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Pas toujours maîtres chez eux

28 décembre 2003, 20:00

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Le village de Roches-Noires est réputé pour son charbon de bois. Même si cette matière combustible est moins utilisée aujourd?hui, sa production se fait toujours sur une grande échelle. C?est un business où plusieurs familles sont impliquées.

Lundi, à midi tapant, à l?orée d?une forêt. Le soleil brille de tous ses feux. Alors que la plupart des gens ont les yeux rivés sur la télévision ou leurs oreilles collées au transistor pour suivre le dépouillement de la partielle au n° 7, la famille Bhoyedhur, père, fils et neveu, est à l??uvre.

Premnath Bhoyedhur, 48 ans, est charbonnier depuis son plus jeune âge. Son père faisait ce métier également. Son fils, Jasswon Kumar et son neveu Vimal, sont venus le rejoindre il y a quelques années.

Il y a une technique et il faut suivre tout un processus pour produire ce combustible.

Jasswon est le guide.

D?abord, les charbonniers se rendent dans la forêt pour l?abattage des arbres. C?est auprès des propriétaires de terrains qu?ils en achètent. Parfois, ils obtiennent des permis saisonniers pour l?abattage dans les forêts de l?Etat ou alors ils en achètent directement des bûcherons.

Pendant un mois, ils font le stockage du bois. Les prix varient selon la qualité. Ainsi, un camion d?eucalyptus ou de bois noir coûte Rs 250. Le bois de qualité inférieure ou le chicot peut coûter entre Rs 150 et Rs 200. Ils doivent les couper selon une certaine dimension.

Pendant quatre jours, ils préparent le four. Les bois d?une dizaine d?arbres moyens sont utilisés. Ils sont installés en cône, avec de la paille ou de l?herbe verte dessus. Le tout est recouvert de terre. Trois ou quatre fours sont préparés en même temps.

Il faut attendre sept à huit jours pour que le charbon soit prêt. Mais les fours doivent être surveillés de près. Ainsi, les charbonniers doivent rester sur place. Ils ont aménagé un lit de fortune sous un arbre. Ils y restent à tour de rôle. Ils doivent veiller que le four n?éclate pas, ce qui aurait pour résultat la réduction du bois en cendres. Ou encore, des étincelles peuvent causer des incendies dans la forêt. Dimanche dernier, les sapeurs pompiers avaient été appelés d?urgence pour éteindre un début d?incendie.

Après huit jours, le four est vidé et le charbon arrosé pour le refroidir. Au bout de quelques heures, ils coupent le charbon en morceaux avant de les mettre dans des sacs de jute, pour la livraison.

Avec un four ils peuvent obtenir entre 150 et 200 sacs de charbon. Un sac est livré pour Rs 80 ou Rs 125, dépendant de la qualité du bois.

C?est un métier qui demande beaucoup de sacrifices. Les charbonniers peuvent travailler d?affilée pendant au moins trois mois, nuit et jour. Ils n?ont pas de sorties. Ils passent leur week-end à surveiller les fours.

Un autre charbonnier, Brizlall Sookun, veuf de son état, passe son temps au bois. Sans complexe, il nous montre son compagnon : une bouteille de rhum bien cachetée. Il est néanmoins bien branché. C?est lui qui annoncera à ses amis que le candidat Rajesh Jeetah mène à la partielle. Il vient de l?apprendre en sortant de la boutique.

Les charbonniers sont exposés aux maladies. Pas de masque pour eux. Ils sont affectés par les escarbilles, ces petits fragments noircis qui s?échappent d?un foyer.

Ils réclament que des facilités leur soient accordées. Comme un permis à plein temps pour l?abattage des arbres. Il ne faut pas croire ce que disent les livres de notre enfance : les charbonniers ne sont pas toujours maîtres chez eux?

Bois et forêts

Satyanand Sowdagur, le bûcheron

Quand on parle du charbonnier, on ne peut pas passer sous silence le rôle du bûcheron.

Satyanand Sowdagur fait ce métier depuis au moins 40 ans. Si au début, il devait utiliser la hache pour abattre les arbres, aujourd?hui, il possède une tronçonneuse. C?est dans les forêts de Bras-d?Eau ou celle de Mamet, qu?il va abattre les arbres. Dans les forêts de l?Etat, le bûcheron doit obtenir un permis du ministère de l?Agriculture, alors que pour les forêts privées, les prix sont négociables.

Satyanand Sowdagur travaille parfois pour le compte de contractuels.

C?est dans sa cour qu?il stocke le bois. Des propriétaires de scieries viennent en acheter des particuliers pour la construction de leurs maisons.

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