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Légumes : une hausse des prix que l?on peut éviter
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Légumes : une hausse des prix que l?on peut éviter
INTEMPÉRIES obligent, les prix des légumes enflent en début d?année. Est-ce inévitable ? Non, si on en croit l?Agricultural Research and Extension Unit (AREU). La production maraîchère peut être gérée pendant le mauvais temps. Cet organisme fait l?inventaire des mesures recommandées pour mitiger l?impact des cyclones.
Les conseils de l?AREU arrivent à point nommé. On est au beau milieu de la période cyclonique qui s?étend de novembre à avril. Darius, qui a frappé les 1er et 2 janvier, n?a fait qu?inaugurer la saison.
Les agriculteurs gagneraient à préparer la période cyclonique. Bon nombre d?entre eux le font d?ailleurs. ?L?agriculteur a tout intérêt à relancer la production au plus vite. Car les affaires marchent bien durant la période cyclonique?, relève un porte- parole de l?AREU.
Il est recommandé aux agriculteurs d?ensemencer des variétés qui croissent rapidement et de les tenir prêtes pour la mise en terre dès que le temps s?améliore. Le meilleur pari reste les brèdes (de Chine, bâton blanc, frisée, bouquet, kotachee, martin et autres). Elles peuvent être proposées au consommateur dans les 20 à 30 jours suivant la mise en terre. Les haricots et courges sont prêts dans les 45 jours. Pour les concombres, pipengaille et lalo, il faut compter au-delà de deux mois.
Le ministère de l?Agriculture maintient une réserve stratégique de semences spécialement pour la période cyclonique. Les agriculteurs peuvent s?en procurer aux différents points de vente à travers l?île. Il leur est toutefois recommandé de ne pas utiliser toutes les semences dont ils disposent en une fois en prévision d?autres tempêtes qui ne manqueront pas de suivre.
Revoir le système de drainage
Pour les cultures existantes, il y a un certain nombre de précautions à prendre avant l?arrivée d?un cyclone. D?abord, il convient de revoir le système de drainage des champs en prévision d?une forte pluviosité. Les accumulations d?eau sont mortelles pour les cultures. Il faut aussi élaguer les arbres et mettre les plantules sous protection.
Un buttage des plantes leur apportera un support additionnel contre les vents. Pour augmenter leur résistance aux rafales, on peut les attacher à des plantes mieux ancrées ou à des pierres. Des chicots de canne à sucre servent d?efficaces brise-vent.
Un cyclone laisse les cultures affaiblies et vulnérables aux maladies et insectes nuisibles. Pour une reprise rapide, il convient de réhabiliter les champs le plus tôt possible. Pour minimiser les risques d?infestation ou de maladies, il est recommandé de réunir les débris et de les brûler. Il vaut mieux arracher et détruire les plantes irrécupérables. Pour le reste, il faut réhabiliter les drains, arroser et fertiliser.
L?irrigation est nécessaire, particulièrement dans les régions côtières, pour laver le sel déposé par le vent soufflant de la mer. Sinon, les cultures seront brûlées. Il convient aussi de protéger les jeunes plantes du soleil.
Les arbres sont souvent les premières victimes de cyclone. Il faut panser leurs blessures. L?application d?une couche de peinture à émulsion suffit. Cette émulsion, appliquée sur l?ensemble du tronc et branches, protégera également l?arbre des coups de soleil.
Les arbres déracinés doivent être replantés. Si les racines sont complètement exposées, il faut les tailler. Il faut aussi élaguer la voûte. Ensuite, il faut enlever la terre autour du tronc, le replacer dans sa place originale et mettre des supports de bois pour le tenir en position. Il ne reste plus qu?à fertiliser et arroser.
La canne fait le plein
- La canne peut tenir jusqu?à fin janvier grâce à Darius, qui a traversé le pays neuf jours plus tôt. Les pluies qui l?ont accompagné ont permis au sol de recouvrer toute son humidité. Ces conditions ne présagent que du bien pour la récolte 2004.
Décembre a été déficitaire en pluie. La pluviométrie dans les régions sous cultures a été de deux tiers inférieure à la normale. La canne, particulièrement sur le littoral, a dû subir un ?stress? considérable par rapport à ses besoins en eau.
Inversement, le fort ensoleillement a été bénéfique aux cultures se trouvant dans les régions humides. Voilà pourquoi le stress hydrique, ressenti en réalité sur l?ensemble de l?année, n?a pas affecté la moyenne nationale en termes de productivité des cultures.
Darius a non seulement apporté beaucoup d?eau, mais il a également physiquement épargné les cultures. Il a légèrement abîmé les feuilles dans certaines cultures de l?Est et du Sud. L?incidence des rafales sur les tiges a été minime : 10 % de rupture dans les cultures de grande saison, dont les cannes ont atteint en moyenne un mètre et demi, et 1 % parmi les repousses.
Le Mauritius Sugar Industry Research Institute conclut que Darius a été plus bénéfique en termes d?apport d?eau que destructeur. Les plantes affectées récupéreront sans grande peine. En général, les récentes pluies couplées aux températures estivales devraient favoriser la croissance.
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