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BOUQUINS

3 janvier 2004, 20:00

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<B>Le mythe de Paul et Virginie réédité</B>

Dans l?histoire littéraire, Bernardin de Saint-Pierre reste avant tout l?auteur de Paul et Virginie, cette ?uvre fétiche devenue au même titre que Roméo et Juliette, le symbole de l?amour impossible. Publié pour la première fois en 1788, le mythe de Paul et Virginie revient dans l?actualité avec une nouvelle mouture des Éditions de l?océan Indien enrichie de notes explicatives, notamment celles d?Yvan Martial. À quel point peut-on parler du mélange de fiction et de réalité dans Paul et Virginie ? Yvan Martial tente une explication. Certes, les paysages qui sont décrits existent, mais ils ne sont pas forcément exacts. Les maisons comme celles décrites dans le livre existent, mais elles ne sont pas aussi idylliques que le décrit Bernardin. Le naufrage du Saint Géran a bien eu lieu, avec à son bord une jeune fille qui avait été confiée à la garde d?un parent en France et qui revenait voir sa mère à l?île de France. Toutefois, c?est le capitaine du navire qui a préféré mourir plutôt que de se déshabiller et se jeter à l?eau. Dans la biographie de Bernadin de Saint-Pierre, il est aussi question d?un frère Paul, d?une Virginie qu?on voulait le faire épouser et d?une Madame de La Tour. Voilà, en définitive comment est construite la trame de Paul et Virginie. L?histoire elle-même ressemble à une pastorale. Cependant, l?auteur bat en brèche tous les vecteurs de la civilisation : le pouvoir, l?argent, le rang social, véritables barrières à l?épanouissement personnel. Il célèbre des valeurs authentiques, plus humaines telles que l?amitié ou encore le courage.

La nature devient une promesse de liberté et de bonheur. Elle sépare aussi ces deux jeunes gens, car leur amour est impossible. Tout pays a besoin de légendes. On en a une grâce à Bernardin de Saint-Pierre qui il y a 225 ans, a réhabilité l?imagination et le rêve pour en faire Paul et Virginie.

« La paroisse de Saint-Julien » se dévoile</B>

Si on vous dit Monseigneur Amédée Nagapen, vous pensez tout de suite au prêtre. Et si on vous dit qu?il a publié récemment un livre qui a pour titre La paroisse de Saint-Julien, vous pensez illico à une histoire religieuse. Mais il s?agit plus encore d?une partie de notre histoire. En effet, tout savoir sur la paroisse de Saint-Julien, érigée en 1770 et témoin de beaucoup de choses, est désormais possible grâce au livre de Mgr Nagapen. Ce dernier qui a maintenant 73 ans, a fait des études supérieures à Paris et au Canada. Il a été ordonné prêtre en 1955 et il est l?auteur de plusieurs ouvrages ayant trait à l?histoire, notamment L?Église à Maurice-1810-1841 et Supplément et histoire de la colonie de l?isle de France et l?île Maurice, 1721-1926.

À travers son livre, il brosse le tableau de l?occupation hollandaise, fait le portrait du quotidien des Flacquois : leurs occupations, les colons et les gens de couleur affranchis, les esclaves et les coolies. Il retrace les premières décennies de la paroisse au xviiie siècle, le pastorat des religieux lazaristes, la Révolution française, la confiscation des terres de l?église. Cap ensuite sur la colonisation britannique aux xixe et xxe siècles où les pasteurs sont tantôt francophones, tantôt anglophones. C?est le père Laval qui donnera à l?évangélisation du district son véritable essor en affectant le père Prosper Lambert à la cure de Saint- Julien. Ce dernier a amené des milliers de gens à se baptiser et à se marier à l?église tous les mois. La paroisse va ensuite se scinder pour en créer d?autres à Flacq. On note également que La paroisse de Saint-Julien est agrémentée de plusieurs anecdotes et qu?Amédée Nagapen accorde une partie de son livre au village de Lallmatie. Bref, ce bouquin fourmille d?informations pour celui qui s?intéresse à l?histoire de Maurice. Bonne lecture. Vous trouverez cet ouvrage en librairie à Rs 150 l?exemplaire.

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