 sont meilleures que l?année dernière, notamment en raison de l?amélioration de la conjoncture internationale.

?On a peut-être commencé à sortir de la transition économique qui a été plus difficile que prévu. Nous sommes peut être en train d?aborder la courbe ascendante?, commente un responsable des institutions patronales du secteur privé.

Lourdeurs administratives

L?épineuse question de la faiblesse de l?investissement privé sera nul doute une nouvelle fois abordé samedi. Le secteur privé attribue cette situation à la transition économique du pays qui rend moins lisibles et moins évidentes les opportunités d?investissement.

Le tourisme qui a été pratiquement le seul secteur à bénéficier d?investissements conséquents continuera sans doute cette année encore à injecter des capitaux. Les projets d?Integrated Resort Schemes (IRS) pourraient démarrer cette année. Néanmoins la question des permis et des procédures administratives bloquent toujours et elle sera certainement remise sur le tapis samedi.

Le secteur privé s?impatiente de voir la rationalisation de l?octroi des permis, sujet longuement débattu avec les autorités depuis de longs mois déjà. Les lourdeurs administratives ont d?ailleurs été identifiées comme étant un des freins à l?investissement.

Le secteur privé estime également que la consolidation de l?industrie sucrière avec la centralisation et la génération de l?électricité sont des secteurs qui peuvent potentiellement occasionner des investissements. La baisse des taux d?intérêts devrait également faciliter la relance de l?investissement privé.

Par ailleurs, le secteur privé compte également revenir à la charge concernant la libéralisation de l?accès aérien. L?annonce de l?arrivée imminente de la compagnie aérienne française Corsair a été diversement accueillie hier.

Si la libéralisation de l?accès aérien est un principe pour lequel le secteur privé se bat, l?arrivée de Corsair qui est perçu comme un ?charter? suscite des interrogations. ?Nous sommes pour la libéralisation mais nous devons au préalable tomber d?accord sur ce que nous voulons faire et sur l?orientation de notre industrie touristique?, commente un homme d?affaires.

Par ailleurs, dans le sillage de la partielle de Piton-Rivière-du-Rempart, le secteur privé craint que l?agenda politique du gouvernement ne prenne le dessus sur la rationalité économique. Une remarque du ministre des Finances, Pravind Jugnauth, à l?effet qu?il faut reconsidérer des aspects tels que le contrôle des prix et la lutte contre les cartels et monopoles suscite des inquiétudes au sein du secteur privé. La réunion de samedi promet.

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