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MUSIQUE LOCALE 1
Serge Lebrasse : le secret de la longévité
Pas qu?un doyen du séga, mais une valeur sûre du pays. Serge Lebrasse est le grand-père, l?aïeul à l?oreille musicale que l?on aimerait avoir. Soixante-
treize années et toujours une pêche d?enfer. Dans son studio perso, aux murs tapissés de photos, pas une seule araignée n?a pu tisser sa toile à travers son cerveau. Une volonté de créer soutenue tout au long d?une trentaine d?années de carrière. Et répercutée sur un album-cadeau à sa «petite-fille,» Linzi Bacbotte. Si le duo n?est pas nouveau ? Moris mo pays ? date de 1999, le mélange des voix est tour à tour craquant puis attendrissant. S?il n?a pas eu le retentissement escompté, il aura le mérite d?avoir respecté le souhait de Serge Lebrasse, remettre au goût du jour son patrimoine, en y incorporant «la fraîcheur et le dynamisme» de Linzy.
Egalement au chapitre de la longévité, relevons l?initiative de la Mauritius Society of Authors (MASA) qui a récompensé neuf «grands frères» du séga mauricien. Philippe Oh San, les frères Gowry, Maria Séga, la Chagossienne Charlesia Alexis, entre autres, c?est un pan de mémoire qui a pu être sauvé. A temps ou pas, est un autre débat.
Chroniques de ruptures annoncées
L?annonce a eu l?effet d?une bombe. Au sortir d?une décennie de créations, Gérard Louis décidait de mener sa barque en solo. Hors Cassiya. La rupture, relativement bien gérée par les parties désormais adverses : Gérard Louis contre le nouveau leader
Désiré François et son ombre Alain Lafleur, a eu le mérite d?éviter le grand déballage. Peu d?acrimonie. Pas de faute rejetée les uns sur les autres. Dans la voix de Gérard Louis, rencontré au lendemain de cette décision, une tristesse incommensurable et l?envie d?aller de l?avant. D?autres gagneraient à apprendre de Cassiya, comment laver son linge sale en famille, sans que la crase n?éclabousse le public.
Moins de retenue chez Negro Pou Lavi. De sordides questions de billets d?avions mal répartis à l?occasion d?une tournée en France ont suivi le départ de Sténio Clair, alias Negro. Un mauvais pas rattrapé via une peace and love connection. La hache de guerre est enterrée. Shalom prêche le groupe articulé autour de Soul-T, sur nouvel album.
Autre formation où l?on a noté de l?eau dans le gaz : Monaster. Ultime combat pour ti-Benoît et grand-Benoît ? «Moi ki leader de Monaster,» déclarait grand-Benoît, nom de scène Benzblaka. «Si ène jour Ultimatum allé, c?est moi ki pou garde nom groupe là et pou fer li prospéré.» Version démentie par le principal concerné qui affirmait, «Nou péna leader dans Monaster. Kan pran décision c?est nou dé ki bisin asizé met la tête ensam.» Attendons voir.
Maïsta : la langue de bois, connaît pas
Notre coup de c?ur a un sens du séga qui fouette le sang. Impossible de ne pas réagir à l?écoute de Voler.
«Je ne travesti pas mon langage,» nous avait-il déclarés à l?époque de la sortie de l?album Beauté fatale. Une colère de pamphlétaire cristallisée dans le refrain Voler molleton, voler boîte saumon, voler tempo. Des vers servis par une guitare électrique, acide et terriblement virile. Contraste idéal aux seggaes et à la balade figurant sur cet album, qui est parmi les plus éclectiques de la cuvée 2003. Jean Christophe L?Omelette, persévérez.
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